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Les déchets du pays révèlent une tendance inquiétante : la route est encore longue

Les déchets du pays révèlent une tendance inquiétante : la route est encore longue

Ce que l’on observe à Singapour en 2025

Singapour voit affluer nettement plus de déchets électroniques qu’auparavant. En 2025, l’opérateur Alba E‑Waste Smart Recycling annonce une collecte en forte hausse — environ +60% par rapport à la même période l’an dernier, soit plus de 11 000 tonnes d’appareils usagés récupérés. Ce bond signale deux réalités complémentaires : d’un côté, les habitants utilisent davantage les dispositifs de reprise et de tri mis à leur disposition ; de l’autre, le volume d’équipements mis au rebut reste très élevé. Pour l’entreprise, le message est clair : il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour capter ce qui échappe au système.

D’où vient cette progression

Depuis 2021, l’Agence nationale de l’environnement a confié à Alba la mission d’organiser et de réguler la filière de reprise. L’opérateur a multiplié les facilités pour le public : le réseau de points de collecte est passé d’environ 870 l’an dernier à près de 1 000 en 2025, et l’objectif est d’installer des bacs de recyclage dans l’ensemble des centres communautaires et clubs d’ici mi‑2026. En parallèle, des outils numériques simplifient la démarche, ce qui explique en partie la hausse des volumes captés.

Pourquoi cela compte

Cette montée en puissance révèle surtout la part d’e‑déchets qui, auparavant, échappait au recyclage. Une étude ancienne estimait déjà que Singapour produit plus de 66 000 tonnes d’e‑déchets par an, avec un taux de recyclage très faible. À l’échelle mondiale, l’e‑déchet est l’un des flux de déchets qui croissent le plus vite : mal géré, il entraîne la perte de matériaux précieux — lithium, or, argent, cuivre — évaluée à près de 57 milliards de dollars par an.

Au‑delà du gaspillage de ressources, le risque est environnemental et sanitaire : ces produits contiennent des substances dangereuses (comme le plomb ou le mercure) qui peuvent contaminer l’air, l’eau et les sols. Déposés dans la mauvaise benne, certains appareils peuvent même s’enflammer et dégager des fumées toxiques — des incidents ont déjà été liés, par exemple, à des vapes jetées avec les ordures ménagères.

Ce que Singapour met concrètement en place

  • Des entreprises locales qui vendent, fabriquent ou importent des équipements financent la filière Alba, afin de faire porter le coût du recyclage sur les produits concernés.
  • L’application Step Up d’Alba propose désormais un localisateur de bacs pour trouver le point de dépôt le plus proche (centres commerciaux, magasins, supermarchés, centres communautaires). L’interface a été repensée pour être plus simple.
  • Depuis janvier, un service gratuit de collecte à domicile aide les foyers à se défaire des gros appareils (machines à laver, réfrigérateurs, climatiseurs) sans tracas.

Le directeur général d’Alba, Jakob Lambsdorff, souligne toutefois que l’essentiel reste à faire : convenance, accessibilité et pédagogie doivent progresser ensemble. L’entreprise étudie l’installation de bacs dans les zones résidentielles et insiste sur la sécurité des données pour lever les craintes liées aux téléphones et ordinateurs usagés.

Le contexte international

Le problème dépasse Singapour : l’e‑déchet est global. Des initiatives émergent un peu partout. Certaines entreprises élargissent leurs services de reprise en ville, des acteurs développent des circuits imprimés biodégradables, et des équipes de recherche testent des procédés non toxiques pour récupérer l’or présent dans les appareils usagés. Côté consommateurs, de grandes marques proposent des programmes de reprise et de bon d’achat pour encourager la remise d’anciens appareils, ce qui permet à la fois d’éviter l’enfouissement et de valoriser des composants encore utiles.

Les prochaines étapes à surveiller

  • Installer des bacs dans tous les lieux de vie pour réduire la distance entre le citoyen et le point de dépôt.
  • Renforcer l’information sur la réinitialisation des appareils et la protection des données.
  • Développer la réparation, le réemploi et l’achat reconditionné afin d’allonger la durée de vie des produits et de limiter la production d’e‑déchets à la source.

FAQ

Comment préparer correctement un appareil avant de le recycler ?

  • Sauvegardez vos données, déconnectez tous les comptes, supprimez le contenu et effectuez une réinitialisation d’usine.
  • Retirez carte SIM et carte mémoire.
  • Si possible, activez le chiffrement avant la réinitialisation pour une couche de sécurité supplémentaire.

Quels objets sont considérés comme e‑déchets ?

  • Téléphones, ordinateurs, tablettes, accessoires (câbles, chargeurs), petits électroménagers (grille‑pain, sèche‑cheveux), gros appareils (lave‑linge, frigos), équipements audio‑vidéo, jouets électroniques, batteries et piles.

Puis‑je jeter une batterie au lithium avec mes ordures ménagères ?

  • Non. Les batteries lithium‑ion présentent un risque d’incendie. Déposez‑les dans un point de collecte dédié ou utilisez les bacs prévus par le système local.

Réparer ou recycler : que privilégier ?

  • Priorité à la réparation et au réemploi si l’appareil peut être remis en service de manière fiable. Le recyclage intervient lorsque le produit est irréparable ou trop obsolète, afin de récupérer les matériaux.

Comment réduire à la source mes e‑déchets ?

  • Gardez vos appareils plus longtemps, privilégiez les produits réparables et reconditionnés, achetez des accessoires compatibles et évitez les remplacements précipités quand une simple réparation suffit.
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