Une étude récemment publiée met en lumière l’impact environnemental du transfert de déchets
Une nouvelle recherche a récemment attiré l’attention sur les conséquences de l’arrêt par la Chine de l’importation de déchets plastiques en 2018. Résultats : la situation est alarmante. Au lieu de réduire leurs envois de déchets, plusieurs pays riches ont apparemment choisi de diriger leurs ordures vers l’Indonésie. Selon les chercheurs, cette décision a entraîné une détérioration de la qualité de l’air dans certaines régions de l’archipel.
Impact des décharges ouvertes en Indonésie
Dirigés par Ellen Considine de l’Université du Colorado à Boulder, les chercheurs ont utilisé des données satellitaires pour analyser 356 sites de décharges à ciel ouvert en Indonésie. En comparant les niveaux de particules fines avant et après l’interdiction chinoise, ils ont observé une augmentation de 3,3 % des concentrations de ces particules entre 2018 et 2019 par rapport à 2012-2017.
Cette recherche met en évidence une tendance inquiétante : les pays riches semblent se décharger de leur problème de déchets en le transférant vers des nations moins développées, comme l’Indonésie, où les ressources pour gérer ces déchets sont souvent limitées.
Conséquences sanitaires pour la population locale
Les déclarations de Considine révèlent que lorsque les pays à revenu élevé envoient leurs déchets plastiques vers des pays à revenu faible ou intermédiaire, une partie de cette matière est souvent incinérée. Cette incinération génère des polluants atmosphériques pouvant gravement nuire à la santé respiratoire des populations locales, provoquant des maladies, des cancers et même des décès.
Les particules fines, connues sous le nom de PM2.5, constituent particulièrement un danger, car elles peuvent pénétrer directement dans les poumons et le système sanguin, posant ainsi un risque significatif pour la santé humaine.
Augmentation significative des risques pour la santé
L’étude a également lié l’augmentation de la pollution à un risque accru de mortalité par cancer du poumon de l’ordre de 1,9 % et à une hausse de 3,5 % du risque de décès causé par des infections respiratoires basses. En Indonésie, les systèmes de collecte des déchets sont souvent inefficaces, et de nombreux déchets solides sont brûlés en plein air. Cela signifie que les plastiques importés peuvent être plus susceptibles de finir dans des décharges ou d’être incinérés, aggravant ainsi la pollution dans les quartiers voisins.
L’accroissement des risques pour la santé publique semble être une conséquence directe de la politique adoptée par la Chine, suivie par le transfert de déchets vers d’autres pays.
Une approche novatrice pour analyser la situation
Considine mentionne que les recherches antérieures se limitaient souvent à un nombre restreint de lieux et de courtes périodes d’observation. En revanche, cette étude se distingue par son ampleur, permettant de suivre les variations de la pollution de l’air dans une région bien plus vaste sur une période prolongée.
Les résultats corroborent également les mesures prises par l’Indonésie et la Malaisie pour interdire l’importation de déchets plastiques.
FAQ
Quelle est la source principale de la pollution de l’air en Indonésie ?
La pollution de l’air en Indonésie provient en grande partie de l’incinération des déchets, souvent importés, associés à une gestion inefficace des déchets.
Comment les pays riches compromettent-ils la santé d’autres pays ?
En déplaçant leurs déchets vers des pays à faibles ressources, les pays riches aggravent les problèmes de santé publique dans ces régions, où les normes de gestion des déchets sont souvent insuffisantes.
Quelles sont les alternatives à l’importation de déchets plastiques ?
Des alternatives incluent des politiques de réduction des déchets, le recyclage accru et l’investissement dans des infrastructures de gestion des déchets locales plus durables.
Quel rôle jouent les politiques gouvernementales dans cette problématique ?
Les politiques gouvernementales, tant au niveau local qu’international, influencent la manière dont les déchets sont gérés et où ils sont envoyés, ce qui peut avoir un impact majeur sur la santé publique.
Existe-t-il des mouvements pour changer cette situation ?
Oui, plusieurs groupes de défense de l’environnement et organisations non gouvernementales travaillent à sensibiliser le public et à faire pression pour des changements dans les politiques mondiales de gestion des déchets.
