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Des biologistes australiens passent 120 jours en mer, remorqués par des bateaux, pour documenter 40 ans d’évolution des récifs.

Des biologistes australiens passent 120 jours en mer, remorqués par des bateaux, pour documenter 40 ans d'évolution des récifs.

Une expérience exceptionnelle sur la Grande Barrière de Corail

Travailler sur la Grande Barrière de Corail peut sembler être un emploi de rêve, mais pour les scientifiques du Programme de Suivi à Long Terme de l’Institut Australien des Sciences Marines, cela implique souvent des mois en mer, des conditions climatiques difficiles, des enquêtes répétitives, et même le fait d’être tracté derrière un bateau tout en comptant les coraux, poissons, requins et signes de blanchissement.

Cette mission est extrêmement exigeante, mais elle établit l’un des meilleurs enregistrements à long terme de l’évolution de la barrière de corail, alors que le programme célèbre sa quarantième année.

Anniversaire du Programme de Suivi à Long Terme

Cette année marque le quarante ans du Programme de Suivi à Long Terme (LTMP), selon une annonce de l’Institut Australien des Sciences Marines (AIMS). Dans une publication de Mirage News, AIMS insiste sur le fait que ce programme fait partie des plus anciens enregistrements de suivi de récifs au monde.

Sur le terrain, le travail est intense : les scientifiques passent jusqu’à 120 jours par an en mer, et lors de missions de 20 jours, ils peuvent étudier jusqu’à cinq récifs en une seule journée.

Michelle Jonker, écologiste benthique ayant passé 20 ans au sein du programme, se souvient des premières techniques qu’elle a apprises à AIMS, notamment le manta-tow. Dans cette méthode, un scientifique équipé d’un masque et d’un tuba s’accroche à une planche pendant qu’un bateau les tire le long du récif, enregistrant des observations par intervalles de deux minutes.

Évolution des Suivis

Au fil des ans, les aspects suivis par le programme se sont élargis. Initialement centrés sur les coraux et les étoiles de mer à couronne d’épines, les du programme incluent aujourd’hui le blanchissement, le comptage des requins, les populations de poissons, les maladies coralliennes, ainsi que d’autres indicateurs de la santé des récifs.

La Dr. Daniela Ceccarelli, responsable de la section poissons du LTMP, mentionne que la réputation de l’équipe a été un facteur majeur dans sa décision de rejoindre l’initiative, soulignant que le LTMP est réputé pour sa capacité à innover dans le suivi des récifs et que l’équipe est à la fois compétente et expérimentée. Ian Miller, scientifique retraité du AIMS et membre le plus ancien de l’équipe, a passé 32 ans dans le programme, estimant avoir effectué environ 21 000 trajets manta et 3 000 plongées.

Importance du Suivi

La dégradation des récifs ne se produit pas instantanément. Les tempêtes, le blanchissement, les maladies et les épidémies de couronnes d’épines peuvent transformer les récifs au fil des ans. Il est donc crucial pour les scientifiques d’utiliser des méthodes rigoureuses pour comprendre les changements en cours.

Les récifs coralliens protègent les côtes, soutiennent la pêche et le tourisme, tout en préservant la biodiversité marine sur laquelle dépendent de nombreuses communautés locales et leurs économies. Ceccarelli résume bien ce lien en déclarant que l’on doit tant à l’océan, notamment l’oxygène que nous respirons, notre alimentation, et la protection de nos côtes, faisant ainsi des récifs un élément précieux.

Jonker se souvient de certains récifs qu’elle a connus, jadis riches en coraux, maintenant dévastés par le blanchissement et les attaques de couronnes d’épines. Ces données, soigneusement mesurées, fournissent aux décideurs, aux groupes de conservation et aux communautés côtières des informations essentielles pour leurs actions.

Ce qui est en cours

AIMS maintient le programme grâce à des relevés réguliers, des observateurs formés, et des sites de récifs permanents permettant de comparer les conditions d’une année à l’autre. Les nouveaux chercheurs effectuent des trains de calibrage aux côtés des scientifiques plus expérimentés pour garantir la consistance des méthodes.

De plus, le rôle des nouvelles technologies est de plus en plus marquant. Jonker évoque l’utilisation de l’IA de ReefCloud pour le traitement et l’analyse des données. De meilleures technologies satellitaires permettent également aux chercheurs en mer de rester en contact avec leur famille et de continuer leur travail, même par mauvais temps.

Les navires modernes et un accent accru sur la sécurité en mer ont transformé l’expérience par rapport aux débuts du programme, où les équipes faisaient face à des espaces restreints, des souffrances de rationnement d’eau douce, et naviguaient sans GPS. Ceccarelli confie : “Travailler sur le LTMP me fait réaliser que j’appartiens à quelque chose de plus grand qu’un simple voyage ou point de données.” Miller, quant à lui, souligne l’importance de la collaboration humaine, notant : “Les personnes avec qui j’ai travaillé étaient dévouées et très intelligentes. Elles ont une passion pour leur travail.”

FAQ

Quelle est la durée moyenne des sorties en mer pour les scientifiques ?

Les scientifiques passent jusqu’à 120 jours par an en mer, ce qui implique une forte intensité de travail.

Que mesure le Programme de Suivi à Long Terme en plus des coraux ?

En plus des coraux, les relevés incluent le blanchissement, le nombre de requins, les populations de poissons, et les maladies coralliennes.

Quel impact les récifs coralliens ont-ils sur les économies locales ?

Les récifs coralliens protègent les côtes, soutiennent la pêche et le tourisme, et sont essentiels à la biodiversité marine, ce qui en fait une ressource cruciale pour les économies locales.

Comment le programme maintient-il la qualité de ses données au fil des ans ?

Le programme utilise des méthodes standardisées, des relevés réguliers, et forme des observateurs pour garantir la cohérence des données.

Quels outils technologiques sont utilisés dans le suivi du récif ?

Le programme utilise l’IA de ReefCloud pour l’analyse des données, ainsi que des technologies satellitaires pour garder les chercheurs connectés en mer.

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