Intelligence Artificielle

Chute d’une Éminente Juriste de Yale Après des Accusations d’Intelligence Artificielle

Chute d'une Éminente Juriste de Yale Après des Accusations d'Intelligence Artificielle

L’essor des modèles de langage

Depuis le lancement de ChatGPT, le premier modèle de langage à grande échelle rendu public en novembre 2022, la technologie de l’intelligence artificielle (IA) a connu une croissance fulgurante. Aujourd’hui, on la retrouve omniprésente dans divers aspects de notre quotidien, que ce soit sur les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les plateformes de service client, ainsi que dans les entretiens d’embauche et les articles d’actualité.

La réalité des modèles de langage

Bien que présentés comme de l’« intelligence artificielle », ces modèles de langage ne possèdent pas d’intelligence propre. Ils s’apparentent plutôt à des algorithmes sophistiqués conçus pour donner l’illusion d’être intelligents, grâce à une ingénierie habile et à une grande quantité de données personnelles.

Un incident à l’université de Yale

Cette mécompréhension entourant l’intelligence artificielle a des conséquences concrètes, comme en témoigne la suspension de Helyeh Doutaghi, spécialiste du droit international, par l’administration de Yale. Cette décision a été prise en réponse à des propos d’un modèle de langage, sans rapport sûr ni fondé.

Doutaghi, connue pour son fervent soutien aux droits des Palestiniens, a rejoint Yale en tant que directrice adjointe d’un projet de droit et économie politique en 2023. Toutefois, sa carrière a été brusquement interrompue lorsque l’administration lui a interdit l’accès au campus et l’a mise en congé administratif, à la suite d’accusations la qualifiant de « terroriste » formulées par le blog Jewish Onliner, qui se décrit comme étant « renforcé par des capacités d’IA ».

Les accusations infondées

Ce blog a accusé Doutaghi d’être membre de Samidoun, un groupe international qui milite pour la visibilité des prisonniers politiques palestiniens. Bien qu’Israël ait désigné ce groupe comme organisation terroriste, une évaluation qui s’applique aussi à d’autres groupes comme Defense for Children International, les États-Unis, quant à eux, n’ont pas émis un tel jugement.

L’accusation émise par le blog a été largement fondée sur une apparente participation de Doutaghi à des panels soutenus par Samidoun. Dans une déclaration faite sur Mondoweiss, Doutaghi a nié être membre de cette organisation, précisant qu’elle avait été convoquée à une interrogation sur la base d’allégations générées par un modèle de langage d’extrême-droite.

Une réaction rapide et inquiétante

Doutaghi a mentionné avoir à peine eu quelques heures de préavis avant de se rendre à cet interrogatoire, tout en étant victime d’un déluge de harcèlement en ligne et de menaces de mort. Peu après, l’université a prononcé son congé administratif, coupant l’accès à son informatique, y compris son email, et lui interdisant le campus.

La rapidité avec laquelle les accusations fondées sur des algorithmes ont été utilisées contre Doutaghi suscite des inquiétudes concernant la liberté d’expression. En effet, ces événements surviennent alors que le gouvernement américain met en avant des initiatives, telles qu’un décret présidentiel, qui pourraient aboutir à la criminalisation des discours en faveur des droits palestiniens.

Une situation alarmante

En parallèle, un autre incident a récemment attiré l’attention. Mahmoud Khalil, un militant pro-palestinien, a été arrêté dans sa résidence à l’Université de Columbia par des agents de l’ICE. Cet événement fait partie d’une campagne du secrétaire d’État Marco Rubio pour surveiller et expulser les étudiants étrangers qui ont exprimé des sentiments contre Israël sur les réseaux sociaux.

Khalil, résident légal des États-Unis, a été séparé de sa femme enceinte et maintenu en détention sans charges précises, soulevant des questions sur la justification d’une telle action. Cette situation rappelle les périodes sombres où des activistes étaient persécutés en raison de leurs idéaux politiques, et cela, sans preuve tangible.

Conclusion troublante

L’utilisation de l’IA pour faire des accusations et des décisions administratives met en lumière un précédent inquiétant pour la liberté d’expression aux États-Unis. De nos jours, il semble que l’IA joue un rôle de plus en plus central dans ces processus, un phénomène qui doit être surveillé de près.

FAQ

Qu’est-ce que ChatGPT ?

ChatGPT est un modèle de langage développé par OpenAI, élu premier de sa catégorie à être accessible au public, permettant d’interagir avec l’IA dans un format conversationnel.

Comment les accusations infondées peuvent-elles affecter des personnes comme Doutaghi ?

Les accusations basées sur des informations générées par l’IA peuvent entraîner des conséquences graves, notamment la suspension d’emplois, des menaces physiques et des impacts psychologiques.

Quelles sont les sanctions possibles pour des discours pro-palestiniens aux États-Unis ?

La réglementation actuelle peut varier, mais certaines initiatives politiques, comme les décrets exécutifs, peuvent mener à des poursuites ou à la déportation d’individus exprimant des opinions jugées négatives à l’égard d’Israël.

Comment se passe la surveillance des discours en ligne ?

Des campagnes gouvernementales utilisent l’IA pour surveiller les médias sociaux, identifier des discours considérés comme nuisibles et informer des actions à prendre.

Quelles sont les implications éthiques de l’utilisation de l’IA dans des décisions administratives ?

L’application d’algorithmes pour prendre des décisions concernant des individus soulève des préoccupations éthiques, notamment le risque d’erreurs, de discrimination et de manque de transparence dans le processus décisionnel.

Quitter la version mobile