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Des radeaux de pêche au thon abandonnés envahissent plus de la moitié des zones marines protégées mondiales.

Des radeaux de pêche au thon abandonnés envahissent plus de la moitié des zones marines protégées mondiales.

Les défis de la préservation marine

Bien que les humains puissent déclarer certaines zones océaniques comme des zones protégées, interdire la pêche dans ces régions est une chose, mais empêcher les débris humains et la pollution d’y pénétrer en est une autre. La gestion des déchets et leur impact sur les milieux protégés représentent un défi significatif.

L’impact des engins de pêche dérivants

Par exemple, les dispositifs de concentration de poissons utilisés pour la pêche au thon, souvent déployés dans des zones légales, finissent parfois par dériver dans ces espaces protégés. Une analyse mondiale récente mentionnée par Mongabay révèle que ces engins arrivent dans des zones marines protégées qui composent plus de la moitié des aires maritimes protégées à l’échelle mondiale.

Des scientifiques ont documenté au moins 6 324 cas d’échouage de ces dispositifs entre 2007 et 2023 dans 174 zones protégées au sein de 53 juridictions maritimes. Cette préoccupation a été soulignée par Boris Worm, co-auteur de l’étude et écologue marin à l’Université Dalhousie au Canada. Selon lui, l’impact de ces équipements est étonnant : “Nous étions surpris de constater que ces dispositifs semblent affecter plus de la moitié des zones maritimes protégées dans le monde, et cela, parfois à des kilomètres des lieux de pêche d’origine.”

Les enjeux des données de pêche

L’équipe de recherche s’est également intéressée à la possibilité que les flottes de pêche concentrent leur activité d’utilisation de dispositifs de concentration juste à l’extérieur des zones protégées. Bien qu’il ait été observé une augmentation de l’activité de pêche à proximité de ces zones, il n’y a pas eu de preuve concluante d’un regroupement intentionnel.

Importance des zones marines protégées

Les zones marines protégées jouent un rôle crucial dans la récupération des écosystèmes océaniques, la protection des espèces menacées, ainsi que le soutien aux communautés côtières. Toutefois, l’étude met en avant que simplement définir des limites ne suffit pas à empêcher les débris industriels de pénétrer dans ces régions.

Une fois échoués, ces dispositifs peuvent étouffer ou endommager les coraux, et piéger des espèces marines telles que des requins et des tortues. Bien que certains éléments des radeaux soient conçus pour se décomposer plus facilement, des pièces en plastique et des composants électroniques peuvent rester dans l’environnement.

L’étude indique aussi que près de 30% des zones protégées où des échouages ont été documentés se trouvent dans des petits États insulaires en développement, souvent avec des ressources limitées pour gérer l’enlèvement et l’élimination de ces déchets. Cela peut entraîner une augmentation des coûts de nettoyage tout en mettant davantage de pression sur les écosystèmes qui soutiennent la sécurité alimentaire, l’emploi et le tourisme.

Juan Carlos Villaseñor-Derbez, un autre co-auteur de cette recherche et scientifique marin à l’Université de Miami, a souligné les défis liés à l’accès aux enregistrements de traçabilité, affirmant que cela permettrait de mieux comprendre les dynamiques de la pêche avec des dispositifs de concentration en relation avec les frontières des zones marines protégées.

Quelles solutions envisager ?

Selon les chercheurs et experts en pêche, un contrôle plus strict est nécessaire, surtout lorsque les entreprises de pêche cessent d’utiliser ces dispositifs. Accéder à des données historiques de traçabilité pourrait permettre de connaître l’emplacement et le moment du déploiement d’un dispositif ainsi que les circonstances entourant son entrée dans une zone protégée.

Les auteurs de l’étude suggèrent que les règles de déploiement devraient être renforcées. Boris Worm préconise des limitations annuelles sur la distribution des dispositifs de concentration et des restrictions dans les eaux en amont des zones marines protégées, là où les courants peuvent facilement les déplacer.

Glen Holmes, un écologue marin n’ayant pas participé à l’étude, appelle les régulateurs à agir pour empêcher l’abandon de ces engins avant qu’ils ne deviennent un problème. Il note que, souvent, ces dispositifs sont “perdus” soit par accident, soit de façon intentionnelle, et qu’il est essentiel de réduire ces pertes pour minimiser les interactions néfastes avec les zones protégées.

FAQ

Qu’est-ce qu’un dispositif de concentration de poissons (dFAD) ?

Un dFAD est un matériel flottant utilisé pour attirer les poissons. Ces dispositifs sont souvent utilisés dans la pêche au thon et peuvent dériver, causant des problèmes dans les zones protégées.

Pourquoi les zones marines protégées sont-elles importantes ?

Ces zones sont cruciales pour la biodiversité marine, permettant aux écosystèmes de se régénérer et offrant des refuges pour les espèces menacées tout en soutenant les économies locales.

Quels sont les principaux défis liés aux dFADs ?

Les dFADs peuvent causer des dommages importants aux habitats, piéger des animaux marins et augmenter les coûts pour les autorités locales qui doivent nettoyer les zones touchées.

Quelle est la portée des mesures proposées par les chercheurs ?

Ils suggèrent des réglementations plus strictes sur le déploiement des dFADs, ainsi qu’un meilleur accès aux données de traçabilité pour suivre ces dispositifs et réduire leur impact sur les zones protégées.

Comment les petites îles peuvent-elles faire face à ces défis ?

Les petites îles souvent manquent de ressources pour gérer les déchets marins, ce qui complique leur capacité à protéger leur environnement et à bureaucratiser les réparations nécessaires des dommages causés par les dFADs.

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