Santé

Des nanobots en ADN capables de transporter et trier des cargaisons moléculaires.

Des nanobots en ADN capables de transporter et trier des cargaisons moléculaires.

Des robots en ADN

Les scientifiques exploitent de plus en plus l’ADN pour concevoir des structures à des échelles microscopiques, une technique souvent appelée origami ADN. L’ADN, grâce à sa capacité à conserver d’énormes quantités d’informations, permet de créer des structures qui peuvent administrer des médicaments dans le corps ou transporter des outils de modification génétique. Récemment, une équipe de chercheurs a développé un nouveau type de robot à base d’ADN, capable de se déplacer et de soulever des charges à l’échelle nanométrique. Cette avancée a été détaillée dans un article publié dans la revue Science.

Une avancée fascinante

Lulu Qian, professeur de bio-ingénierie au California Institute of Technology et co-auteur de l’étude, a déclaré : « Comme les robots électromécaniques sont envoyés dans des endroits éloignés tels que Mars, nous souhaitons utiliser des robots moléculaires pour accéder à des zones microscopiques inaccessibles à l’homme, comme la circulation sanguine. » L’objectif était de concevoir un robot moléculaire capable d’exécuter une tâche nanomécanique complexe, comme le tri de cargaisons.

Création d’un robot ingénieux

Les chercheurs ont eu l’idée de créer des robots capables de ramasser et de trier des molécules dans un espace défini. Pour cela, ils ont conçu un robot en ADN en trois parties, constitué d’un seul brin d’ADN. Ce robot était équipé d’une “jambe” avec des pieds pour l’aider à se déplacer, d’un “bras” avec une “main” pour transporter des charges, et d’un troisième élément pour signaler à la main quand il devait déposer sa cargaison.

Illustration conceptuelle d’un robot ADN triant deux types de cargaisons. Avec une certaine licence artistique. Crédit image : Ella Maru Studio (www.scientific-illustrations.com)

Évaluation des performances du robot

Pour évaluer les capacités de leur robot, les chercheurs ont élaboré une plateforme comportant une grille de brins d’ADN à laquelle le robot pouvait s’attacher avec un pied, tandis que l’autre pouvait se balancer librement à la recherche d’autres brins. Ainsi, le robot prenait environ cinq minutes pour effectuer un pas de six nanomètres. Lorsqu’il rencontrait des charges, notamment des molécules de teinture de couleur jaune ou rose, il savait qu’il devait les ramasser et les livrer à un emplacement défini en fonction de leur couleur. Ce processus se poursuivait jusqu’à ce que toutes les charges soient triées ; après 24 heures, le robot avait réussi à trier trois molécules de chaque couleur.

Après plusieurs essais, les chercheurs ont réussi à obtenir des robots capables de livrer leurs charges avec une précision atteignant 80 %.

Petits robots, grandes applications

Les nanobots développés peuvent être configurés de façon variée. De nombreux bots peuvent opérer dans le même espace en même temps, sans interférer avec les missions des autres, ou ils peuvent être conçus pour interagir ensemble. Cependant, pour qu’ils soient réellement fonctionnels, ces robots doivent gagner en vitesse. Les scientifiques envisagent d’ajouter des “queues” ou des moteurs pour les rendre plus rapides.

Selon John H. Reif, professeur d’informatique à Duke University, cette avancée réside principalement dans la méthodologie employée : « Des systèmes similaires pourraient accomplir des tâches plus complexes, comme exécuter une synthèse chimique en parallèle », a-t-il mentionné dans un éditorial accompagnant l’article de Science.

Bien que Qian ait précisé que les robots n’étaient pas conçus dans un but précis, elle est convaincue que de futurs chercheurs découvriront des applications pertinentes pour ceux-ci. Elle a exprimé l’espoir que ces principes puissent être utilisés pour des applications innovantes, comme la synthèse de produits chimiques thérapeutiques dans des usines moléculaires artificielles ou le tri de composants moléculaires pour le recyclage.

Un futur prometteur pour l’exploration spatiale

Ces avancées pourraient devenir des atouts précieux lors de nos explorations spatiales. Les astronautes en voyage intergalactique pourraient ainsi avoir ces bots dans leur circulation sanguine, restant inactifs jusqu’à ce qu’ils reçoivent un signal pour libérer un médicament nécessaire.

FAQ

Quelles sont les applications potentielles des robots ADN ?

Ils pourraient être utilisés pour administrer des médicaments dans le corps, réaliser des synthèses chimiques complexes ou recycler des matériaux en triant les composants.

Comment fonctionnent ces robots à base d’ADN ?

Ils se déplacent en s’attachant à des brins d’ADN et peuvent ramasser des molécules en fonction de leur couleur pour les trier.

Quels défis les chercheurs rencontrent-ils avec les nanobots ?

L’un des principaux défis reste la vitesse d’opération. Les chercheurs cherchent des moyens d’accélérer leurs mouvements pour les rendre plus efficaces.

Les robots en ADN sont-ils déjà utilisés en pratique ?

Actuellement, ils sont encore en phase de recherche. Cependant, les scientifiques croient en leur potentiel à l’avenir pour diverses applications médicales et industrielles.

Les robots peuvent-ils interagir entre eux ?

Oui, les chercheurs envisagent des configurations où plusieurs robots peuvent travailler ensemble dans un même espace sans se gêner.

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