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Des Nuages Chimiques Invisibles: Les Microplastiques contaminent Rivieres et Océans

Des Nuages Chimiques Invisibles: Les Microplastiques contaminent Rivieres et Océans

Des révélations nouvelles sur les microplastiques et leur impact

Des chercheurs ont récemment effectué des découvertes cruciales concernant la libération de matière organique dissoute par les microplastiques dans les eaux naturelles. Cette matière, qui se révèle être à la fois dynamique et chimiquement complexe, évolue avec le temps, particulièrement sous l’effet de l’ensoleillement. Grâce à des techniques moléculaires avancées, l’étude a démontré que plusieurs types de plastiques produisent des signatures chimiques distinctes, qui diffèrent de celles trouvées dans les rivières naturelles.

Composition et variations des microplastiques

Les scientifiques ont observé que des filaments de microplastiques qui flottent dans les rivières, les lacs et les océans relâchent lentement une vaste gamme de produits chimiques organiques dissous dans l’eau. L’étude révèle que ces substances évoluent en fonction du temps, le soleil exerçant une influence majeure sur leur formation et leur décomposition.

Une recherche publiée dans la revue New Contaminants a examiné quatre types de plastiques largement utilisés, comparant les produits chimiques qu’ils émettent à la matière organique dissoute naturellement présente dans les rivières. En utilisant des techniques modernes comme la spectroscopie de fluorescence, la spectrométrie de masse à haute résolution, et l’analyse infrarouge, les chercheurs ont confirmé que chaque type de plastique génère une signature chimique unique, qui change lorsque le soleil altère la surface des polymères.

Impact de la lumière sur les plastiques

Le chercheur principal, Jiunian Guan, de l’Université Normale du Nord-Est, a souligné que les microplastiques ne se contentent pas de polluer les milieux aquatiques sous forme de particules visibles ; ils génèrent également un plume chimique invisible qui évolue au fur et à mesure de leur dégradation. D’après les résultats de l’étude, le soleil est le moteur principal de ce processus, et les molécules relâchées par ces plastiques présentent des caractéristiques très différentes de celles qui se forment naturellement dans les rivières et les sols.

Les chercheurs ont analysé des microplastiques constitués de différents matériaux tels que le polyéthylène et le PET, en les plaçant dans l’eau sous des conditions d’obscurité et de lumière ultraviolette pendant jusqu’à 96 heures. L’exposition à la lumière a considérablement augmenté la quantité de carbone organique dissous libérée par tous les types de plastiques, notamment ceux pensés pour être biodégradables comme le PLA et le PBAT, qui ont relâché les niveaux les plus élevés en raison de leur structure chimique moins stable.

Complexité chimique des matières organiques dissoutes

Les chercheurs ont également mis en évidence que les matières organiques dissoutes dérivées des microplastiques se caractérisent par un mélange diversifié de molécules provenant d’additifs, de monomères, et de fragments oxydés. Par exemple, les plastiques comme le PET et le PBAT ont produit des mélanges particulièrement complexes.

En analysant la composition, ils ont constaté qu’au fur et à mesure que les plastiques se dégradaient, les groupes fonctionnels contenant de l’oxygène augmentaient, ce qui signifie que des alcools, des carboxylates, des éthers et des carbonyles se formaient. Certains additifs tels que les phtalates ont également été décelés, ce qui correspond à leur faible liaison dans les matrices polymériques.

Les analyses de fluorescence ont établi que la matière organique dissoute des microplastiques ressemble davantage à celle produite par une activité microbienne que par des sources terrestres, contrastant fortement avec la matière organique naturellement présente.

Conséquences environnementales des microplastiques

Les mélanges chimiques en constante évolution émis par les microplastiques pourraient affecter les écosystèmes aquatiques de plusieurs façons. Composée de petites molécules biodisponibles, la matière organique issue des microplastiques pourrait potentiellement stimuler ou inhiber l’activité microbienne, modifier le cycle des nutriments, ou encore interagir avec des métaux et d’autres polluants. Des études antérieures avaient démontré que cette matière organique pouvait aussi générer des espèces d’oxygène réactif, influencer la formation de sous-produits de désinfection et modifier l’adsorption des polluants.

Shiting Liu, co-auteur de l’étude, a insisté sur le fait qu’il est essentiel de considérer l’ensemble du cycle de vie des microplastiques dans l’eau, en incluant les produits chimiques dissous qu’ils libèrent. Avec l’augmentation continue de la production de plastiques à l’échelle mondiale, ces substances dissoutes pourraient revêtir une importance environnementale de plus en plus marquée.

Vers des outils prédictifs pour la chimie de la pollution plastique

Face à la complexité et à la nature dynamique de la matière organique dissoute issue des microplastiques, les chercheurs suggèrent que les approches de l’apprentissage machine pourraient aider à prédire l’évolution de ces matériaux dans l’environnement. De futurs modèles pourraient soutenir les évaluations des risques liés à la santé aquatique, au comportement des contaminants et au cycle du carbone.

Les auteurs notent que les entrées de microplastiques dans les rivières et les océans demeurent en grande partie non régulées. À mesure que les plastiques continuent de se fragmenter et de se dégrader sous l’effet du soleil, la libération de matière organique dissoute dérivée des microplastiques devrait s’intensifier, rendant impératif de comprendre leur comportement chimique à différents stades de dégradation.

FAQ

Quels types de plastiques ont été étudiés dans la recherche ?

Les chercheurs se sont concentrés sur quatre plastiques couramment utilisés : le polyéthylène, le polyéthylène téréphtalate (PET), l’acide polylactique (PLA), et le polybutylène adipate co téréphtalate (PBAT).

Quelle est la principale conclusion de l’étude ?

L’étude souligne que les microplastiques émettent une matière organique très différente de celle naturellement présente dans les rivières, modifiant ainsi notre compréhension de la pollution aquatique.

Comment les microplastiques affectent-ils la microbiologie des eaux ?

La matière organique dissoute dérivée des microplastiques peut influencer l’activité microbienne, ayant un impact significatif sur les écosystèmes aquatiques.

Pourquoi est-il important de surveiller les microplastiques ?

Avec l’augmentation de la pollution plastique et son impact potentiel sur les écosystèmes aquatiques, il est crucial de surveiller les produits chimiques dissous libérés par les microplastiques pour comprendre leur impact sur l’environnement.

Quelle recherche future pourrait être dérivée de cette étude ?

L’application de l’apprentissage machine pour modéliser la dynamique de la matière organique dissoute pourrait offrir des outils importants pour prédire et évaluer les risques associés à la pollution plastique.

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