Une remise en question des pratiques actuelles
Les entreprises exploitant le pétrole et le gaz en mer ont longtemps suivi un principe simple : laisser l’environnement tel qu’il était. Après avoir extrait leurs ressources, elles démantèlent leurs installations et s’en vont. Cependant, un groupe de 28 chercheurs remet en question cette norme.
Ils ont développé leur point de vue dans un article récent publié dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment.
Historique des enlèvements d’installations offshore
La norme de retirer toutes les installations maritimes inactives remonte à la Convention de Genève de 1958 sur le plateau continental, qui stipule que « toute installation abandonnée ou inutilisée doit être complètement enlevée ». L’objectif était d’empêcher les compagnies pétrolières et gazières de polluer les milieux aquatiques avec des équipements obsolètes.
Au fil du temps, certaines nations ont fait des exceptions à cette règle. Toutefois, une controverse en 1995 concernant l’enlèvement d’une installation particulière a conduit à un interdiction qui empêche de laisser des équipements dans l’Atlantique Nord, sauf pour des raisons techniques spécifiques.
Un changement bénéfique pour l’écosystème
Depuis lors, le démantèlement total est devenu la pratique dominante à l’échelle mondiale, mais les chercheurs soutiennent que cela ne devrait pas être une règle systématique. Ils affirment que certaines des 7 500 plateformes pétrolières et gazières prévues pour être enlevées dans les décennies à venir jouent un rôle crucial dans leur environnement local. Leur retrait pourrait, en réalité, être nuisible.
Jonas Teilmann, l’un des auteurs de l’étude, souligne que des biodiversités élevées ont été observées autour de ces anciennes installations. Il appelle les autorités à envisager des exemptions au cas par cas pour le retrait.
Il explique que conserver une plateforme peut favoriser une plus grande biodiversité marine, car ces structures offrent une protection contre le chalutage. Ce type de pêche a tendance à détruire les habitats sous-marins, rendant le fond marin homogène et pauvre en biodiversité.
Les coûts associés au retrait
Les chercheurs estiment que le démantèlement de ces milliers d’installations pourrait coûter environ 210 milliards de dollars. En reconsidérant la manière dont nous désservons nos infrastructures offshore, nous pourrions non seulement protéger la vie marine, mais aussi réaliser d’importantes économies.
Pour aller plus loin :
Un article complémentaire sur les avantages environnementaux de laisser les infrastructures offshore en mer a été publié dans Frontiers in Ecology and the Environment.
FAQ
Quelles sont les caractéristiques des plateformes offshore bénéfiques pour l’environnement ?
Ces installations peuvent servir de récifs artificiels, augmentant la diversité marine et protégeant certains habitats marins de la surpêche.
Comment les infrastructures laissées en mer affectent-elles les activités de pêche ?
Elles peuvent limiter les zones de chalutage, protégeant ainsi les écosystèmes sous-marins et préservant certaines espèces marines des techniques de pêche destructrices.
Y a-t-il des pays qui appliquent des exceptions pour le retrait d’installations offshore ?
Oui, certains pays ont déjà commencé à envisager des politiques permettant de garder certaines installations pour des raisons écologiques, bien que cela ne soit pas encore une pratique courante.
Comment les coûts du démantèlement sont-ils justifiés ?
Les coûts sont souvent basés sur les difficultés logistiques et techniques associées à l’élimination des structures sous-marines, sans prendre en compte les avantages écologiques potentiels de leur conservation.
Quels pourraient être les impacts à long terme d’une telle approche ?
En préservant certaines infrastructures, nous pourrions favoriser la résilience des écosystèmes marins face au changement climatique et à d’autres menaces environnementales, tout en réduisant les coûts de démantèlement.
