Dans un climat déjà propice à la surveillance, Meta va encore plus loin avec une nouvelle technologie intrusive. Les logiciels de surveillance actuellement installés sur les ordinateurs de travail, qui révèlent si vous vous éloignez trop longtemps de votre clavier, se transforment en une réalité encore plus inquiétante.
Comme le souligne un article de Reuters, la société dirigée par Mark Zuckerberg a décidé d’installer un logiciel de suivi sur les ordinateurs de tous ses employés basés aux États-Unis. Ce logiciel va enregistrer non seulement les mouvements de souris, mais également chaque frappe au clavier, pour alimenter les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise.
Meta a pour ambition de créer des agents intelligents capables d’exécuter des tâches de manière autonome. Ce projet s’inscrit dans une tendance marquée par des initiatives visant à automatiser les emplois humains, révélant une volonté croissante de remplacer des tâches effectuées par des êtres humains.
Au-delà des préoccupations éthiques qui émergent, notamment celle d’obliger les employés à devenir les formateurs de leurs remplaçants, des questions pressantes se posent sur la ***protection des données personnelles***. Meta, en particulier, est souvent critiquée pour sa gestion des informations privées.
D’après un mémo interne consulté par Reuters, ce logiciel, nommé **”Modèle de Capacité Initiatif”**, fonctionnera sur des applications et des sites liés au travail. Il inclura même la possibilité de prendre des captures d’écran à intervalles réguliers.
L’objectif avoué est que les modèles d’IA de Meta puissent reproduire les interactions humaines avec les ordinateurs, comme la navigation dans des menus déroulants ou l’utilisation de raccourcis clavier.
Ce mémo précise également : « Tous les employés de Meta peuvent contribuer à l’amélioration de nos modèles en effectuant simplement leur travail quotidien. »
Suite à la publication de l’article, un porte-parole de Meta a affirmé que les responsables n’auraient pas accès aux **données collectées**, et que celles-ci ne seraient pas utilisées pour évaluer les performances des employés.
« Si nous développons des agents pour aider les gens à réaliser des tâches quotidiennes sur ordinateur, nos modèles doivent avoir des exemples réels de leur utilisation — des éléments comme les mouvements de souris, les clics et la navigation dans les menus. Pour faciliter cela, nous lançons un outil interne qui recueillera ces types d’entrées sur certaines applications. Des mesures de protection existent pour garantir la confidentialité des données sensibles, qui ne seront pas utilisées à d’autres fins », a précisé la société dans un communiqué.
Alors que le suivi des frappes et mouvements de souris pourrait enfreindre la législation européenne, la professeure de droit à l’Université de Yale, Ifeoma Ajunwa, a souligné que « les États-Unis n’imposent pas de limites à la surveillance des travailleurs » au niveau fédéral.
Parallèlement à cette mesure intrusive, Meta prévoit également de réduire de dix pour cent son effectif dans le monde, à compter du mois prochain — un prélude à d’autres suppressions de postes à venir cette année.
Plus d’infos sur Meta : Des travailleurs de Meta rapportent des situations troublantes via les lunettes intelligentes des utilisateurs.
FAQ
Q: Quel est l’objectif principal du logiciel installé par Meta ?
R: Le logiciel vise à collecter des données sur les mouvements de souris et les frappes au clavier des employés afin de former des modèles d’intelligence artificielle capables d’effectuer des tâches automatiquement.
Q: Les données collectées seront-elles accessibles aux managers ?
R: Selon Meta, les managers ne pourront pas accéder aux données recueillies et celles-ci ne seront pas utilisées pour évaluer la performance des employés.
Q: Quelles sont les préoccupations éthiques soulevées par cette initiative ?
R: Les principales préoccupations tournent autour de la vie privée des employés et de l’obligation de former leurs propres remplaçants, posant des questions sur le respect de la dignité au travail.
Q: Ce type de surveillance est-il légal aux États-Unis ?
R: Actuellement, il n’existe pas de règles fédérales limitant la surveillance des employés aux États-Unis.
Q: Quelle est la réaction des employés face à cette mesure ?
R: Les employés expriment des inquiétudes concernant la surveillance constante et son impact potentiel sur leur environnement de travail et leur sécurité personnelle.
