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Des chercheurs injectent de l’eau de mer sur la glace arctique pour tenter de freiner sa disparition.

Des chercheurs injectent de l'eau de mer sur la glace arctique pour tenter de freiner sa disparition.

Une technique inédite pour protéger la banquise arctique

Des chercheurs expérimentent une nouvelle méthode adaptée aux climats froids sur la banquise arctique. Leur objectif consiste à percer la glace pour en extraire de l’eau de mer, qu’ils vont ensuite amener à la surface recouverte de neige pour favoriser un gel plus rapide, afin d’aider la glace à perdurer durant l’été.

Pourquoi cette recherche est-elle essentielle ?

Le succès de cette approche pourrait réduire considérablement la quantité de glace réfléchissante dans l’Arctique, ce qui a d’importantes implications pour la chaleur solaire absorbée par l’océan, particulièrement dans un contexte de changement climatique. Selon des rapports, la banquise pourrait disparaître totalement d’ici les années 2030, bouleversant ainsi un des principaux remparts naturels de la planète contre le réchauffement climatique.

Des essais prometteurs en cours

Entre 2024 et 2025, des expériences de terrain se dérouleront au Canada et en Norvège. Elles ont pour but de déterminer si l’injection d’eau de mer sur la glace arctique peut ralentir sa disparition, comme l’a rapporté New Scientist.

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Un projet mené par la société néerlandaise Arctic Reflections dans l’archipel de Svalbard a consisté à répandre de l’eau de mer sur une superficie de plus de 1 500 mètres carrés de banquise. En quelques jours, la couche d’eau a gelé et la épaisseur totale de la glace est passée de 0,9 mètre à environ 1,15 mètre.

Un autre essai, beaucoup plus vaste, a été réalisé par l’organisation Real Ice près de Cambridge Bay, dans le passage du Nord-Ouest, et a traité environ 249 000 mètres carrés de banquise. Dans certaines zones, la glace a été renforcée à deux reprises, et des capteurs de température ont révélé que la glace traitée pouvait rester en place 7 à 10 jours de plus que les normes historiques.

Bien qu’en Norvège, la glace plus épaisse ait montré des signes de « pourrissement » plus tard, elle n’a pas présenté de résistance prolongée à la fonte par rapport à la glace non traitée. Christian Haas, du Institut Alfred Wegener, a évoqué les incertitudes : “Certes, la glace devient plus épaisse, mais la manière dont cela influence sa disparition reste une question ouverte.”

L’importance de garder la glace arctique

La glace arctique joue un rôle crucial en renvoyant le rayonnement solaire dans l’espace. En revanche, l’eau ouverte absorbe cette énergie, contribuant ainsi au réchauffement. Si la banquise peut être conservée plus longtemps, cela pourrait contribuer à ralentir le réchauffement et perturber moins les écosystèmes, les côtes, et même les schémas climatiques au-delà de l’Arctique.

Un ralentissement du réchauffement pourrait également signifier une diminution des perturbations climatiques, entraînant moins de pressions sur les infrastructures et des coûts moins élevés dus aux phénomènes météorologiques extrêmes.

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Cependant, les scientifiques soulignent qu’une épaisseur accrue de la glace ne garantit pas une meilleure qualité. En effet, lors de la congélation de l’eau de mer, le sel est expulsé sous forme de saumure, ce qui peut rendre la glace plus chaude, salée et poreuse. Haas met en avant que “ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité de la glace”.

Impacts sur la faune et les risques associés

Les chercheurs étudient également les effets possibles de cette technique sur la faune arctique, tels que les algues de glace, les phoques, et les ours polaires. Ils mettent en garde contre le fait que des efforts de géoin ingénierie à grande échelle pourraient détourner l’attention de la nécessité urgente de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les prochaines étapes des recherches

Les deux équipes poursuivent leurs essais tout en modélisant si l’épaisseur accrue de la glace peut avoir un impact positif à une plus grande échelle. Ce projet bénéficie d’une subvention britannique de 9,9 millions de livres (environ 13 millions de dollars) destinée à couvrir les travaux de terrain et la modélisation.

Des études explorent également si cette méthode pourrait s’avérer plus efficace dans des zones clés, comme des détroits où la glace dérive vers le sud et fond fréquemment. Real Ice envisage même l’utilisation de drones sous-marins pour aider à la recongélation de grandes surfaces de glace.

Les équipes ont noté que la glace traitée semblait plus lumineuse, et les images satellites ont révélé que les sites de Real Ice apparaissaient comme des zones pâles entourées d’eau de fonte. Andrea Ceccolini de Real Ice a déclaré avec satisfaction : “Nous contribuons à réduire le réchauffement de la planète.”

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FAQ

Quelle est la durée de ces expérimentations ?

Les essais sont prévus pour se dérouler de 2024 à 2025, avec des observations continues après leurs achèvements.

Y a-t-il des risques associés à cette technique d’injection d’eau de mer ?

Oui, la qualité de la glace et les effets sur l’écosystème marin local, comme les algues de glace et la faune, sont des préoccupations majeures.

Quels seraient les bénéfices globaux de cette recherche ?

Si la méthode s’avère efficace, elle pourrait non seulement ralentir la disparition de la glace arctique, mais aussi contribuer à la stabilité des écosystèmes environnants et atténuer le changement climatique à plus grande échelle.

Quelles autres techniques sont envisagées pour protéger la banquise ?

Des études sont en cours sur l’utilisation de drones sous-marins pour agir sur de plus vastes surfaces de glace, mais le développement de solutions alternatives nécessite encore des recherches approfondies.

Comment le grand public peut-il soutenir ces initiatives ?

La sensibilisation et l’éducation sur le changement climatique sont essentielles. Participer à des actions locales, réduire son empreinte carbone, et soutenir les politiques environnementales peuvent faire une différence.