Crédit photo : Laura Dwyer / NOAA
Les pecheurs de l’Alaska tirent la sonnette d’alarme face à un projet fédéral visant à supprimer un réseau essentiel d’observation océanique en haute mer. Cette initiative menace de priver les communautés côtières d’un outil crucial pour anticiper les tempêtes, les vagues de chaleur marine et les effondrements des pêches.
L’Alaska subissant un réchauffement deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, les défenseurs de l’industrie maritime font part de leurs inquiétudes auprès d’Inside Climate News. Pour eux, la perte d’un accès aux données océaniques en temps réel pourrait rendre la gestion des défis futurs de l’État encore plus complexe.
Quelles sont les préoccupations actuelles ?
Récemment, la National Science Foundation (NSF) a annoncé son intention de mettre fin à l’Ocean Observatories Initiative, un réseau évalué à près de 368 millions de dollars et composé d’environ 900 instruments répartis dans les océans Pacifique et Atlantique. Un élément central de ce système pour l’Alaska est la Ocean Station Papa, située dans le golfe de l’Alaska à plus de 14 000 pieds de profondeur.
Cette station fournit des mesures en temps réel concernant la chimie des océans, les courants, la salinité, la température de l’eau et les conditions des vagues. Ces données sont essentielles pour les scientifiques, les gestionnaires de pêches, les prévisionnistes météo et les planificateurs d’urgences, selon les informations relayées par ICN.
Cette annonce a suscité de vives inquiétudes au sein de l’industrie des fruits de mer de l’Alaska. Avec une valeur de 5,3 milliards de dollars et près de 42 000 emplois à la clé, les experts soulignent que ces observations sont fondamentales pour prendre des décisions éclairées concernant les niveaux de récolte et les risques liés aux tempêtes. Comme le souligne Jan Newton, professeure affiliée en océanographie biologique à l’Université de Washington, ces données nous permettent de prévoir l’avenir et d’anticiper les enjeux.
Pourquoi est-ce crucial ?
L’Alaska doit déjà faire face à de sérieux défis environnementaux susceptibles d’avoir des conséquences dévastatrices sur l’économie, la sécurité alimentaire et la stabilité des collectivités. « Nous subissons des effondrements de saumon, des collapses de crabe et des vagues de chaleur marine répétées », explique Michelle Stratton, directrice de l’Alaska Marine Community Coalition. « Cette décision compromet l’accès aux données dont nous avons besoin pour comprendre et gérer nos pêches. »
Les communautés côtières, en particulier celles d’origine indigène, risquent d’être particulièrement touchées car elles dépendent fortement de la pêche et de prévisions fiables. Stratton souligne aussi que le système de surveillance fournit des données indispensables pour le NOAA et des modèles universitaires, lesquels aident à comprendre comment les systèmes de tempête s’intensifient ou comment les niveaux d’eau le long de la côte évoluent, en prévoyant les prochaines inondations majeures.
Quelles actions sont envisagées ?
La NSF a affirmé que les données précédemment collectées resteront accessibles et qu’elle continuera à soutenir les recherches océaniques. Selon Cassandra Eichner, porte-parole de la NSF, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à adopter une approche plus agile qui priorise le soutien des priorités scientifiques changeantes et des technologies émergentes.
Néanmoins, de nombreux scientifiques et défenseurs protestent contre cette mesure, soutenant que c’est le mauvais moment pour réduire les efforts de surveillance des océans. Carol Janzen, océanographe au sein de l’Alaska Ocean Observing System, illustre cette perte en disant que se passer des informations fournies par Ocean Station Papa, c’est « conduire sur une autoroute sombre sans phares ».
À cela, Tim Bristol de SalmonState déclare que cette décision est en contradiction avec une demande généralisée pour des informations et des analyses renforcées, peu importe la position des différents acteurs. En fait, Rick Thoman, spécialiste du climat à l’Université de l’Alaska Fairbanks, a suggéré qu’il est possible que d’autres pays, comme la Chine, commencent leurs propres efforts de surveillance océanique.
FAQ
Quel est l’impact de la perte de données océaniques en temps réel ?
La perte de ces données peut compromettre la sécurité alimentaire et économique des communautés côtières, rendant plus difficile la gestion des ressources maritimes.
Quelles sont les alternatives pour surveiller l’océan en Alaska ?
Sans le soutien fédéral, des initiatives privées ou des collaborations internationales pourraient voir le jour pour maintenir certaines capacités de surveillance.
Comment les communautés locales peuvent-elles réagir face à cette décision de la NSF ?
Les communautés peuvent organiser des campagnes de sensibilisation, renforcer leur plaidoyer auprès des décideurs et explorer des partenariats communautaires pour assurer la continuité de la collecte de données.
Quelle est l’importance des données sur le climat en général ?
Ces données sont essentielles pour comprendre l’impact du climat sur la biodiversité marine, la gestion des pêches et pour anticiper les catastrophes naturelles, ainsi que leurs conséquences sur les populations côtières.
Que peuvent faire les citoyens pour soutenir l’industrie de la pêche en Alaska ?
Les citoyens peuvent soutenir l’industrie en consommant des produits locaux, en s’informant et en sensibilisant leur communauté aux enjeux environnementaux affectant l’industrie maritime.
