Crédit photo : Leonard Magerl
Les glaciers : gardiens du passé ou libérateurs de gaz ?
Les glaciers, souvent perçus comme des réserves de glace figées, préservent en réalité des éléments du passé sous leurs couches de glace. Toutefois, dans l’archipel du Svalbard, en Norvège, le fonte des glaciers semble avoir un impact inverse, créant des voies pour laisser échapper le méthane qui était jusqu’alors piégé.
Cette situation génère une nouvelle problématique en matière de changement climatique dans un Arctique en réchauffement rapide.
Ce qu’il faut savoir
Une étude récemment publiée dans la revue Nature Communications révèle que les rivières de liqueur provenant des glaciers en diminution du Svalbard libèrent du méthane qui était auparavant enfermé sous la glace. Ces données suggèrent que la fonte des glaciers peut exposer et activer des chemins insoupçonnés pour permettre à ce gaz à effet de serre puissant de pénétrer dans l’atmosphère.
Le phénomène est décrit par l’auteure principale, Gabrielle Kleber, comme un « boucle de rétroaction », où les émissions de gaz à effet de serre contribuent à la fonte des glaciers, et ce, à son tour, pourrait aggraver le réchauffement climatique par la libération de méthane.
Les scientifiques ont examiné 19 rivières alimentées par des glaciers, prélèvant 148 échantillons d’eau. Ils ont découvert la présence de méthane dans chacune des rivières testées, avec des niveaux atteignant jusqu’à 425 fois plus que ce qui pourrait être expliqué par le contact avec l’atmosphère.
Mécanisme de libération
La libération du méthane semble commencer lorsque l’eau de fonte effeuille les couches supérieures des glaciers, s’engouffrant dans des fissures jusqu’au lit glaciaire. Kleber explique que bien que la plupart des glaciers fondent à leur surface, cette eau trouve son chemin vers le bas, où elle interagit avec des roches qui contiennent du gaz ancien, permettant ainsi au méthane d’être évacué dans les rivières.
Les rivières ayant le plus fort taux de méthane proviennent de glaciers situés au-dessus de formations rocheuses riches en schiste. Cependant, la composition et l’état du lit glaciaire sont tout aussi importants. Les lits fondus, humides et actifs retiennent mieux le méthane que ceux qui sont complètement gelés.
Une dynamique géologique
Leonard Magerl, co-auteur de l’étude, souligne que la température à la base des glaciers est un élément essentiel dans ce processus. Les plus grosses libérations de méthane se produisent dans les zones où les conditions des glaciers et la composition des roches sont optimales.
Selon cette étude, des mécanismes de libération similaires pourraient également être observés en dehors du Svalbard.
Investigations en cours
Pour analyser ce phénomène en Norvège, l’équipe a associé des mesures de chimie de l’eau à des sondages radar permettant de mieux cerner les conditions de glace et d’estimer la quantité de lit glaciaire suffisamment fondu pour transmettre de l’eau. Ils ont évalué que les glaciers terrestres du Svalbard pourraient relâcher entre 201 et 406 tonnes de méthane par an à cause de la fonte.
Cette recherche pourrait aider les scientifiques à élaborer des modèles climatiques plus précis et à identifier les régions les plus vulnérables face au réchauffement.
Autres perspectives
Ce qui se passe au Svalbard fait partie d’un phénomène plus large observé dans les régions polaires, où la décongélation de la glace expose divers risques climatiques. Par exemple, près de la rivière Mackenzie au Canada, le relâchement de carbone s’intensifie, tandis que des pathogènes anciens refont surface lors de la dégel dans l’Arctique.
Des analyses similaires dans les neiges algales de l’Antarctique démontrent que ces éléments contribuent à optimiser les processus de fondation. La perte de glace en mer à travers l’Arctique altère également les schémas météorologiques bien au-delà des régions polaires.
Dans un contexte où la glace se retire et que le dégel atteint des profondeurs inédites, les défis qui se présentaient naguère comme invisibles pourraient devenir des réalités menaçantes à portée mondiale.
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FAQ
Qu’est-ce que le méthane et pourquoi est-il problématique ?
Le méthane est un gaz à effet de serre puissant qui piège la chaleur dans l’atmosphère, contribuant ainsi au réchauffement climatique. Sa libération accélérée pose un risque accru de changement climatique.
Quelles sont les conséquences de la fonte des glaciers ?
La fonte des glaciers peut entraîner une élévation du niveau de la mer, affecter les écosystèmes locaux, et libérer des gaz à effet de serre comme le méthane, exacerbant le changement climatique.
Comment les chercheurs mesurent-ils le méthane dans les rivières ?
Les scientifiques prélèvent des échantillons d’eau et analysent la concentration de méthane à l’aide de techniques de chimie analytique pour évaluer son impact sur l’environnement.
Pourquoi la géologie des glaciers est-elle importante ?
La composition géologique sous les glaciers influence la quantité de méthane qui peut être libérée. Des roches riches en carbone et des conditions de lit glaciaire actives favorisent la libération de gaz.
Que peuvent faire les citoyens pour lutter contre le changement climatique ?
Les individus peuvent réduire leur empreinte carbone par des choix de vie durables, soutenir les énergies renouvelables et sensibiliser leur entourage à l’importance de la préservation de l’environnement.
