Découverte scientifique : un nouveau potentiel pour lutter contre l’obésité
Récemment, des chercheurs ont mis en lumière une méthode qui semble être un véritable “truc” pour la perte de poids, du moins chez des souris suralimentées en laboratoire. Grâce à une technique de sondage ultrasonore ciblé, semblable à celle utilisée pour l’imagerie médicale, les souris ont rapidement retrouvé un poids plus sain. Cette découverte a été rapportée dans un article publié dans le journal Scientific Reports au début du mois.
Les souris qui suivaient un régime alimentaire plus équilibré n’ont montré aucune réaction au traitement, ce qui laisse supposer que cette méthode pourrait agir spécifiquement sur le surpoids plutôt que sur la perte de poids en général.
Perspectives d’application chez l’humain
Le chemin est encore long avant que cette méthode puisse être testée sur des humains. Sangeeta Chavan, professeure à l’Institut de Médecine Bioélectronique des Feinstein Institutes for Medical Research et auteure de l’étude, a exprimé son espoir que cette technique puisse offrir une aide dans le traitement de l’obésité et même prévenir le diabète, sans recours à des médicaments ou à des procédures invasives.
L’étude, réalisée en collaboration avec la recherche GE, s’appuie sur les travaux antérieurs de Chavan qui avaient exploré les voies biologiques reliant le cerveau à nos organes. À cette occasion, elle avait démontré que la stimulation d’organes comme la rate et le foie par des ultrasons ou de l’électricité entraînait une activité dans des régions spécifiques du cerveau. Ses résultats ont été publiés en 2019 dans Nature Communications.
Mécanisme d’action
Chavan a expliqué que leur étude a révélé que l’utilisation d’ultrasons ciblés peut induire une neuromodulation dans des zones précises du cerveau. Cette capacité à contrôler l’activité cérébrale depuis l’extérieur du corps représente un exploit scientifique significatif. L’équipe a noté que l’exposition quotidienne du foie d’une souris aux ultrasons pendant huit semaines semblait stimuler une partie du cerveau, le fondateur d’hypothalamus, qui régule le métabolisme du glucose. La stimulation semblait augmenter le métabolisme, ce qui a conduit les souris à brûler rapidement les excès de poids résultant d’un régime riche en graisses et en calories.
Chavan a précisé que seuls les souris obèses réagissaient positivement à cette méthode. Les souris saines, quant à elles, ne perdaient pas de poids à la suite de la stimulation ultrasonore, et aucun effet secondaire n’a été constaté dans ce contexte.
Implications potentielles pour le diabète
Chavan est enthousiaste à l’idée que ces stimulations ultrasonores pourraient également retarder l’apparition du diabète chez les humains, surtout en considérant que l’obésité peut engendrer une résistance à l’insuline, catalyseur du diabète de type 2.
Elle soutient que si l’on parvient à améliorer le métabolisme du glucose, on pourrait arrêter ce cycle avant même qu’il ne commence. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un remède contre le diabète, cette approche pourrait prévenir l’apparition de la maladie.
Challenges et scepticisme
Bien sûr, ces assertions sont ambitieuses et ne font pas consensus. Le parcours entre les modèles animaux et les traitements applicables aux humains est semé d’embûches. De nombreux traitements prometteurs n’ont pas réussi à franchir cette étape cruciale. En particulier dans le cas du diabète, il est essentiel de simuler la maladie chez les animaux et de vérifier si les résultats sont cohérents chez les humains.
Allyson Hughes, scientifique spécialisée dans le diabète de type 1, met en garde contre les conclusions immédiates. Bien qu’elle se réjouisse des résultats de l’étude, elle souligne que des études supplémentaires sur un plus grand nombre de souris, et éventuellement chez l’humain, sont nécessaires avant de tirer des conclusions définitives.
Elle insiste sur l’importance des modèles animaux dans la recherche, mais rappelle qu’ils ne représentent qu’un élément de la recherche en développement de traitements. Elle note par ailleurs que le développement d’un nouveau médicament aux États-Unis coûte en moyenne environ un milliard de dollars, illustrant les défis très réels associés à la mise au point de traitements efficaces.
Conclusion
Il sera fascinant de voir comment cette méthode ultrasonore pourrait être appliquée chez des humains si ces essais voient le jour. Toutefois, Chavan avertit qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. Même si cette technique parvient à faire perdre du poids, cela ne garantit pas qu’elle ait un impact positif sur le diabète.
Elle conclut en expliquant : “Les gens imaginent qu’il s’agit d’une baguette magique, mais ce n’est pas le cas. Lorsqu’on développe ce type de technologie, il est essentiel d’assurer une consistance dans le traitement.”
FAQ
Quels sont les risques associés à l’utilisation des ultrasons pour la perte de poids ?
Les études actuelles n’ont pas rapporté d’effets secondaires significatifs, mais il est essentiel de mener davantage de recherches approfondies avant d’appliquer cette méthode sur les humains.
Comment les ultrasons peuvent-ils affecter le métabolisme ?
Les ultrasons stimulent des zones spécifiques du cerveau, entraînant une modulation de l’activité cérébrale qui pourrait augmenter le métabolisme et aider à brûler l’excès de graisse.
Quels sont les prochains pas pour cette recherche ?
Des études supplémentaires sont nécessaires pour tester cette méthode sur un plus grand nombre de modèles animaux et, éventuellement, sur des sujets humains, afin d’évaluer son efficacité et sa sécurité.
D’autres études similaires existent-elles ?
Oui, d’autres recherches ont examiné des techniques de stimulation par ultrasons pour diverses applications médicales, mais cette étude est particulièrement axée sur la perte de poids et la prévention du diabète.
Combien de temps pourrait-il falloir avant que cette recherche débouche sur des traitements effectifs ?
L’acheminement des recherches des modèles animaux aux traitements humains peut prendre plusieurs années, voire des décennies, en fonction des résultats des études à venir.
