Santé

Un Scientifique Se Soumet à Une Forte Dose de Psilocybine et Explore Son Cerveau dans un IRM

Un Scientifique Se Soumet à Une Forte Dose de Psilocybine et Explore Son Cerveau dans un IRM

Les expériences fascinantes de Nico Dosenbach

Nico Dosenbach, professeur associé de neurologie à l’Université de Washington à Saint-Louis, a eu l’opportunité unique de découvrir les effets des psychedéliques sur le cerveau, mais c’était pour une bonne cause : la science. Lors de cette exploration, ses collègues lui ont administré une forte dose de psilocybine, le célèbre composé actif des champignons magiques. Afin de documenter les effets, il s’est ensuite enfermé dans une machine IRM, dans un endroit très confiné, ce qui, pour beaucoup, pourrait sembler déroutant.

Initialement, Dosenbach était dans l’incertitude totale : avait-il réellement consommé de la psilocybine ou plutôt un placebo sous forme de Ritalin? Ses collègues avaient gardé le secret. Cependant, cette énigme a pris fin lorsqu’il a commencé à percevoir son esprit se transformer en une sorte de calculateur.

Des pensées déconcertantes

« J’étais comme une tablette électronique, et mes pensées ressemblaient à des pensées de machine, même si cela n’avait pas de sens », a-t-il confié à CNN. Bien qu’il réalisait que ce qu’il ressentait n’était pas habituel, cette expérience ne l’a pas effrayé.

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Ce voyage cérébral s’inscrivait dans le cadre d’une étude novatrice publiée dans la revue Nature, à laquelle il a contribué en tant que co-auteur. L’objectif était d’explorer les mystères psychédéliques entourant la psilocybine. Les scientifiques, ainsi que les amateurs de psychédéliques, se sont souvent demandé pourquoi des substances comme la psilocybine ou le LSD peuvent altérer notre perception du temps, provoquer une mort de l’ego, et potentiellement devenir des outils thérapeutiques prometteurs.

Les perturbations cérébrales

Les chercheurs ont constaté que cette substance pourrait engendrer ses effets en perturbant un réseau crucial dans notre cerveau, impliqué dans des activités telles que la méditation ou la mémoire. Selon les conclusions de l’étude, intitulée « La psilocybine dé-synchronise le cerveau humain », l’idée principale est de désynchroniser temporairement des systèmes essentiels du cerveau pour permettre une exploration différente de soi-même et de sa relation avec le monde extérieur.

Un effet thérapeutique positif

Les implications de cette recherche semblent encourager, car elles montrent que les effets de ce type d’expérience peuvent favoriser la plasticité du cerveau, c’est-à-dire sa capacité à évoluer et à s’adapter. « À court terme, cela provoque une expérience psychédélique, tandis qu’à long terme, cela pourrait rendre le cerveau plus flexible et, potentiellement, l’amener à un état plus sain », a ajouté Joshu Siegel, le principal auteur de l’étude.

Méthodologie de l’étude

L’étude a été réalisée avec sept participants, y compris Dosenbach lui-même. Chacun a reçu soit une dose élevée de 25 mg de psilocybine, soit le stimulant léger Ritalin. À plusieurs reprises, leur activité cérébrale a été analysée par IRM avant, pendant et trois semaines après leur expérience psychédélique. Certains ont même pris une autre dose de psilocybine entre six et douze mois plus tard.

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Les résultats ont révélé que la plus grande perturbation se produisait dans le « mode par défaut » du cerveau, un réseau de zones associé à notre identité, notre perception de l’espace et du temps. Ce phénomène est bénéfique, car il semble rendre nos connexions cérébrales plus adaptables.

Redéfinir nos habitudes mentales

D’un point de vue psychothérapeutique, cette recherche pourrait également aider à nous libérer des habitudes mentales nuisibles, nous guidant à travers des schémas de pensée négatifs vers des marges plus saines. Un aspect essentiel souligné par les chercheurs est l’importance de suivre ce type d’expérience avec un professionnel. L’auto-médication est fortement déconseillée.

De manière encourageante, les images scannerisées ont montré que les bienfaits sur la connectivité du cerveau perduraient discrètement plusieurs semaines après l’expérience psychédélique. « D’abord, il y a un effet massif, puis un effet ciblé persiste », a expliqué Dosenbach. « C’est exactement ce que l’on attendrait d’un potentiel médicament. On ne souhaite pas que les réseaux cérébraux soient complètement anéantis pendant plusieurs jours, mais on ne veut pas non plus un retour immédiat à la normale. On aspire à un effet qui dure suffisamment pour faire une différence. »

L’ensemble de cette étude jette un regard encourageant sur les mystères des champignons magiques et illustre le renouveau d’intérêt pour le domaine de la médecine psychédélique.

FAQ

H4: Quels sont les effets secondaires potentiels de la psilocybine?

Des effets secondaires tels que des nausées, de l’anxiété ou des perturbations de la perception peuvent survenir, mais ces effets varient en fonction de l’individu.

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H4: La psilocybine est-elle légale?

La légalité de la psilocybine varie d’un pays à l’autre. Dans certains endroits, des études et des essais cliniques sont autorisés, tandis que dans d’autres, elle reste illégale.

H4: Comment la psilocybine est-elle administrée dans un cadre expérimental?

Dans les études cliniques, la psilocybine est généralement administrée sous forme de capsules, et les participants sont surveillés par des professionnels de la santé.

H4: Existe-t-il d’autres substances psychédéliques étudiées pour des effets thérapeutiques?

Oui, d’autres substances telles que le LSD, la MDMA, et la mescaline sont également en cours d’étude pour leurs potentiels bénéfices thérapeutiques.

H4: Quels types de troubles mentaux sont ciblés par les recherches sur les psychédéliques?

Les recherches se concentrent principalement sur des conditions telles que la dépression, le trouble de stress post-traumatique (TSPT), et les anxiétés.