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Ce Dinosaure, aux Griffes de Raptor, Chassait Comme un Héron.

Ce Dinosaure, aux Griffes de Raptor, Chassait Comme un Héron.
Reconstitution de Kank par l’artiste Gabriel Díaz Yantén. Crédit : Gabriel Díaz Yantén

Découverte fascinante en Patagonie

Des scientifiques viennent de mettre au jour une nouvelle espèce de dinosaure, un rapace piscivore de Patagonie, qui aurait chassé ses proies de manière semblable à celle d’un héron préhistorique. Ce dinosaure, baptisé Kank australis, offre une perspective inédite sur le mode de vie des ancêtres des rapaces durant la dernière partie de l’ère des dinosaures. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer des prédateurs redoutables, Kank semblait principalement concentré sur la chasse aux poissons dans des environnements d’eau douce, se rapprochant davantage des hérons modernes que des redoutables prédateurs terrestres que l’on associe souvent aux rapaces.

Cette espèce a été identifiée à partir de fossiles comprenant des dents, des vertèbres et des os de doigts. Kank a vécu il y a environ 70 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui le sud de l’Argentine. Il appartient à un groupe de dinosaures appelés unenlagiids, une famille regroupant des théropodes de taille petite à moyenne, connus à partir des roches du Crétacé tardif en Amérique du Sud, en Antarctique, en Australie et à Madagascar.

Les chercheurs ont pour cela comparé Kank australis à une espèce apparentée, Neuquenraptor argentinus, qui habitait le nord de la Patagonie environ 90 millions d’années auparavant. Ils estiment que les adultes de cette nouvelle espèce mesuraient environ 2,5 à 3 mètres de long.

Cette découverte a été rapportée par le Dr. Matías Motta du Musée national des sciences naturelles Bernardino Rivadavia à Buenos Aires et son équipe dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

Un environnement paléogéographique riche

Selon le Dr. Motta, l’environnement dans lequel évoluait Kank était particulièrement riche, parsemé de rivières sinueuses, de ruisseaux et d’étangs saisonniers. Ce paysage était habité par de nombreuses plantes aquatiques, comme les nénuphars, ainsi que par une grande variété d’animaux, dont des poissons, des insectes et des mollusques.

Des indices provenant de fossiles de plantes et de sols anciens révèlent que la région de la Patagonie était très différente il y a 70 millions d’années. À cette époque, le climat y était tempéré et humide, avec des précipitations saisonnières, en contraste avec les conditions froides et relativement sèches que l’on observe actuellement.

Un mode de chasse unique

Les os fossilisés de Kank fournissent également des indications sur son comportement. Les vertèbres de son cou présentent des structures spécialisées liées à l’attachement musculaire et à la protection des vaisseaux sanguins, similaires à celles observées chez les oiseaux modernes, en particulier les hérons, qui nécessitent des mouvements précis et flexibles du cou.

Le Dr. Motta souligne que ces caractéristiques laissent penser que Kank était un chasseur actif, contrairement à l’image souvent stéréotypée des rapaces tels que Velociraptor, un prédateur terrestre agile. Cette découverte renforce l’idée que de nombreux unenlagiids ont pu se spécialiser dans la capture de poissons plutôt que dans la chasse à terre.

Combler un vide dans l’évolution

La découverte de Kank australis permet aussi de mieux comprendre la répartition des unenlagiids en Amérique du Sud. Bien que sept espèces aient déjà été identifiées dans le nord de la Patagonie, les fossiles du sud étaient trop fragmentaires. Kank comble ce vide en reliant les enregistrements connus du nord et de l’Antarctique, prouvant que cette famille de dinosaures était bien dispersée sur différents latitudes du continent.

Les fossiles ont été trouvés dans la ferme La Anita, près d’El Calafate, dans la province argentine de Santa Cruz. Le Dr. Motta mentionne que des fouilles sont menées depuis 2018, révélant une grande variété de fossiles d’animaux et de plantes. La route vers l’identification de l’espèce a été longue, débutant avec la découverte de restes fragmentaires en 2018, avant de récupérer un élément clé en 2024 : une vertèbre cervicale qui a permis de confirmer qu’il s’agissait d’un nouveau dinosaure de la lignée des unenlagiids.

