Une inquiétude grandissante autour de l’exposition aux pesticides en Californie
Des documents officiels soulèvent des interrogations concernant les efforts déployés en Californie pour réduire l’exposition à un fumigant» largement utilisé dans l’agriculture : le 1,3-dichloropropane (1,3-D). Bien que des règles aient été établies pour diminuer le risque de cancer associé à ce produit chimique, l’augmentation de son utilisation a suscité des craintes au sein des communautés de travailleurs agricoles ainsi que des familles vivant à proximité des champs traités.
Les mesures prennent effet
En 2024, la Californie a commencé à appliquer de nouvelles règles visant à minimiser l’exposition au 1,3-D. Ce pesticide est classé comme carcinogène par l’État depuis 1989. Cependant, selon des données rapportées par Inside Climate News, un an après l’application de ces nouvelles mesures, les agriculteurs ont utilisé environ 1 million de livres supplémentaires de cette substance par rapport aux années 2023 et 2024.
La règle, surnommée « règle du voisin résidentiel », a introduit des distances de sécurité et a exigé une injection plus profonde dans le sol, ainsi que des pratiques de bâchage et de fumigation destinées à limiter la libération du pesticide dans l’atmosphère. Malgré ces changements, les indicateurs de l’utilisation des fumigants ont fortement grimpé, presque en doublant dans les comtés de Kern et San Joaquin, et ayant connu une augmentation de près de 20 % à l’échelle de l’État. Les régions productrices d’amandes et de raisins ont enregistré les plus fortes hausses d’utilisation.
À Delhi, une ville principalement latino dans le comté de Merced, Anne Katten a observé que les concentrations moyennes de 1,3-D dans l’air durant les trois premiers trimestres de 2025 étaient supérieures de 30 % à celles de la même période l’année précédente.
Pourquoi cette situation est-elle préoccupante ?
Le groupe des personnes les plus vulnérables inclut les travailleurs agricoles, les enfants, et les familles vivant à proximité des zones agricoles. Les politiques de santé publique partent généralement du principe qu’il n’existe aucune exposition sans risque lorsque l’on parle de substances cancérigènes. En outre, les fumigants comme le 1,3-D peuvent également provoquer des problèmes de respiration, des douleurs thoraciques, des irritations oculaires, des vertiges, des nausées et des maux de tête.
D’après le Pesticide Action Network International, pas moins de 40 pays ont déjà interdit ce produit chimique. Les défenseurs de la santé publique soulignent que des normes de sécurité distinctes pour les habitants et les travailleurs ne tiennent pas compte de la réalité des vie quotidienne dans les communautés de travailleurs agricoles, où les gens peuvent être exposés tant à leur domicile qu’à leur lieu de travail au cours de leur vie. Les régulateurs affirment que leur objectif est de réduire les émissions, et non nécessairement l’usage total de ces produits. Toutefois, des critiques avancent que les premiers résultats montrent que cette approche n’est pas efficace.
Les réactions à la situation
Mark Weller, représentant de Californians for Pesticide Reform, ne mâche pas ses mots en affirmant que les nouvelles réglementations sont des échecs. Selon lui, « après la mise en place de ces nouvelles règles, l’utilisation du 1,3-D a augmenté ». Caroline Cox, scientifique à la retraite spécialisée dans les pesticides, partage une opinion similaire : « Il semble que les réglementations ne fonctionnent pas comme prévu. » Anne Katten ajoute que les nouvelles données contredisent les affirmations antérieures selon lesquelles la situation s’améliorait, rappelant que les autorités affirmaient que tout allait bien alors que ce n’était manifestement pas le cas.
Un porte-parole du Département de Protection des Ressources (DPR), Amy MacPherson, évoque un autre facteur : l’augmentation de l’utilisation serait due à des replantations exceptionnelles de vignobles et d’arbres fruitiers dans le comté de Kern, un phénomène qui ne se produit qu’environ tous les 10 à 20 ans.
FAQ
Quels sont les risques associés au 1,3-dichloropropane ?
Le 1,3-D est associé à divers risques pour la santé, notamment des effets cancérigènes, des troubles respiratoires, des douleurs thoraciques, et d’autres symptômes comme des vertiges et des maux de tête.
Quelles mesures de sécurité devraient être mises en place ?
Il est essentiel d’établir des normes de sécurité qui prennent en compte la réalité de l’exposition des travailleurs agricoles et des communautés environnantes, en visant à réduire à la fois l’utilisation et les émissions des pesticides.
Pourquoi les agriculteurs continuent-ils à utiliser ce pesticide ?
Malgré les préoccupations sanitaires, la pression économique dans l’agriculture pousse de nombreux agriculteurs à utiliser des substances chimiques pour maximiser leur rendement, même celles considérées comme dangereuses.
Existe-t-il des alternatives au 1,3-dichloropropane ?
Il existe des méthodes de culture durable et des alternatives aux pesticides chimiques, mais leur adoption est souvent limitée par des coûts initiaux plus élevés et le besoin d’éducation et de formation.
Que peuvent faire les habitants concernés ?
Les résidents et les travailleurs peuvent s’informer sur les pesticides et leur réglementation, s’impliquer dans les discussions communautaires sur la santé publique et exiger une meilleure transparence de la part des agences régulatrices.
