Avant que **CRISPR** puisse transformer notre quotidien, il doit d’abord sortir des arènes judiciaires.
Un bras de fer légal est en cours pour savoir quels chercheurs, à l’origine de la découverte de CRISPR, pourront revendiquer son **exploitation** et percevoir les revenus issus de ses licences.
Récemment, l’**Office américain des brevets et des marques (USPTO)** a décidé d’accorder deux nouveaux brevets sur CRISPR à **l’Université de Californie à Berkeley**, où travaille la biochimiste **Jennifer Doudna**, souvent citée comme la **créatrice de CRISPR**.
Un **brevet** confère à l’inventeur un droit légal sur son invention ou découverte unique. Si d’autres souhaitent utiliser cette invention, ils doivent obtenir l’autorisation du détenteur du brevet et, en général, payer pour ce droit. La valeur des brevets CRISPR est immense, compte tenu de ses nombreux domaines d’application.
En 2012, Doudna et son équipe déclenchent la révolution **CRISPR** avec la publication de leur première étude dans la revue **Science**. Cependant, en 2017, le USPTO a attribué à **Feng Zhang** et son équipe du **Broad Institute** de Harvard et MIT le **précieux brevet** pour l’utilisation de CRISPR-Cas9 dans l’édition de l’ADN chez les mammifères. Bien que Doudna fasse appel de cette décision, elle doit faire face à une **bataille difficile**.
Tout ce que vous devez savoir sur **CRISPR** en 60 secondes.
Actuellement, bien que le brevet CRISPR-Cas9 détenu par l’équipe **Broad** soit considéré comme le plus **précieux**, ce n’est pas le seul brevet lié à CRISPR. D’après des informations d’avril, l’USPTO a déjà délivré **60 brevets** liés à CRISPR à des inventeurs de 18 organisations différentes, chacun étant suffisamment distinct pour être considéré comme une invention unique.
Le mardi dernier, l’USPTO a accordé à UC Berkeley son premier brevet lié à CRISPR, une demande qu’elle avait formulée en 2014, axé sur l’utilisation de CRISPR-Cas9 pour l’édition de l’**ARN monobrin** plutôt que de l’ADN.
On indique que l’USPTO devrait également attribuer à UC Berkeley un autre brevet, demandé en 2015, la semaine prochaine. Ce brevet se concentre sur l’utilisation du système classique CRISPR-Cas9 pour modifier des régions spécifiques de 10 à 15 paires de bases. UC Berkeley envisage de nombreuses applications potentielles dans la recherche, le diagnostic et l’industrie pour ce nouveau brevet CRISPR.
Cependant, la communauté scientifique a un avis divergent. Un porte-parole du Broad a déclaré à **STAT** que les revendications de l’actuel brevet “sont extrêmement limitées et n’auront que peu d’influence sur le domaine de CRISPR.” Un autre expert, Jacob Sherkow, professeur associé à la **New York Law School**, a exprimé qu’il s’attendait à ce que la valeur commerciale du second brevet soit “assez minimisée.”
D’un autre côté, l’expert en brevets biotechnologiques **Kevin Noonan** a également minimisé l’importance de ces nouveaux brevets CRISPR, affirmant à **STAT**, « Je pense que [UC Berkeley] est juste content d’avoir obtenu un brevet. »
Quelle déception. Existe-t-il une technique CRISPR que UC Berkeley pourrait utiliser pour guérir les **brûlures**?
Peu importe l’importance spécifique de ces brevets, leur nombre témoigne de l’ampleur des recherches consacrées à **CRISPR**. À chaque nouvelle découverte, nous nous rapprochons un peu plus d’un avenir où la maladie, la faim, et peut-être même le vieillissement ne seraient plus que de l’histoire ancienne.
FAQ
Qu’est-ce que CRISPR ?
CRISPR est une technologie d’édition génétique qui permet de modifier l’ADN, offrant un potentiel révolutionnaire dans des domaines comme la médecine, l’agriculture et la biotechnologie.
Comment fonctionne le processus de brevet ?
Lorsqu’un inventeur dépose un brevet, il détaille son invention, et le bureau des brevets évalue sa nouveauté et son caractère unique avant de l’approuver, protégeant ainsi les droits de l’auteur contre toute exploitation non autorisée.
Quels sont les usages potentiels de CRISPR ?
CRISPR pourrait être utilisé pour traiter des maladies génétiques, améliorer des cultures, développer des thérapies géniques et même contribuer à des avancées en immunothérapie.
Y a-t-il des implications éthiques à l’utilisation de CRISPR ?
Oui, l’éthique de l’édition génétique soulève des questions complexes, notamment concernant la manipulation de l’ADN humain, les modifications héréditaires et les impacts sur l’écosystème.
Comment suivre les évolutions concernant CRISPR ?
Pour rester informé, il est possible de s’abonner à des journaux scientifiques, de suivre des blogs spécialisés et de consulter régulièrement des plateformes d’actualités scientifiques.
