Impact des substitutions chimiques sur l’environnement
Une substance chimique ajoutée à l’atmosphère pour protéger la couche d’ozone soulève un nouvel enjeu écologique. Des chercheurs affirment que certains de ces gaz de remplacement ont engendré des “produits chimiques éternels”, qui retombent avec la pluie, posant ainsi un problème de pollution difficile à éradiquer.
Les composés utilisés dans les systèmes de refroidissement, les climatiseurs, et même certains anesthésiques pourraient contribuer à une forme de pollution qui se propage à l’échelle mondiale. Ce phénomène met en lumière un paradoxe : en cherchant à réduire les dommages à la couche d’ozone, nous avons peut-être créé une nouvelle menace environnementale.
Que s’est-il passé ?
Un rapport de Science Daily révèle qu’entre 2000 et 2022, les substances chimiques utilisées pour remplacer les CFC, nuisibles pour l’ozone, ainsi que certains anesthésiques inhalés, auraient entraîné le dépôt d’environ 335 500 tonnes d’acide trifluoroacétique (TFA) sur la surface terrestre.
Pour arriver à ce chiffre, l’équipe de l’Université de Lancaster a modélisé le comportement des HCFC, HFC, et autres composés dans l’atmosphère. Ils ont ainsi suivi leur cheminement, leurs interactions avec d’autres substances chimiques et leur dépôt sur les terres et dans les océans.
Malgré l’existence d’accords internationaux visant à réduire ces gaz, leur présence dans l’atmosphère continue d’augmenter, certains restant dans l’environnement pendant des décennies. Dans les régions arctiques, où les émissions sont moins préoccupantes, ces produits chimiques de remplacement semblent être responsables de presque tout le TFA détecté. En dehors des pôles, le HFO-1234yf, utilisé dans les climatiseurs des voitures, est identifié comme une source de préoccupation croissante.
Pourquoi cela a-t-il de l’importance ?
Le TFA fait partie des PFAS, une catégorie de produits chimiques souvent appelée “produits chimiques éternels” en raison de leur résistance à la dégradation. Les chercheurs s’interrogent encore sur les effets globaux du TFA. Toutefois, l’agence européenne des produits chimiques l’a classé comme dangereux pour la vie aquatique. Des traces de TFA ont également été retrouvées dans le sang et les urines humaines.
Bien que certaines agences affirment que la concentration actuelle dans l’environnement ne constitue pas une menace pour les humains, le TFA continue de s’accumuler et pourrait être difficile à éliminer une fois qu’il se répand dans les milieux aquatiques et les écosystèmes. Les découvertes publiées dans la revue Geophysical Research Letters soulèvent des questions plus larges sur la stratégie de substitution chimique. Certains de ces nouveaux composés, bien qu’ayant été adoptés pour des raisons de sécurité vis-à-vis de la couche d’ozone ou du climat, ne sont pas nécessairement inoffensifs pour d’autres raisons.
Que signifie cela ?
La principale auteure de l’étude, Lucy Hart, a déclaré que cette recherche démontre que les remplacements des CFC sont probablement la source atmosphérique dominante du TFA. Elle insiste sur le fait que ces résultats soulignent les risques plus larges que les législateurs doivent considérer lors de la substitution de produits chimiques nocifs.
Le professeur Ryan Hossaini a quant à lui appelé à une action face à la pollution par le TFA, soulignant son caractère répandu, sa persistance élevée et l’augmentation de ses niveaux. De son côté, le co-auteur Dr. Stefan Reimann a affirmé qu’un schéma cohérent d’augmentation des concentrations atmosphériques et des dépôts de TFA sur la surface terrestre devenait de plus en plus évident.
FAQ
Qu’est-ce que TFA ?
Le TFA, ou acide trifluoroacétique, est un produit chimique résultant de la décomposition de certaines substances utilisées dans des applications comme les climatiseurs.
Pourquoi le TFA est-il néfaste ?
Le TFA fait partie des PFAS, qui résistent à la dégradation et peuvent affecter la faune aquatique et, potentiellement, la santé humaine.
Comment le TFA se propage-t-il ?
Le TFA peut se répandre dans l’environnement par le biais des pluies, s’accumulant dans les terres et l’eau.
Quelles alternatives aux CFC sont utilisées ?
Des alternatives comme HCFC et HFC sont couramment utilisées pour remplacer les CFC, bien qu’elles posent également des problèmes environnementaux.
Que peuvent faire les consommateurs ?
Les consommateurs peuvent réduire leur impact en choisissant des appareils contenant moins de substances nocives, et en soutenant des réglementations plus strictes sur les émissions de gaz à effet de serre.