Qu’est-ce qui distingue Kank ?

En dépit de ses ressemblances avec ses parents, Kank australis présente une particularité avec des dents dotées de crêtes longitudinales prononcées et des vertèbres cervicales aérées, caractéristiques que l’on retrouve rarement chez les autres unenlagiids. Ce dinosaure était également plus léger par rapport à certaines espèces apparentées. Comparé à d’autres unenlagiids du Crétacé tardif, tel que Austroraptor cabazai, qui mesurait environ 5 mètres, Kank est plus petit et plus élancé.

Des preuves d’un régime alimentaire piscivore

Les scientifiques pensent que Kank se nourrissait principalement de poissons, ce qui corrobore l’idée que les unenlagiids occupaient un rôle écologique similaire à celui des oiseaux échassiers modernes. Ses longs museaux, ses nombreuses dents et ses cous flexibles indiquent des adaptations pour la pêche, à l’image des hérons actuels. Les restes de Kank ont été trouvés aux côtés de fossiles de poissons, renforçant cette théorie.

Cependant, il est probable que Kank ne se limitait pas à un régime exclusivement piscivore, car la région abritait également des grenouilles, des tortues, des lézards et des petits mammifères, qui auraient pu également faire partie de son alimentation. Un mammifère marquant de la région était Patagorhynchus pascuali, un monotreme semi-aquatique apparenté aux échidnés et aux ornithorynques.

Kank cohabitait également avec des prédateurs de plus grande taille, comme Maip macrothorax, un redoutable dinosaure megaraptorid mesurant plus de 10 mètres, capable de le chasser.

Origine du nom

Le nom du genre Kank rend hommage à une figure mythologique des Aonikenk, le groupe indigène le plus au sud parmi les peuples Tehuelche de Patagonie. Ce terme évoque un vieux grand rhea (oiseaux sud-américains incapables de voler) dont les empreintes de pas semblaient dessiner une constellation dans le ciel, connue sous le nom de Choiols. C’est cette constellation, appelée en latin Crux ou Croix du Sud, qui désigne la région la plus australe de la planète où Kank a été découvert. Quant à l’appellation australis, elle signifie “du sud”, faisant également référence au lieu de la découverte des fossiles.

Vers de futures découvertes

Les chercheurs prévoient de poursuivre les fouilles dans la Formation Chorrillo, où cette nouvelle espèce a été trouvée. Le site offre une mine d’informations sur l’environnement du Crétacé tardif en Patagonie. Le Dr. Motta insiste sur l’importance de continuer ces excavations pour mieux saisir la biologie et le rôle écologique de Kank. Parallèlement, l’équipe analyse des fossiles provenant de quatre sites dans le nord de la Patagonie, ce qui pourrait indiquer une large répartition des unenlagiids durant cette période.

Le Dr. Motta exprime son intérêt pour explorer les écosystèmes où ces créatures ont prospéré, en particulier dans des environnements dominés par des prédateurs apex tels que les abelisaurids et les megaraptorans.

FAQ

Quelle était la taille de Kank australis ?

Kank mesurait environ 2,5 à 3 mètres, soit environ 8 à 10 pieds de long à l’âge adulte.

Quels autres animaux cohabitaient avec Kank ?

Ce dinosaure partageait son habitat avec des prédateurs tels que Maip macrothorax et d’autres espèces, notamment des grenouilles, des tortues et de petits mammifères.

Où ont été découverts les fossiles de Kank ?

Les fossiles ont été trouvés à la ferme La Anita, près d’El Calafate, dans la province de Santa Cruz, en Argentine.

En quoi Kank se distingue-t-il d’autres dinosaures rapaces ?

Kank possède des dents avec des crêtes longitudinales marquées et des vertèbres cervicales avec des chambres d’air, des caractéristiques moins communes chez d’autres dinosaures rapaces.

Pourquoi le nom de Kank a-t-il été choisi ?

Le nom rend hommage à un personnage de la mythologie Aonikenk, représentant un grand oiseau dont les pas marquaient le ciel, reliant ainsi le dinosaure à l’identité culturelle de la région.

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