L’incendie en Grande-Bretagne : un danger accru par la dégradation des terres
Le risque d’incendie en Grande-Bretagne semble plus lié à la dégradation de ses terrains d’altitude qu’à une nature sauvage débridée. Une analyse récente de The Conversation soutient que des efforts ciblés de rewilding pourraient transformer ces zones négligées, souvent sèches et vulnérables, en paysages plus humides et diversifiés, moins susceptibles de s’enflammer.
Comprendre le problème
La majorité des incendies de forêt en Grande-Bretagne sont déclenchés par l’homme. Cependant, leur ampleur et leur intensité dépendent largement du type de terrain affecté. De nombreux lande dégagés, souvent perçus comme des caractéristiques anciennes, ont été profondément modifiés par le drainage, le pâturage, la pollution, et des brûlages répétés. Par conséquent, certaines de ces régions sont désormais plus faciles à enflammer.
Environ 80 % des tourbières en Angleterre sont sèches et en mauvais état, alors que seulement 1 % est majoritairement recouvert de mousse de Sphagnum, essentielle pour retenir l’eau. Dans ce contexte, la bruyère desséchée peut rapidement propager les flammes, et la tourbe très sèche permet au feu de s’enfoncer dans le sol riche en carbone. Plutôt que de penser que le rewilding augmente nécessairement le risque d’incendie, l’article avance que restaurer des écosystèmes plus sains pourrait contribuer à rétablir les « défenses naturelles » contre le feu.
Importance des enjeux
Les conséquences d’un incendie va bien au-delà du simple dégâts sur la lande noire. Au fur et à mesure que les incendies grandissent, ils mettent en danger des maisons, interrompent les activités récréatives, polluent l’air avec de la fumée, détruisent des habitats sauvages et libèrent dans l’atmosphère le carbone que les tourbières ont stocké pendant de longues périodes. Les feux de tourbe sont particulièrement préoccupants car ces zones retiennent des quantités énormes de carbone, tout en contribuant à la rétention d’eau des sols.
Lorsqu’une tourbière devient suffisamment sèche pour brûler, les dégâts peuvent être considérables et durables, et la restauration ultérieure s’avère longue et coûteuse. Avec le réchauffement climatique en cours, la situation devient plus critique. Dans un climat plus chaud et sec, les paysages déjà fragilisés par l’activité humaine pourraient avoir plus de difficultés à contenir les flammes, à absorber l’eau, ou à ralentir la propagation du feu. Pour les habitants, les gestionnaires de terres, et les pompiers, la gestion de ces terrains est autant une question de résilience qu’une problématique de conservation.
Quelles solutions envisagées ?
Les propositions actuelles visent à réduire l’uniformité de la flammabilité des terrains d’altitude et à accroître la diversité écologique. La restauration des tourbières est au cœur de cette approche. Cela peut inclure le blocage des drains, la recouverte de tourbe exposée, et le retour de la mousse de Sphagnum pour garder le sol humide. Une étude des incendies en Écosse après 2019 a montré que les zones dégradées avaient subi les pires brûlures, tandis que les tourbières restaurées et humides ont obtenu de bien meilleurs résultats.
L’article souligne également l’importance de redonner un cours sinueux aux rivières, de reconnecter les plaines inondables, et de restaurer des zones humides afin que ces corridors aquatiques puissent freiner ou interrompre la propagation du feu. Dans les North York Moors, des barrages de castors ont successivement augmenté le stockage de l’eau et amélioré les débits pendant les périodes sèches, illustrant comment des processus naturels peuvent renforcer les paysages. De plus, les animaux de pâturage mixtes peuvent aider à créer une végétation plus hétérogène, tandis que la restauration de forêts à feuillage large s’avère prometteuse. Une étude en Espagne a révélé que ces forêts étaient les moins susceptibles de s’enflammer et réduisaient par cinq l’intensité des feux, même en cas de conditions climatiques extrêmes.
La perception des hauteurs britanniques évoque encore des images de “landes violettes” et de “sauvageons de bruyère”, mais, comme le souligne l’article, un avenir plus sûr pourrait dépendre de l’adoption des solutions que l’écologue Oliver Rackham a décrites, où les forêts anglaises brûlent comme de l’amiante humide.
FAQ
Qu’est-ce que le rewilding ?
Le rewilding est un processus qui vise à restaurer des écosystèmes en reconnectant des habitats, en réintroduisant des espèces disparues et en facilitant le retour à un état écologique auto-régulé.
Quels sont les impacts environnementaux des incendies de forêt ?
Les incendies détruisent la biodiversité, augmentent les émissions de carbone, dégradent la qualité de l’air et exacerbent l’érosion des sols, ce qui peut nuire à long terme à la santé des écosystèmes.
Comment peut-on aider à la restauration des tourbières ?
Le soutien à des projets de restauration par le biais de bénévolat, de donations ou de sensibilisation à l’importance de ces écosystèmes peut favoriser leur conservation et leur réhabilitation.
Pourquoi les forêts à feuillage large sont-elles plus résistantes aux incendies ?
Ces forêts, grâce à leur densité et à leur humidité, créent un microclimat qui peut freiner la propagation des flammes, offrant ainsi une meilleure protection contre les incendies.
Quels sont les défis actuels des gestionnaires de terres ?
Les gestionnaires font face à des enjeux liés au changement climatique, à la dégradation des terres, et à la pression croissante de la population sur les espaces naturels, rendant leur mission plus complexe.
