Crédit photo : Université Concordia
Une étude marquante sur l’habituation des gorilles
Des scientifiques camerounais ont consacré près de huit ans à apprivoiser un groupe de gorilles sauvages, établissant ainsi un nouveau record d’habituation. Ce travail a été mené sur l’île Dipikar, située dans le parc national de Campo Ma’an, une région isolée et difficile d’accès du sud du Cameroun.
L’impact des expériences dérangeantes
Les chercheurs ont constaté que ces animaux portaient des marques de traumatismes liés à la chasse, bien après que la pression de la chasse ait diminué. Cela démontre comment des événements traumatisants peuvent influencer le comportement des animaux sur une longue période, même des années après.
D’après le site Earth.com, cette étude révèle la ténacité des effets de la violence humaine sur le comportement des animaux sauvages.
Développement de la recherche
L’équipe de recherche a d’abord cartographié le territoire des gorilles et suivi leurs nids avant de tenter un contact rapproché en 2015. Lors de leurs interactions, ils ont utilisé des signaux calmes, tels que le claquement de langue et le bruit de doigts, afin de ne pas paraître menaçants. Tout au long de 582 000 minutes, ils ont réparti les réactions des gorilles en cinq catégories : peur, agression, évitement, curiosité, et indifférence. Tandis que d’autres groupes de gorilles s’habituent généralement aux humains en 28 à 53 mois, ce groupe a nécessité 91 mois.
Avis d’un expert
France Anougue, l’auteure principale de l’étude, a indiqué que l’habituation a réussi dans des pays comme l’Ouganda ou le Rwanda, mais que ces processus prennent souvent moins de temps.
Implications de l’étude
Une réduction des signes de poaching durant la période d’étude, comme des bruits de fusillade et des indications de campements, a suggéré que les patrouilles et les actions communautaires peuvent offrir une réelle protection aux gorilles. Si ces animaux menacés peuvent coexister pacifiquement avec des chercheurs et des touristes, cela ouvre la porte à des programmes d’écotourisme rentables, créant des emplois pour les communautés locales et soutenant la conservation ainsi que la lutte contre le braconnage. De plus, les gorilles, en tant que grands dispersants de graines, contribuent à la régénération des forêts.
Le point de vue des spécialistes sur les interactions humaines
Les résultats de cette recherche suggèrent que les gorilles sont capables de distinguer les personnes dangereuses, comme les braconniers, de celles qui ne le sont pas, comme les chercheurs. Anougue a ajouté que les jeunes gorilles semblent apprendre ce comportement d’autres membres de leur groupe. Gagner leur confiance ne s’est pas fait sans effort.
Elle a également mis en garde sur les dangers auxquels ces populations pourraient faire face sans la présence régulière des équipes de terrain, des touristes et des patrouilles anti-braconnage.
FAQ
Pourquoi l’habituation des gorilles est-elle importante ?
L’habituation permet de réduire le stress des gorilles face aux humains, favorisant leur protection et leur conservation à long terme.
Qu’est-ce qui a causé le traumatisme chez ces gorilles ?
Leur traumatisme découle des chasses intensives auxquelles ils ont été confrontés, ce qui a façonné leur comportement et leur méfiance envers les humains.
Comment les gorilles contribuent-ils à l’écosystème ?
En dispersant les graines, les gorilles aident à la régénération des forêts, ce qui soutient la biodiversité et favorise des écosystèmes sains, bénéfiques pour les humains aussi.
Quels bénéfices peuvent tirer les communautés locales de l’écotourisme ?
L’écotourisme peut générer des revenus pour les communautés locales, créer des emplois, et financer des initiatives de conservation et de protection des espèces menacées.
En quoi consiste le suivi des gorilles dans cette étude ?
Le suivi implique l’observation soigneuse des comportements des gorilles, l’analyse de leurs interactions avec les humains, et l’évaluation des impacts sur leur santé mentale et physique.
