Énergie

Kayelekera : une détonation spectaculaire redonne vie à la mine d’uranium

Kayelekera : une détonation spectaculaire redonne vie à la mine d’uranium

Reprise des tirs de mine : ce qui change maintenant

Lotus Resources a réalisé le premier tir au carrière à ciel ouvert de Kayelekera au Malawi, étape clé qui marque le basculement progressif d’un traitement d’anciens stocks vers un approvisionnement en minerai fraîchement extrait. Ce jalon relance pleinement les opérations minières et maintient le projet sur une trajectoire visant une production stabilisée au début de 2026. Dans les prochaines semaines, la livraison de minerai issu de la reprise de l’extraction vers le stock tampon (“run-of-mine”) doit démarrer, afin de compléter le flux actuel provenant des stocks hérités des campagnes passées.

De la remise en service à la montée en puissance

Après la recommissioning de l’usine de traitement, la mine a produit ses premiers lots de yellowcake séché et conditionné en août 2025, en s’appuyant uniquement sur le minerai stocké. Ces stocks se sont révélés plus performants qu’attendu lors des premières campagnes de production. L’ajout de minerai neuf est désormais conçu pour soutenir la montée en cadence et sécuriser le volume d’alimentation de l’usine. L’objectif affiché est d’atteindre environ 200 000 livres d’U₃O₈ par mois au cours du premier trimestre 2026, avec une transition progressive des stocks existants vers une part croissante de minerai fraîchement abattu et transporté.

Ce qu’en dit la direction

Pour la direction, le démarrage des activités de forage-tir représente un jalon majeur pour Kayelekera. Le minerai déjà traité surpasse les attentes, et l’introduction d’un flux régulier de minerai neuf doit accélérer la rampe de production. Le groupe souligne le rôle de la planification méthodique et de la discipline opérationnelle dans la fluidité de ce passage de la remise en service à l’extraction à ciel ouvert.

Une mine relancée après un long arrêt

Kayelekera a débuté sa production d’uranium en 2009, avant de connaître une mise à l’arrêt en 2014 dans le sillage de l’effondrement des prix post-Fukushima. Le site a été repris par Lotus Resources en 2020, après plusieurs années de maintenance préventive. Depuis, un plan de redémarrage accéléré a abouti à la remise en état de l’usine en 2025, puis au premier tir marquant la reprise des activités minières. La mine affiche une ressource minérale d’environ 51,1 millions de livres d’U₃O₈ équivalent (incluant la ressource de Livingstonia) et a historiquement produit près de 11 millions de livres entre 2009 et 2014. Le capital est détenu à 85 % par Lotus et à 15 % par l’État du Malawi.

Accès au marché : l’accréditation progresse

Pour sécuriser des contrats d’approvisionnement à long terme, le produit doit être accrédité par les grands convertisseurs d’uranium. Des échantillons ont été envoyés à des acteurs situés aux États-Unis, au Canada et en France. Cette étape est décisive pour garantir l’acceptation commerciale du yellowcake issu de Kayelekera une fois le rythme de croisière atteint.

Enjeux pour l’économie malawite

Le retour en production de Kayelekera dépasse le cadre industriel : la mine fut l’un des plus importants projets miniers du Malawi, avec une contribution notable au PIB. Sa fermeture a mis en évidence la sensibilité aux cycles des matières premières et les conséquences sociales locales (emplois, activité des fournisseurs, services communautaires). La reprise en 2025, sous un actionnariat renouvelé et dans un contexte de marché de l’uranium plus porteur, vise à reconstruire ce rôle économique, avec une montée en charge graduelle et une plus grande stabilité opérationnelle.

Cap sur une production stabilisée en 2026

Le premier tir confirme l’alignement du projet sur son calendrier : franchir les dernières étapes techniques, enrichir l’alimentation de l’usine avec du minerai frais, poursuivre la rampe et atteindre un régime stable au début de 2026. Pour Lotus, il s’agit du progrès le plus tangible à Kayelekera depuis plus d’une décennie, et d’un pas de plus vers son ambition de devenir un producteur mondial d’uranium à un moment charnière pour le secteur de l’énergie.

FAQ

Qu’est-ce que le yellowcake ?

Le yellowcake est un concentré d’uranium, généralement sous forme d’U₃O₈, obtenu après broyage, lixiviation et purification du minerai. Il est séché, mis en fûts et expédié vers des usines de conversion pour être transformé en produits utilisables dans le cycle du combustible nucléaire.

Que signifie U₃O₈ et pourquoi l’utiliser comme référence ?

L’U₃O₈ est la forme chimique standard du concentré d’uranium commercialisé. Elle sert d’unité de référence pour exprimer les ressources, la production et les prix, facilitant la comparaison entre projets et marchés.

Quelles sont les priorités en matière de sûreté et d’environnement ?

Les exploitations d’uranium mettent l’accent sur la protection radiologique, la gestion des eaux (process et pluviales), le confinement des résidus dans des parcs à stériles contrôlés, et la réhabilitation progressive des zones exploitées. Les contrôles réguliers et la formation du personnel sont essentiels pour limiter l’empreinte environnementale.

Comment le produit est-il acheminé et sous quel cadre réglementaire ?

Le yellowcake est généralement transporté en fûts scellés, sous des règles internationales de sûreté et de traçabilité. Les expéditions se font vers des convertisseurs agréés, avec des contrôles douaniers et des exigences de non-prolifération.

Quel impact local en termes d’emplois et de compétences ?

La phase de montée en puissance crée des emplois directs (opérations minières, maintenance, laboratoire) et des opportunités indirectes pour les fournisseurs locaux. Des programmes de formation et de sécurité accompagnent le redémarrage afin d’élever les compétences et de renforcer les standards opérationnels.

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