Éthique de la Collision
Récemment, deux incidents distincts en Californie impliquant des véhicules autonomes ont attiré l’attention. Le premier accident concerne une Tesla Model S, tandis que le second implique une Chevrolet Bolt utilisant la technologie de Cruise Automation de General Motors. Dans ces deux cas, les véhicules semblaient fonctionner avec leurs systèmes de conduite autonome.
Le 22 janvier, des officiers du service d’incendie de Culver City ont rapporté qu’une Tesla Model S avait percuté l’arrière de l’un de leurs camions de pompiers sur une autoroute. Selon les pompiers, la Tesla roulait à 105 km/h (65 mph) en mode Autopilot au moment de l’accident, comme indiqué dans un tweet.
Un mois plus tôt, en décembre 2017, une Chevrolet Bolt conduisant de manière autonome a heurté une moto lors d’un changement de voie. Selon un rapport d’incident soumis par GM au Département des véhicules motorisés de Californie, la Bolt a « effleuré le côté » de la moto. Le motard blessé a intenté un procès contre le constructeur américain, devenant ainsi le premier à le faire dans le cadre d’un accident impliquant une voiture autonome. Cet incident a récemment été rendu public.
Ces événements soulèvent une question récurrente : qui est responsable en cas d’accident ? Est-ce le conducteur ou les fabriquants qui ont conçu cette technologie autonome ?
Freinage d’Urgence
Déterminer la responsabilité lors d’accidents de voiture classiques est déjà complexe, et cela devient encore plus difficile avec l’introduction des véhicules autonomes. Il est important de noter que beaucoup de voitures qualifiées de « autonomes » ne sont pas complètement indépendantes et nécessitent encore l’intervention d’un conducteur.
Alain L. Kornhauser, directeur du programme de transport à l’université de Princeton, estime que dans ces deux incidents récents, une part de responsabilité incombe aux conducteurs. Cependant, il soutient que le système de Freinage d’Urgence Automatisé (AEB) doit être amélioré. Si un véhicule équipé de l’AEB détecte un risque de collision et que le conducteur ne réagit pas à temps, le véhicule doit freiner de lui-même. Selon Consumer Reports, les propriétaires de Tesla, Subaru et Infiniti sont particulièrement satisfaits des systèmes AEB de leurs véhicules.
Kornhauser critique l’approche de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), soulignant que leur méthode actuelle se concentre sur la réduction des accidents plutôt que sur leur prévention. “La mentalité de la NHTSA doit viser à éviter les collisions, pas seulement à les atténuer,” explique-t-il, appelant à un changement dans la conception des systèmes de sécurité.
Il ajoute que nous devons perfectionner le système AEB, ce qu’il appelle des « voitures à conduite sécurisée », avant de permettre aux conducteurs de retirer complètement leurs mains et pieds des commandes. Actuellement, la plupart des États exigent la présence du conducteur lors des tests de véhicules autonomes.
Pour que les voitures véritablement autonomes puissent circuler en toute sécurité, les caractéristiques de conduite doivent être parfaitement conçues. Kornhauser souligne que ces systèmes ne peuvent pas avoir de « responsable » en cas d’accident, ce qui incite les fabricants et les propriétaires de flottes à attendre que ces technologies soient perfectionnées avant de lancer des véhicules totalement autonomes.
Tesla et GM ne sont pas étrangers aux accidents impliquant des véhicules autonomes. La Californie, qui semble avoir une attitude plus favorable envers l’essai de ces véhicules, a enregistré plus de 30 accidents depuis 2014.
De nombreuses personnes estiment que ces incidents ne devraient en rien freiner la recherche sur les voitures autonomes, mais au contraire, servir à améliorer leur conception afin de sauver plus de vies à long terme.
FAQ
Quelle est la responsabilité juridique des conducteurs dans ces incidents ?
La responsabilité juridique peut varier selon les lois de l’État et la capacité de prouver que le système autonome était en fonctionnement au moment de l’accident.
Quels types de technologies de conduite autonome existent actuellement ?
Il existe plusieurs niveaux de systèmes de conduite autonome, allant de l’assistance à la conduite à des véhicules entièrement autonomes qui n’ont pas besoin d’un conducteur.
Comment la NHTSA définit-elle un « véhicule autonome » ?
La NHTSA définit un véhicule autonome comme un véhicule capable de naviguer sans intervention humaine, excepté pour des situations exceptionnelles.
Quels sont les avantages des systèmes AEB ?
Les systèmes AEB contribuent à réduire la gravité des accidents en freinant automatiquement en cas de collision imminente.
Pourquoi les essais de véhicules autonomes sont-ils essentiels ?
Les essais permettent de récolter des données sur le comportement des véhicules, d’identifier des améliorations nécessaires et de garantir une sécurité accrue pour le grand public.
