Une pause sur les projets de data centers à New York
New York a décidé de suspendre certains des projets de centres de données les plus ambitieux. Les responsables de l’État veulent évaluer l’impact réel de ces infrastructures, plutôt que d’accepter aveuglément le discours des investisseurs.
Les autorités s’interrogent sur l’avenir de ces installations énergivores : que se passera-t-il si elles deviennent obsolètes ? Gouverneure Kathy Hochul exprime sa préoccupation face à la possibilité que les communautés locales se retrouvent à gérer les conséquences de ces projets.
Situation actuelle
Lors d’une table ronde à Henrietta, Hochul a annoncé que l’État met en place un cadre pour les grands centres de données, prenant en compte non seulement leur construction, mais aussi les procédures à suivre lorsque ces structures doivent être démontées, comme indiqué par WXXI News.
Elle a déclaré : « À l’heure actuelle, cela semble être la seule option viable. Mais je pose la question suivante : qui s’occupera de nettoyer le désordre lorsque la technologie évoluera et que ces centres deviendront obsolètes ? »
Le moratoire actuel interdit les propositions de centres de données non approuvées de plus de 50 mégawatts, tandis que les projets de moindre envergure continuent d’avancer. Parmi les idées discutées par Hochul figurent des limitations sur les incitations fiscales, des règles concernant la consommation électrique et des conditions pour que les développeurs produisent leur propre électricité ou paient des tarifs plus élevés pour utiliser le réseau électrique.
Elle a également évoqué l’idée d’imposer une caution de démantèlement aux développeurs afin d’éviter que des sites abandonnés ne laissent les communautés locales dans l’embarras. Hochul a mis en garde en se référant à la propriété laissée à l’abandon de Bethlehem Steel, dont elle se demande si elle restera ainsi pour l’éternité.
Pourquoi cette question est-elle importante ?
Les centres de données peuvent attirer des investissements, mais leur consommation de ressources — électricité et eau en particulier — est une source de préoccupation. Ils mettent à rude épreuve l’infrastructure locale et n’entraînent souvent que peu d’emplois durables.
Le responsable du comté de Monroe, Adam Bello, a mis en avant la demande croissante en électricité comme le principal souci au niveau local. Selon lui, la consommation des centres de données pourrait passer de 6 % à plus de 20 % de la demande du réseau d’ici 2035 si la croissance n’est pas maîtrisée. Une telle augmentation pourrait entraîner une hausse des coûts des services publics et remettre en question la fiabilité du réseau électrique.
D’autres problématiques, comme la consommation d’eau et le bruit, sont également devenues des enjeux majeurs, notamment dans des communautés déjà en proie à des pénuries ou à des ressources publiques limitées. Hochul s’interroge également sur la pertinence d’investissements publics majeurs dans des projets qui ne garantissent pas de nombreux emplois à long terme. « Je mets donc au défi l’industrie de procéder de manière plus intelligente », a-t-elle affirmé.
Actions en cours
Dans le cadre de l’élaboration de règles à l’échelle de l’État, Hochul cherche à recueillir des avis à New York sur la manière de donner aux communautés un meilleur contrôle concernant les bénéfices locaux, les exigences en matière d’énergie et la responsabilité à long terme.
Un point d’achoppement important est le projet Stream U.S. Data Centers, qui vise à construire un site de 500 mégawatts pour un coût de 19,5 milliards de dollars dans le comté de Genesee. Comme ce projet nécessite encore des permis, il est affecté par le moratoire en cours.
Cependant, cette suspension rencontre de l’opposition. Christian Yunker, président du conseil du comté de Genesee, souligne que ce projet correspond à la vision de développement souhaitée par l’État, mentionnant que le site dispose déjà des infrastructures nécessaires et qu’il utiliserait un système d’eau en boucle fermée pour réduire la demande, les eaux usées et le bruit. De plus, les promoteurs se sont engagés à investir dans le réseau électrique local.
La question de la viabilité du projet est pressante dans le comté de Genesee, où une pénurie d’eau municipale a déjà freiné la croissance économique, rendant nécessaires des mises à niveau estimées entre 500 et 600 millions de dollars. Hochul a déclaré que le projet n’était « pas prêt à démarrer » et que le moratoire permettait à l’État de réévaluer son ampleur, les bénéfices promis et les allégements fiscaux envisagés.
Alors que Hochul s’interroge sur qui s’occupera des désagréments, Yunker défend le projet, affirmant : « Nous pensons avoir un bon projet ici. »
FAQ
Quelles sont les conséquences possibles de ce moratoire ?
Le moratoire pourrait ralentir la croissance économique dans certaines régions, car de nombreux projets d’infrastructure pourraient être retardés ou annulés.
Comment les centres de données affectent-ils l’environnement ?
Les centres de données consomment d’énormes quantités d’énergie et d’eau, et peuvent entraîner une pollution sonore, ce qui peut nuire aux écosystèmes locaux.
Quel est le rôle des communautés locales dans ces décisions ?
Les communautés locales peuvent jouer un rôle actif en participant aux discussions sur les projets de développement et en influençant les décisions concernant leur environnement et leur bien-être économique.
Quelles alternatives existent aux centres de données traditionnels ?
Des alternatives incluent des centres de données à énergie renouvelable, qui utilisent des sources d’énergie comme le solaire ou l’éolien pour réduire leur empreinte écologique.
Quels types d’incitations fiscales sont proposés pour les centres de données ?
Les incitations fiscales peuvent inclure des réductions d’impôts, des subventions à l’investissement et d’autres mesures destinées à attirer les entreprises dans les régions moins développées.
