L’être humain est la seule espèce connue pour souffrir de la maladie d’**Alzheimer**, ce qui rend les recherches sur les **traitements** potentiels particulièrement complexes.
Pour surmonter cet obstacle, des chercheurs de l’**Université de Californie, Irvine** (UCI) ont décidé de concevoir un nouveau modèle de **souris**. L’idée était d’intégrer des cellules immunitaires du cerveau humain afin de pouvoir tester divers traitements, permettant ainsi d’évaluer la réaction du cerveau humain.
Après quatre années de recherche intensive, ces scientifiques ont réussi à créer des souris **chimaériques**, ce qui pourrait transformer la recherche sur la maladie d’Alzheimer.
Bien qu’aucun traitement n’ait encore été développé pour **prévenir** ou ralentir la progression d’Alzheimer, les recherches ont fourni de précieuses informations sur le fonctionnement de la maladie, notamment sur le rôle crucial des cellules cérébrales connues sous le nom de **microglies**.
Mathew **Blurton-Jones**, chercheur à l’UCI, a déclaré dans un **communiqué** : « Les microglies jouent un rôle essentiel dans l’évolution de la maladie d’Alzheimer. »
Il a poursuivi en expliquant que : « Les fonctionnalités de nos cellules dépendent des gènes qui sont activés ou désactivés. Des recherches récentes ont révélé plus de **quarante gènes** associés à Alzheimer, la majorité étant activés dans les microglies. »
Malheureusement, les chercheurs étaient limités dans leur capacité à étudier le rôle des microglies dans le développement d’Alzheimer, car, comme l’a souligné Blurton-Jones, ils n’avaient eu l’occasion d’examiner ces cellules que dans des conditions de laboratoire — que ce soit dans des **boîtes de Pétri** ou à partir de tissus prélevés sur des patients décédés. Aucun modèle vivant n’était disponible pour ces études.
Dans une **étude** parue dans la revue *Neuron*, les chercheurs de l’UCI expliquent comment ils ont peut-être résolu ce défi en créant des souris possédant des microglies humaines dans leur cerveau.
Pour ce faire, ils ont utilisé des cellules humaines prélevées sur des patients adultes afin de créer des cellules souches **pluripotentes induites**, capables de se transformer en n’importe quel type de cellule. Ils ont ensuite orienté ces cellules vers la formation de microglies avant de les implanter dans des souris **génétiquement modifiées**.
En examinant ces souris quelques mois plus tard, ils ont découvert que 80 % des microglies présentes dans le cerveau des animaux étaient humaines.
Ce qui est particulièrement prometteur, c’est qu’en introduisant des fragments de protéines associés à Alzheimer, appelés **plaques amyloïdes**, dans le cerveau des souris, les microglies ont réagi comme des cellules humaines, et non comme des cellules de rongeurs. Cela signifierait que les chercheurs disposent enfin d’un modèle animal efficace pour avancer dans leurs travaux sur la maladie d’Alzheimer.
FAQ
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui affecte principalement la mémoire et d’autres fonctions cognitives. Elle est caractérisée par la formation de plaques amyloïdes dans le cerveau.
Comment fonctionne le modèle de souris chimaériques ?
Ce modèle utilize des cellules immunitaires humaines pour simuler la réponse inflammatoire du cerveau humain face à Alzheimer, permettant ainsi d’évaluer l’efficacité des traitements.
Quels sont les défis actuels dans la recherche sur Alzheimer ?
Les principaux défis incluent la difficulté à reproduire les mécanismes de la maladie dans des modèles animaux et l’absence de traitements préventifs ou curatifs efficaces jusqu’à présent.
Pourquoi sont les microglies importantes ?
Les microglies jouent un rôle clé dans la réponse immunitaire du cerveau et sont désormais reconnues comme cruciales dans les mécanismes de développement d’Alzheimer.
Quelles sont les prochaines étapes des recherches ?
Les chercheurs prévoient d’explorer davantage le comportement des microglies et d’évaluer les traitements potentiels en utilisant ces nouveaux modèles de souris.
