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Waymo débarque à Philadelphie, où un petit robot avait été mis en pièces par des habitants en colère

Waymo débarque à Philadelphie, où un petit robot avait été mis en pièces par des habitants en colère

Philadelphie a la réputation d’aimer ses symboles locaux et de protéger farouchement son territoire. L’arrivée prochaine des taxis autonomes de Waymo réveille des souvenirs très vifs : le petit robot hitchBOT, autrefois détruit en ville, est encore dans toutes les mémoires. Résultat : curiosité, sarcasme et méfiance s’entrecroisent.

Un passé robotique qui laisse des traces

En 2015, le robot autostoppeur hitchBOT traversait des pays grâce à la bienveillance des passants. Son aventure s’est brutalement arrêtée à Philadelphie, où il a été vandalisé peu après son arrivée. Depuis, cet épisode est devenu une sorte de légende locale, souvent racontée avec un mélange d’ironie et d’avertissement : ici, les machines qui débarquent sans y être invitées risquent de ne pas faire long feu.

Waymo arrive, mais en mode très encadré

La filiale d’Alphabet, Waymo, a décidé de tester ses voitures sans conducteur dans la ville. Contrairement à ce qui se passe dans certaines zones où le service est déjà accessible, la phase philadelphienne est pour l’instant limitée : des conducteurs de sécurité humains restent au volant, les itinéraires sont observés et cartographiés, et il n’est pas encore possible de héler ces véhicules. L’objectif est d’apprendre le terrain avant d’imaginer un lancement plus large.

Ce choix intervient alors que, il y a peu, des oppositions musclées ont visé des robotaxis à Los Angeles. À Philadelphie, les réactions en ligne vont du trait d’humour caustique à la franche hostilité, beaucoup rappelant l’affaire hitchBOT comme un mauvais présage pour ces nouvelles voitures.

Une opinion publique partagée et bruyante

  • Des habitants disent attendre de voir, tout en pointant l’imprévisibilité de la circulation locale et la culture de la ville, peu patiente avec les intrus.
  • D’autres ironisent : si un simple robot a mal fini, que deviendra une Jaguar bardée de capteurs ?
  • Quelques voix rappellent aussi les incidents observés ailleurs et craignent des embouteillages, des blocages ou des comportements bizarres des véhicules en situation réelle.

Cette humeur mêlée — un mélange de fierté, de scepticisme et d’agacement — colle parfaitement à l’image de la ville : on teste, on jauge, et on ne fait pas de cadeau.

New York entre curiosité et prudence

En parallèle, New York accueille des trajets d’essai façon « road trip ». L’ambiance y est moins volcanique qu’à Philadelphie, mais la méfiance existe : on se souvient qu’un robot de voirie style « poubelle mobile » avait été bousculé dans Lower Manhattan. Là aussi, la cohabitation entre humains pressés et machines autonomes devra se gagner au quotidien.

Ce qui pourrait se passer ensuite

  • À court terme, collecte de données : Waymo observe, ajuste ses modèles et vérifie que ses systèmes comprennent la complexité locale (rues étroites, stationnement anarchique, météo, habitudes des piétons).
  • À moyen terme, tout dépendra des autorisations, de la sécurité démontrée et de l’acceptation du public. Un déploiement complet n’est pas garanti ni daté.
  • À long terme, si les tests se passent bien, la ville pourrait voir apparaître un service commercial, avec ou sans conducteur de sécurité, selon la réglementation.

L’enjeu réel

Au-delà des punchlines rappelant hitchBOT, la question est simple : les robots taxis peuvent-ils conduire sans incident dans un environnement urbain dense où les règles sont souvent « interprétées » ? Les prochains mois diront si la technologie sait vraiment s’adapter à l’âme rugueuse de Philadelphie et aux foules de New York.

FAQ

Comment fonctionnent ces taxis autonomes en pratique ?

Les véhicules utilisent une combinaison de lidar, caméras et radars pour percevoir l’environnement. Un logiciel fusionne ces données pour détecter piétons, cyclistes, véhicules et obstacles, puis planifie une trajectoire et une vitesse adaptées. En phase de test, un conducteur de sécurité peut reprendre la main à tout moment.

Qu’est-ce qu’un « conducteur de sécurité » ?

C’est un opérateur humain assis au volant pendant les essais. Il surveille le trajet, intervient si une situation devient ambiguë ou dangereuse, et signale les anomalies rencontrées pour améliorer le système.

Quelles autorisations sont nécessaires pour un service public ?

En général, il faut des feux verts de la part des autorités locales et étatiques : permis de test, règles d’assurance, exigences de reporting d’incidents, et parfois des consultations publiques. Les conditions peuvent varier d’une ville à l’autre.

Que faire si vous croisez un robotaxi et qu’il gêne la circulation ?

Restez prévisible : gardez vos distances, évitez les manœuvres brusques, et signalez tout incident via les canaux d’assistance du service (numéro sur le véhicule ou site de l’opérateur). En cas de danger immédiat, appelez les services d’urgence.

Les robotaxis enregistrent-ils des données sur les passants ?

Ces systèmes captent beaucoup d’informations visuelles et spatiales pour la conduite et l’analyse des performances. Les opérateurs publient en principe des politiques de confidentialité précisant l’usage, la durée de conservation et l’anonymisation des données. Si ce sujet vous préoccupe, consultez la documentation officielle et les règles locales de protection des données.

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