Crédit photo : Trevor J. Wallace
Au large de Menorca, en Espagne, des archéologues se penchent sur trois épaves médiévales qui permettent de mieux comprendre la vie au XIIIe siècle. Parmi leurs découvertes, un **reliquaire chrétien** récupéré du fond marin pourrait encore contenir des objets à l’intérieur.
Que s’est-il passé ?
Un site localisé à Cala en Busquets, un ancien port près de Ciutadella surnommé la « Crique des Mystères », a été rédaté de manière significative. Ce qui était auparavant considéré comme des épaves du XVIIIe siècle appartient en réalité au XIIIe siècle, selon les informations rapportées par le Smithsonian Magazine.
Xavier Aguelo Mas, un archéologue catalan impliqué dans le projet Menorca Shipwreck, a d’abord exploré ce site en 2009. Cependant, les fouilles complètes n’ont commencé qu’en 2023. Une analyse de datation du bois réalisée en 2025 a révélé que ces navires sont bien plus anciens que ce que les chercheurs avaient prévu.
Le fondateur du projet et chef d’expédition, Trevor J. Wallace, a baptisé ces épaves Busquets I, II et III.
Les preuves indiquent que ces navires ont coulé à la fin des années 1240, possiblement à la suite d’un événement de **méteotsunami**, un phénomène marin soudain qui peut submerger les ports en quelques heures.
Une des trouvailles les plus remarquables est un **encolpium**, un reliquaire religieux du XIIIe siècle, que Aguelo Mas qualifie de « l’artefact de la décennie » de Menorca, retrouvé avec de la poterie islamique en bon état.
Beverly Goodman-Tchernov, géoarchéologue marine à l’Université de Haïfa et non impliquée dans l’excavation, a déclaré que ces épaves sont « particulièrement significatives ».
Pourquoi est-ce important ?
Les épaves médiévales sont beaucoup plus difficiles à trouver dans la **Méditerranée** que les épaves romaines, ce qui rend ces navires précieux pour comprendre une époque marquée par des **conflits** et des **interactions** multiples.
Goodman-Tchernov a noté que ces épaves de l’époque médiévale sont « relativement rares dans le registre archéologique méditerranéen, surtout en dehors de la région orientale ».
Les épaves de Busquets semblent avoir échappé au **pillage** qui a touché de nombreux sites plus anciens, ce qui permet aux archéologues de travailler avec des données beaucoup plus complètes. Cette préservation offre une perspective enrichissante sur **le commerce**, la **religion** et la **vie quotidienne** à Menorca durant l’influence musulmane, un carrefour entre les puissances chrétiennes et musulmanes.
Les cargaisons découvertes contredisent les idées simples sur la Méditerranée médiévale. Marcel Pujol Hamelink, qui étudie la construction navale médiévale et a participé au projet, explique que ces trouvailles montrent que les **commerçants chrétiens** et les **Maures musulmans** « n’étaient pas deux mondes séparés ».
Quelles actions sont entreprises ?
Le Menorca Shipwreck Project est une collaboration entre le **Explorers Club**, basé à New York, et des experts en archéologie et patrimoine culturel locaux.
Les archéologues ont terminé les fouilles de Busquets I et II, tandis que celles de Busquets III sont toujours en cours.
Les efforts de **conservation** sont désormais au centre de leurs préoccupations. L’encolpium est en train d’être désalinisé de manière professionnelle au **Musée de Menorca**, et des archivistes prévoient de l’ouvrir prochainement pour examiner son contenu.
« Peut-être un os ? » a émis Aguelo Mas en conjecturant. « Du parchemin ? On ne sait pas. »
L’équipe travaille également à l’amélioration des techniques d’excavation face à des conditions sous-marines difficiles, où la faible visibilité et les sédiments épais peuvent cacher des objets fragiles pendant des siècles.
Wallace se souvient avoir repéré le reliquaire en plongée. « Je travaillais près d’un meule et j’ai vu un coin noir de quelque chose que je pensais être des déchets contemporains, » a-t-il raconté. « En le découvrant, j’ai vu un roi tenant un **sceptre**. »
Les chercheurs espèrent publier un article sur les épaves au printemps 2027 et pensent qu’il pourrait y avoir d’autres navires médiévaux non encore découverts à proximité.
« Cette petite crique, ce musée sous-marin… a encore beaucoup de choses à raconter », a déclaré Wallace.
Aguelo Mas partage également cet optimisme, suggérant l’existence potentielle des épaves Busquets IV et V.
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FAQ
Quelle est l’importance historique des épaves médiévales de Menorca ?
Les épaves médiévales offrent un aperçu précieux sur les interactions culturelles et commerciales dans le bassin méditerranéen à une époque souvent méconnue.
Y a-t-il d’autres sites archéologiques similaires en Méditerranée ?
Il existe d’autres sites, mais les épaves médiévales restent relativement rares et peu étudiées, notamment en dehors de la Méditerranée orientale.
Quels types de trésors les archéologues espèrent-ils découvrir ?
Les chercheurs sont à la recherche de divers objets historiques, y compris des artefacts religieux, commerciaux et quotidiens.
Quelles méthodes d’excavation sont utilisées pour ces sites sous-marins ?
Des techniques spéciales sont mises en place pour améliorer la visibilité et minimiser les dommages causés aux objets fragiles pendant les fouilles.
Comment la découverte des épaves pourrait-elle influencer notre compréhension de cette période ?
Ces découvertes pourraient modifier nos conceptions sur les échanges entre cultures chrétiennes et musulmanes, révélant une plus grande interconnexion.
