Santé

Des scientifiques alertent sur la transmission de la maladie d’Alzheimer par des hormones de croissance extraites de cadavres.

Des scientifiques alertent sur la transmission de la maladie d'Alzheimer par des hormones de croissance extraites de cadavres.

Découvertes inédites sur la transmission de la maladie d’Alzheimer

Des chercheurs ont récemment annoncé avoir identifié les premiers cas connus de transmission de la maladie d’Alzheimer entre humains. Bien que ces cas soient extrêmement rares et se soient produits dans des conditions très particulières, ils pourraient offrir des pistes prometteuses pour comprendre les mécanismes sous-jacents de cette maladie dévastatrice.

Étude remarquable et résultats surprenants

Ces conclusions ont été publiées dans un article de la revue Nature Medicine. Selon l’étude, huit patients adultes, dont seulement cinq sont encore en vie, auraient contracté la maladie suite à une procédure médicale interdite réalisée dans leur enfance. Cette procédure consistait à leur administrer de l’hormone de croissance humaine, extraite du cerveau de cadavres. Des décennies après cette intervention, ces individus présentent des signes précoces de démence, certains développant des symptômes à partir de l’âge de 38 ans.

Les chercheurs mettent en lumière que cette pratique aurait permis la transmission d’une protéine appelée amyloïde bêta, qui joue un rôle clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, ils soulignent que cela ne signifie pas que la maladie se propage comme un virus, par exemple, en toussant ou en étant en contact étroit avec une personne infectée.

Risques médicaux et procédures obsolètes

L’équipe insiste sur le fait que ces cas restent des exceptions, la majorité des circonstances entourant ce phénomène étant liées à des pratiques médicales qui ne sont plus en usage aujourd’hui. John Collinge, l’un des auteurs principaux de l’étude et directeur de l’Institut des maladies à prions de l’Université de Londres, a précisé dans un communiqué de presse que ces événements sont très rares.

L’utilisation d’hormones de croissance issues de cadavres a été prohibée dans les années 1980 en raison de l’apparition d’une autre maladie neurologique inquiétante, la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), liée à des protéines mal conformées appelées prions. Cette maladie, à la fois semblable à l’Alzheimer par ses effets, est généralement plus grave et entraîne toujours la mort.

Liens entre Alzheimer et prions

Les chercheurs suggèrent que la transmission des beta-amyloïdes associés à l’Alzheimer pourrait suivre des mécanismes proches de ceux des maladies à prions, connues pour pouvoir se transmettre entre humains. Selon Collinge, le processus observé dans la maladie d’Alzheimer présente de remarquables similarités avec celui des maladies à prions, notamment en ce qui concerne la propagation d’agrégats anormaux de protéines.

Un point essentiel de l’étude est que, bien que tous les patients aient développé des symptômes à un âge relativement précoce, aucun d’entre eux ne présentait de mutations génétiques connues pour causer des démences précoces. Seul un patient avait des données génétiques suggérant un risque de démence à un âge avancé.

Constatations et perspectives

Les niveaux de la protéine tau, liés au déclin cognitif, étaient également normaux chez ces patients. Actuellement, le seul dénominateur commun entre eux est la procédure d’hormone de croissance qu’ils ont subie. Cependant, étant donné la rareté de ces cas, il sera difficile de confirmer les conclusions de cette étude. Néanmoins, ces résultats soulèvent des questions importantes concernant la nature de l’Alzheimer, dont la cause reste encore mal comprise.

FAQ

Qu’est-ce que l’amyloïde bêta et quel est son rôle dans la maladie d’Alzheimer ?

L’amyloïde bêta est une protéine qui s’accumule dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces dépôts contribuent à la formation de plaques, perturbe la communication entre les neurones et déclenche une inflammation, ce qui peut mener à la mort cellulaire.

Pourquoi la procédure d’hormone de croissance a-t-elle été interdite ?

Cette procédure a été interdite à cause des risques associés à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, qui est mortelle. La transmission de prions via des tissus humains a conduit à des inquiétudes majeures quant à la sécurité des traitements médicaux à base de cadavres.

Peut-on considérer la maladie d’Alzheimer comme contagieuse ?

Non, Alzheimer n’est pas contagieuse. Cette étude montre une transmission liée à des circonstances médicales spécifiques et ne se produit pas dans la vie quotidienne, comme avec des infections virales.

Quelles sont les autres causes connues de la maladie d’Alzheimer ?

Les chercheurs identifient divers facteurs de risque, notamment l’âge, la génétique, des antécédents familiaux, des traumatismes crâniens et des comorbidités comme les maladies cardiovasculaires, qui peuvent contribuer à son développement.

Quel est l’impact de cette découverte sur les recherches futures concernant la maladie d’Alzheimer ?

Ces découvertes soulignent la nécessité d’explorer davantage les mécanismes de transmission et de développement de la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à de nouvelles avenues de recherche pour prévenir ou traiter cette maladie complexe.

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