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Bien que LinkedIn regorge de critiques sur le “leadership d’opinion” généré par l’IA, une expérience récente indique que ce type de contenu est toujours valorisé par la plateforme.
Un outil volontairement mal conçu, baptisé **Cringebot 3000**, illustre à quel point il est simple de faire diffuser des publications factices, motivées par l’engagement.
À savoir sur cette expérience
Dans une étude relayée par Business Insider, un journaliste a utilisé **Cringebot 3000**, un générateur de publications LinkedIn exagérées et pleines de clichés, et a constaté que la publication créée a généré un meilleur engagement que ses propres articles.
Derrière ce projet se trouve **Peter Epstein**, propriétaire d’une agence de relations publiques à Los Angeles, spécialisée dans la publicité.
Epstein a expliqué : “L’idée est de rendre cela un peu moins sérieux, d’essayer de s’amuser avec ce qui ressemble à une forme — comme une sorte de poésie. Le ‘leadership d’opinion’ sur LinkedIn est devenu un format en soi, et nous souhaitons lui donner une touche plus ludique et légère.”
Pour cet essai, le journaliste a saisi l’expression “IA dans le journalisme” et a obtenu une histoire dramatique sur le lieu de travail, se concluant par la phrase : “L’IA m’a qualifié de modéré. La sororité a répondu : absolument pas.”
Même avec un avertissement indiquant qu’il s’agissait d’un contenu fictif, le post a suscité une forte réaction. Selon les analyses de LinkedIn mentionnées dans le rapport, **96 % des personnes qui ont vu la publication ne faisaient pas partie du réseau du journaliste**.
Certains lecteurs ont semblé prendre le post au sérieux.
Un internaute a commenté : “J’adore ça ! Bravo pour slalomer autour des narrations littérales et prendre le contrôle !”
Un texte initialement conçu comme une parodie s’est ainsi parfaitement intégré aux types de contenus que la plateforme semble favoriser.
Plus de contexte
LinkedIn est souvent associé à un style de publication inspirant, souvent moqué sous le terme de **”broetry”**.
Avec l’IA générative, il est désormais possible de produire ce même type de contenu de manière **beaucoup plus rapide et économique**, rendant la diffusion d’articles de faible valeur plus facile et plus répandue.
En réponse à cela, LinkedIn a introduit une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de **signaler les publications** comme étant “de basse qualité générée par l’IA”, selon Business Insider.
Cependant, l’expérience avec **Cringebot** suggère que la question n’est pas uniquement d’identifier des contenus peu sincères ou bas de gamme. Elle soulève également la possibilité que les systèmes d’engagement de LinkedIn continuent à valoriser des posts **formulés**, qu’ils soient authentiques, stratégiques ou entièrement créés par une IA.
Les plateformes professionnelles fonctionnent mieux lorsque les utilisateurs peuvent avoir confiance en ce qu’ils voient. Si les publications générées par l’IA deviennent indiscernables des expériences réelles, la recherche d’emploi, les efforts de recrutement et le développement des relations professionnelles pourraient devenir encore plus déroutants.
Que peut-on faire ?
Les plateformes doivent améliorer leurs **étiquettes**, **outils de modération** et **systèmes de classement** afin de privilégier l’originalité sur la simple viralité creuse.
Faciliter l’identification des posts automatisés ou largement assistés par l’IA pourrait également aider à atténuer la confusion.
Les utilisateurs individuels devraient prendre le temps d’évaluer avant de s’engager avec des histoires personnelles polies, surtout celles qui semblent conçues pour éveiller une inspiration immédiate.
Rechercher des détails précis, vérifier si l’auteur possède une expertise pertinente et aborder avec prudence des anecdotes trop parfaites peuvent tous être des approches bénéfiques.
Cela ne signifie pas que l’IA n’a pas sa place dans le monde professionnel.
Elle peut encore être utile pour le **brainstorming**, les **résumés** et l’**édition**. Toutefois, l’expérience avec **Cringebot** suggère que l’utilisation de l’IA pour simuler l’authenticité peut facilement se retourner contre nous, même lorsqu’elle est appréciée par l’algorithme.
Comme le souligne Epstein, “Les gens se plaignent du contenu de bas niveau sur LinkedIn, mais était-ce vraiment si génial avant l’arrivée de ce type de contenu ?”
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FAQ
Qu’est-ce que le Cringebot 3000 ?
Le Cringebot 3000 est un générateur de contenu conçu pour créer des publications LinkedIn exagérées, souvent remplies de clichés, afin de démontrer comment ces types de messages peuvent facilement gagner en visibilité.
Pourquoi est-il problématique de mélanger du contenu généré par l’IA avec des expériences réelles ?
Lorsque le contenu généré par l’IA devient indistinguable de vécu réel, cela peut fausser les perceptions des utilisateurs, rendant les interactions professionnelles moins authentiques et plus compliquées.
Que devraient faire les utilisateurs pour se prémunir contre ce type de contenu sur LinkedIn ?
Les utilisateurs doivent analyser attentivement les publications, rechercher des détails concrets, vérifier la crédibilité de l’auteur et garder un esprit critique face à des anecdotes qui semblent trop idéalisées.
Comment LinkedIn gère-t-il les contenus de faible qualité ?
LinkedIn a mis en place une fonction permettant aux utilisateurs de signaler des posts comme “basse qualité”, tentant ainsi de limiter la diffusion de contenu peu sincère ou formaté.
L’IA peut-elle avoir une place légitime dans le monde professionnel ?
Oui, l’IA peut être bénéfique pour des tâches telles que le brainstorming, la rédaction de résumés et l’édition, mais son utilisation doit être réfléchie pour éviter de compromettre l’authenticité.
