La trajectoire de Sam Altman semble passer d’abord par le corps, puis par l’esprit. Après s’être intéressé à l’analyse biométrique de l’iris avec Worldcoin, le patron d’OpenAI se tourne désormais vers une lecture plus intime: l’activité cérébrale.
De l’iris aux pensées: l’ambition d’Altman
L’idée générale est claire: relier nos cerveaux aux machines sans chirurgie lourde. Des articles récents évoquent la création de Merge Labs, une jeune pousse portée par Altman, qui chercherait à capter l’activité mentale grâce à des ondes ultrasonores. L’objectif, à terme, serait d’interagir avec une IA de manière plus directe, presque par la pensée.
Merge Labs en préparation
Même si le projet n’a pas encore été officialisé en grand public, plusieurs éléments se dessinent:
- La société s’appellerait Merge Labs, un clin d’œil à l’idée de “fusion” entre humains et technologies.
- Altman a déjà écrit sur ce concept, estimant que cette convergence pourrait survenir entre 2025 et 2075, selon la vitesse des progrès.
- Le projet se positionnerait comme un concurrent des approches implantaires.
Une voie non invasive: l’échographie cérébrale
Plutôt que d’implanter des électrodes, Merge s’intéresserait à l’imagerie par ultrasons pour “lire” l’activité neuronale. Cette piste vise une interface cerveau-ordinateur (BCI) plus sûre et accessible, qui éviterait la chirurgie. La recherche dans ce domaine explore même des techniques comme la génothérapie pour rendre certains cellules ou circuits plus visibles ou plus réactifs aux ultrasons, ce qui pourrait améliorer la finesse du signal.
Un recrutement clé: Mikhail Shapiro
Altman aurait sollicité Mikhail Shapiro, ingénieur biomoléculaire à Caltech, connu pour ses travaux sur l’imagerie non invasive. Son expertise couvrirait, entre autres, l’idée d’“éduquer” des cellules via des gènes pour qu’elles répondent mieux aux ultrasons, au lieu d’avoir recours à des implants. D’après des sources médiatiques, Shapiro participerait à l’équipe fondatrice et jouerait un rôle majeur dans les discussions avec les investisseurs.
Argent et gouvernance
Sur le plan financier, Merge viserait une levée d’environ 250 millions de dollars auprès d’OpenAI, avec une valorisation évoquée autour de 850 millions. Les négociations seraient encore préliminaires. Point notable: Sam Altman n’investirait pas personnellement et ne devrait pas assurer un rôle opérationnel au quotidien au sein de Merge.
Face à Neuralink: deux philosophies
La rivalité entre Altman et Elon Musk sert de toile de fond. Là où Neuralink mise sur des implants cérébraux, Altman critique l’idée d’“accrocher” un dispositif au cerveau, évoquant notamment le risque de lésions neuronales. Son camp préfère des solutions non invasives. Mais sur le fond, l’ambition reste semblable: connecter l’esprit humain à des systèmes intelligents.
Une vision plus large: la “fusion” humain-machine
Altman défend depuis longtemps la thèse d’une intégration progressive entre nos capacités mentales et les outils numériques. Dans sa vision, une IA comme ChatGPT pourrait un jour répondre à une pensée sans qu’il soit nécessaire de parler ou taper. Il imagine même, dans un premier temps, un mode “lecture seule”, où l’IA capterait notre intention sans écrire directement dans notre cerveau.
Ce que cela pourrait permettre
- Accéder à des interfaces plus rapides et plus naturelles que clavier, voix ou gestes.
- Offrir de nouveaux outils d’assistance aux personnes empêchées de communiquer.
- Explorer des usages créatifs: écriture par la pensée, contrôle d’outils complexes, rééducation neuro-fonctionnelle.
Pour aller plus loin
Des équipes de recherche affirment déjà pouvoir reconstruire des intentions vocales chez des personnes privées de parole, signe que les interfaces cerveau-ordinateur franchissent une nouvelle étape. L’enjeu, désormais, est d’améliorer la précision, la sécurité et la protection des données.
FAQ
Qu’est-ce qu’une BCI non invasive et en quoi diffère-t-elle d’un implant ?
Une BCI non invasive capte l’activité du cerveau avec des capteurs externes (ultrasons, EEG, fNIRS) sans chirurgie. Un implant nécessite une intervention pour placer des électrodes directement au contact du tissu cérébral. La première est généralement plus sûre, mais offre un signal moins précis; la seconde est plus fine, mais plus risquée.
L’échographie peut-elle vraiment “lire” la pensée ?
L’échographie ne lit pas des mots ou des idées brutes. Elle mesure des variations liées à l’activité neuronale (flux sanguin, propriétés mécaniques locales) qu’on associe à des intentions ou des états grâce à des modèles d’IA. C’est une interprétation statistique, pas une lecture littérale.
Quelles garanties de confidentialité devraient exister pour ces données cérébrales ?
Bonnes pratiques attendues: chiffrement de bout en bout, traitement local quand c’est possible, consentement granulaire, interdiction d’usages non médicaux ou non explicitement acceptés, audits indépendants, possibilité d’effacer ses données et interdiction de revente.
Quand pourrait-on voir des usages grand public crédibles ?
Si la R&D progresse et que les régulateurs valident, des applications ciblées (accessibilité, rééducation, contrôle de dispositifs) pourraient émerger en quelques années. Un usage massif et confortable au quotidien exigera toutefois des percées en capteurs, en miniaturisation et en modèles d’IA plus robustes.
Quels sont les principaux risques à surveiller ?
- Faux positifs et erreurs d’interprétation du signal.
- Biais des modèles entraînés sur des données non représentatives.
- Sécurité matérielle (échauffement, intensité d’onde) et logicielle (intrusions).
- Dépendance excessive à l’IA et atteintes potentielles à l’autonomie cognitive.
