Un prédateur microscopique pour sauver l’agriculture hawaïenne
Les agriculteurs de Hawaï ont peut-être trouvé une réponse à un des fléaux qui menace leurs récoltes : un tout petit prédateur. En effet, des nématodes entomopathogènes, de minuscules vers capables de chasser et d’éliminer les insectes nuisibles, pourraient offrir une solution efficace contre le capricorne de Queensland, un insecte exotique qui s’attaque à de nombreux arbres sur la Grande Ile.
Une menace grandissante
D’après les recherches, ces nuisibles ont été identifiés pour la première fois sur l’île de Hawaï en 2018 suite à un signalement d’un cultivateur de cacao. Depuis, ils inquiètent les cultivateurs, car ils ne se limitent pas à un type d’arbre spécifique et attaquent une variété de cultures, y compris les agrumes, le kukuï, le cacao et l’ulu. Leurs populations sont particulièrement concentrées dans les régions de Puna et dans les zones de Hilo-Pahoa-Mountain View.
Les efforts de recherche
Roxana Myers, pathologiste des plantes auprès du Département de l’Agriculture des États-Unis, a commencé ses investigations sur les nématodes en 2014. Elle a découvert que ces vers se maintenaient dans certains sites documentés plus tôt, à Oahu, Hawaï, Maui, Molokai et Kauai. En 2020, elle a élargi ses recherches au capricorne de Queensland, en réalisant des injections dans des troncs infestés. Les résultats en laboratoire étaient prometteurs, et des tests sur le terrain ont montré que des arbres précédemment infestés retrouvaient leur santé après environ quatre mois.
Une méthode sans produits chimiques
Face à ce problème, l’utilisation des nématodes est une méthode sans chimie et provenant localement. Les réglementations d’importation à Hawaï compliquent l’introduction d’organismes bénéfiques, mais utiliser des nématodes déjà présents sur les îles permet de contourner cette complication. Myers a également souligné que ces nématodes sont inoffensifs pour l’homme, les animaux et les espèces natives, tout en favorisant des sols plus sains.
Des défis à surmonter
Bien que la méthode soit prometteuse, les agriculteurs font face à plusieurs défis. Les traitements sont longs et difficiles à appliquer, car les nématodes doivent atteindre les larves qui se cachent à l’intérieur des arbres. De plus, la production de nématodes en laboratoire prend du temps. Emma Stierhoff, technicienne en recherche écologique à l’Université d’Hawaï, élève des nématodes à l’aide de larves de papillon de nuit, un processus qui nécessite au moins deux semaines et demande une attention particulière.
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’obtenir plus de financements et d’améliorer les méthodes d’élevage des nématodes. Une proposition de loi hawaïenne visant à financer davantage de recherche universitaire sur ces traitements a été proposée, bien que les scientifiques croient que les résultats pourraient également bénéficier à la gestion d’autres ravageurs invasifs à l’avenir.
FAQ
Quels types d’arbres sont impactés par le capricorne de Queensland ?
Le capricorne de Queensland s’attaque à une large gamme d’arbres, notamment les agrumes, le cacao et le kukui, ce qui représente une menace pour diverses cultures.
Comment les nématodes affectent-ils les larves ?
Les nématodes pénètrent dans les tunnels que les larves créent à l’intérieur des arbres, utilisant ces passages pour attaquer les larves et les éliminer.
Est-ce que les traitements à base de nématodes sont sûrs pour l’environnement ?
Oui, les nématodes utilisés dans ces traitements sont considérés comme sûrs pour les êtres humains, les animaux, et les espèces indigènes, tout en contribuant à la santé globale du sol.
Quels sont les obstacles à l’augmentation de la production de nématodes ?
Le processus d’élevage de nématodes est délicat et nécessite du temps, en plus de la complexité de maintenir les colonies de papillons qui aident à leur reproduction.
Pourquoi une proposition de loi a-t-elle été retardée ?
Une proposition visant à financer des recherches sur les méthodes de traitement a été différée, mais les experts estiment qu’un soutien accru pourrait améliorer les efforts contre les ravageurs invasifs à l’avenir.
