Une entreprise de biotechnologie sous le feu des projecteurs
Une entreprise spécialisée en biotechnologie fait actuellement l’objet d’une vive controverse en raison d’une pratique qui semble tout droit sortie d’un film de science-fiction : elle envisage d’utiliser des cerveaux humains pour mener des recherches sur les médicaments, en conservant une activité biologique essentielle pendant 24 heures après le décès.
Quel est le concept de cette recherche ?
Bien que cette approche puisse choquer, des scientifiques estiment qu’elle pourrait constituer une voie plus rapide et efficace vers des traitements destinés à des maladies touchant des millions de foyers.
D’après un rapport de Futurism, la société Bexorg récupère des cerveaux humains quelques heures après le décès. Ces cerveaux sont ensuite placés sur une plateforme de support appelée BrainEX, où leur état se situe entre la vie et la mort. Bien qu’il n’y ait pas de conscience, cette méthode permet de maintenir un niveau d’activité biologique suffisant pour que les chercheurs puissent étudier comment les médicaments interagissent avec de véritables tissus humains.
Bexorg a précédemment prouvé qu’un système similaire pouvait maintenir des cerveaux de cochon pendant jusqu’à 36 heures. Pour son système humain, l’entreprise utilise du sang, divers fluides, un poumon artificiel et un oxydateur rénal.
Des précautions éthiques rigoureuses
Brendan Parent, l’un des six éthiciens de la société, a indiqué dans une interview avec Science, relayée par Futurism, que les cerveaux extraits ne montrent pas d’activité neuronale organisée nécessaire pour qu’il y ait un semblant de conscience. Pour limiter toute activité électrique, les cerveaux sont également anesthésiés avec du propofol.
Chaque cerveau est analysé rapidement et non maintenu dans cette condition de manière prolongée. À l’issue de cette période de 24 heures, les chercheurs fragmentent le tissu en centaines de morceaux pour leur étude. Bexorg envisage d’utiliser un bras robotique pour traiter jusqu’à 1 600 cerveaux par an.
L’importance de ces recherches
Le principal espoir lié à cette approche est qu’un test de médicaments plus précis pourrait mener à de meilleurs traitements pour des affections comme la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, ainsi que d’autres maladies neurodégénératives. Cela signifie potentiellement des médicaments plus efficaces, moins d’échecs lors des essais cliniques et un accès plus rapide à des thérapies qui aident à préserver la mémoire et la mobilité.
De plus, cette méthode pourrait fournir aux scientifiques un type de tissu cérébral humain vieilli, influencé par des décennies d’expositions, médications et maladies, un aspect difficile à reproduire dans les laboratoires. Cela pourrait être plus précieux pour évaluer l’efficacité des médicaments que des modèles d’animaux ou des cultures cellulaires classiques.
Futurism rapporte que Biohaven, une autre entreprise, a déjà utilisé 130 cerveaux de Bexorg pour des études sur des médicaments, y compris pour examiner un traitement potentiel contre la maladie de Parkinson. Biohaven prépare également un essai clinique basé sur ces données.
Réactions et expertises
Zvonimir Vrselja, le PDG de Bexorg, souligne que l’attrait de leur technologie réside dans sa réalisme : « Nous travaillons avec des cellules qui ont eu 60 à 80 ans d’expérience ». Bruna Bellaver, une chercheuse en neurodégénérescence à l’Université de Pittsburgh, estime que cette méthode représente un progrès considérable par rapport aux modèles de souris couramment utilisés.
FAQ
Quelles sont les limites de cette technologie ?
Bien que prometteuse, cette méthode soulève des questions éthiques et médicales, notamment sur le traitement des cerveaux humains et les implications de leur utilisation dans la recherche.
Comment cette méthode se compare-t-elle aux essais sur les animaux ?
Les tissus humains préservent les effets des médicaments de façon plus précise que les modèles animaux, ce qui pourrait améliorer les résultats des essais cliniques.
Quels progrès ont été réalisés dans le traitement des maladies neurodégénératives ?
Il y a eu plusieurs avancées dans la compréhension des mécanismes sous-jacents à des maladies comme la maladie d’Alzheimer et de Parkinson, mais il reste encore beaucoup à faire pour développer des traitements efficaces.
Quels sont les risques encourus lors de la manipulation de cerveaux humains ?
Les risques incluent la gestion d’éventuels impacts éthiques, légaux et psychologiques, non seulement pour les chercheurs, mais aussi pour les familles des donneurs.
Y a-t-il des réglementations strictes sur cette recherche ?
Oui, cette recherche est soumise à des réglementations très strictes concernant l’éthique et le consentement éclairé, surtout en ce qui concerne le don d’organes et de tissus humains.
