Santé

Traitement par Nanoparticules : Une Éradication du Cancer Métastatique chez les Souris

Traitement par Nanoparticules : Une Éradication du Cancer Métastatique chez les Souris

À LA RECHERCHE DE L’OBJECTIF

Le cancer se développe principalement lorsque le **mécanisme de division cellulaire** se dérègle, provoquant une multiplication incontrôlée des cellules et, par conséquent, la formation de **tumeurs**. Lorsque ces cellules échappent à leur localisation d’origine, on parle de **métastase**, entraînant la création de tumeurs secondaires dans les poumons, le foie et d’autres organes.

Division des cellules cancéreuses. Crédit : SPL

Les tumeurs secondaires, également désignées comme tumeurs **métastatiques**, sont particulièrement redoutables pour les patients atteints de cancer. Des **recherches récentes** offrent de nouvelles pistes prometteuses pour freiner cette propagation des cellules cancéreuses.

Sous la direction de **Mauro Ferrari**, expert en nanomédecine, une équipe de chercheurs a mis au point une méthode permettant de “tromper” ces tumeurs secondaires pour qu’elles ingèrent un poison. Le principe fondamental repose sur une substance, le **doxorubicine** (ou dox), utilisée depuis longtemps en oncologie, dont l’efficacité a été démontrée dans des études sur des souris.

Le dox agit en perturbant l’ADN dans le noyau cellulaire, empêchant ainsi la division des cellules cancéreuses. Cependant, dans la circulation sanguine, il peut aussi s’attaquer aux cellules du muscle cardiaque, pouvant provoquer une **insuffisance cardiaque**. Pour cibler uniquement les cellules tumorales, les chercheurs ont encapsulé le médicament dans un **transporteur spécifique**.

Depuis des années, l’équipe développe des **particules de silicium poreux** pour remplir cette fonction. Grâce à leur petite taille et à leur forme en disque, ces particules peuvent se déplacer à travers les vaisseaux sanguins normaux. Les vaisseaux autour des tumeurs étant souvent malformés et perméables, les particules ont tendance à s’accumuler près des tumeurs, ce qui permet d’administrer le traitement directement là où il est nécessaire.

INTÉGRATION DANS LE SYSTÈME

Les particules de silicium transportent des polymères en forme de fil chargés de doxorubicine. Crédit : Nature Biotechnology

Cependant, ce n’était pas le seul défi à relever. Après l’administration du médicament, de nombreuses cellules tumorales possèdent des protéines membranaires qui agissent comme de petits pompes, expulsant le médicament avant qu’il n’ait un effet. Pour contrer ce mécanisme de défense, les chercheurs ont associé les molécules de dox à des **polymères en fil**.

Lors des essais sur souris, ils ont observé que les particules de silicium se concentraient autour des zones tumorales. Celles-ci se décomposaient lentement sur une période de quatre semaines. Au fur et à mesure de cette dégradation, les chaînes de polymères étaient libérées, s’enroulant en **petits ballons** à l’intérieur des tumeurs. Chaque boule mesure entre 20 et 80 nanomètres de diamètre, équivalente à celle des vésicules échangées régulièrement par les cellules lors de leurs communications chimiques.

Comme résultat, ces **boules de polymère contenant du dox** étaient absorbées par les cellules tumorales, permettant ainsi au dox de circuler à l’intérieur de la cellule, y compris près du noyau. Bien que les chercheurs n’aient pas encore déterminé exactement pourquoi cela se produisait, cette trajectoire vers le noyau permettait au médicament de libérer son efficacité. Les liaisons entre les molécules de dox et le polymère ont été conçues pour se dissoudre dans un environnement acide, similaire à celui régnant à proximité du noyau, facilitant ainsi la libération ciblée du dox à l’endroit le plus efficace.

Dans une étude précédente publiée dans *Nature Biotechnology* concernant leurs essais sur souris, les chercheurs ont constaté qu’environ 50 % des souris traitées ne présentaient aucun signe de tumeurs métastatiques huit mois après l’expérience initiale. Pour les humains, cela équivaudrait à être déclaré sans cancer après 24 ans. “Si cette recherche se concrétise chez l’homme et que nous observons même une fraction de ce temps de survie, cela signifie que l’on pourrait prolonger considérablement la vie de nombreux patients”, déclare Ferrari. “C’est comme offrir un traitement à des patients que l’on croyait condamnés”.

Comparativement à d’autres **essais** sur la nanomédecine, cette nouvelle approche semble plus prometteuse, visant spécifiquement des tumeurs dans le foie et les poumons, lieux courants de cellules tumorales métastatiques. De plus, elle ouvre également la voie à l’adaptation de la méthode pour d’autres médicaments.

FAQ

Quelle est la fonction principale de la doxorubicine dans ce traitement ?

La doxorubicine est un agent chimiothérapeutique qui cible les cellules cancéreuses en perturbant leur ADN, empêchant leur multiplication.

Comment les chercheurs ont-ils réussi à cibler spécifiquement les tumeurs ?

Ils ont utilisé des particules de silicium qui s’accumulent près des tumeurs, et ont lié les molécules de doxorubicine à des polymères pour contourner les défenses des cellules tumorales.

Quels sont les risques associés à l’utilisation de doxorubicine ?

Bien que le dox soit efficace contre les cellules cancéreuses, il peut également affecter négativement les cellules cardiaques, entraînant un risque de complications telles que l’insuffisance cardiaque.

Quel est l’impact potentiel de cette recherche sur le traitement du cancer ?

Si les résultats sont confirmés chez l’homme, cette méthode pourrait révolutionner le traitement des cancers avec métastases, offrant une espérance de vie significativement accrue.

Y a-t-il d’autres médicaments concernés par cette méthode ?

Oui, cette approche pourrait être adaptée à d’autres agents de chimiothérapie, permettant de cibler plus efficacement différentes tumeurs.

Quitter la version mobile