Nous ne souhaitons pas dénigrer nos collègues cherchant des réponses en psychologie cognitive, mais certaines questions scientifiques semblent évidentes.
Une étude récente, publiée dans le Journal de la psychologie expérimentale : appliquée et relayée par PsyPost, révèle une vérité inquiétante : **les personnes les plus vocaux sur leurs opinions politiques sont souvent celles qui en savent le moins.**
Les chercheurs en psychologie ont interrogé 216 adultes américains. Chacun a dû passer un test de 60 questions, comprenant des questions à orientation politique de gauche et de droite, ainsi que 20 questions génériques. Ils ont également été invités à évaluer leur **confiance** avant et après avoir répondu aux questions à choix multiples, ainsi qu’à remplir un questionnaire pour évaluer leurs inclinaisons politiques.
Bien que la plupart des participants aient montré une **confiance excessive** en leurs connaissances politiques, deux groupes ont particulièrement fait ressortir des résultats alarmants : les moins informés sur le sujet et ceux ayant des opinions de droite.
Les chercheurs ont observé que “les gens sont généralement trop confiants en leurs connaissances politiques, surtout ceux qui ne savent pas grand-chose sur le sujet (un exemple classique de l’effet Dunning-Kruger)”. Cette expression fait référence au biais **cognitif** où ceux qui possèdent le moins de connaissances sur un sujet surestiment leur compréhension.
Ils ont également précisé que par “connaissance politique”, ils entendaient des faits vérifiables, tels que l’identité du **président** de la Chambre des représentants ou le nombre de votes nécessaires pour faire adopter une loi. Ainsi, les informations présentées n’étaient pas émotionnelles ni biaisées, ce qui pourrait affecter les résultats dans d’autres contextes plus polarisés.
Cette recherche est la première de ce type menée par une équipe de psychologues cognitifs, surtout dans le domaine de la **métacognition**. Elle s’appuie sur plusieurs études en sciences politiques qui indiquent des résultats similaires.
Quoi qu’il en soit, cette étude semble confirmer ce que beaucoup d’entre nous soupçonnaient déjà : **l’effet Dunning-Kruger est bien réel**, et les voix de ceux qui en souffrent comptent tout autant que les nôtres.
Plus d’informations sur la politique : Un professeur de Harvard avertit : La démocratie est en train de s’effondrer.
FAQ
Qu’est-ce que l’effet Dunning-Kruger ?
L’effet Dunning-Kruger désigne un biais cognitif dans lequel les individus ayant peu de compétences dans un domaine surestiment leur expertise.
Pourquoi est-il important de comprendre ce phénomène ?
Comprendre cet effet peut aider à mieux évaluer nos propres connaissances et améliorer notre prise de décision en matière de discussions politiques.
Les résultats de cette étude peuvent-ils être appliqués à d’autres domaines ?
Oui, des recherches ont montré que l’effet Dunning-Kruger apparaît dans de nombreux domaines, pas seulement en politique.
Comment éviter de succomber à l’effet Dunning-Kruger ?
Une bonne façon d’éviter cet effet est de chercher à se former, de recueillir des informations fiables et de rester ouvert à l’apprentissage.
Quel est le rôle de la confiance dans la prise de décision politique ?
Une confiance excessive peut mener à des décisions mal informées, influençant à la fois l’individu et la société dans son ensemble.
