Les rêves éveillés : un phénomène ambivalent
Les rêves éveillés ne sont pas nécessairement problématiques. Laisser son esprit s’évader dans des mondes imaginaires peut devenir une échappatoire face aux pressions quotidiennes, aider à gérer ses émotions, stimuler la créativité ou simplement éloigner l’ennui.
Cependant, selon un article de la BBC, un état connu sous le nom de rêverie maladaptive peut piéger certaines personnes dans des fantasmes prolongés, étendant leur détresse au lieu de la soulager. Ce phénomène entraîne un impact négatif sur leur quotidien.
La réalité de la rêverie maladaptative
La rêverie maladaptive touche entre 2 % et 4 % de la population adulte, comme l’indique le psychiatre Colin Ross à la BBC. Cet état peut créer une détresse significative et entraver le bon fonctionnement des personnes touchées, les plongeant parfois dans leurs rêveries pendant jusqu’à 12 heures par jour.
« Lorsqu’ils reprennent conscience après une telle échappée, les personnes concernées ressentent souvent leurs fantasmes comme vains et une perte de temps », explique Colin Ross. Pourtant, le caractère addictif de la rêverie les empêche de rompre ce cercle vicieux.
Témoignages de vie
Une femme décrivant sa lutte avec ce phénomène a confié à la BBC qu’elle voyait ses rêves éveillés comme un « refuge » durant son enfance, un endroit où elle ne subissait aucune moquerie. Une autre a évoqué un « univers parallèle » qui avait perturbé son parcours scolaire dès son plus jeune âge.
Le terme « rêverie maladaptive » a été introduit par le professeur Eli Somer de l’Université de Haïfa au début des années 2000. Il fait référence à une tendance à passer trop de temps dans un état de rêve, transformant cette pratique inoffensive en une manière dysfonctionnelle de faire face à des problèmes existants.
L’impact sur la vie sociale
Ce phénomène peut également entraîner un retrait social, augmentant l’isolement des personnes affectées et provoquant des sentiments de coupabilité et de regret.
Liens avec d’autres troubles
Des études ont vu émerger des connections intrigantes entre la rêverie maladaptive et des personnes ayant vécu un trauma ou diagnostiquées comme étant sur le spectre autistique. Certains chercheurs notent également des similitudes avec d’autres troubles compulsifs comme le TOC et le TDAH. Eli Somer mentionne qu’avec le TDAH, la frontière entre rêverie et inattention peut être floue, tandis qu’avec le TOC, les problèmes d’intrusion et de compulsion sont également présents.
Une reconnaissance en cours
Il est essentiel de noter que la rêverie maladaptive n’a pas encore été intégrée au DSM-5, le manuel de référence publié par l’American Psychiatric Association, qui classe les troubles mentaux.
Cependant, des chercheurs explorent de nouvelles méthodes pour traiter ce phénomène, dans l’espoir d’aider les personnes affectées à retrouver un certain équilibre sans pour autant renoncer à leurs instants d’évasion.
Il ne fait aucun doute qu’il existe de nombreux bénéfices à tirer de la rêverie, tant qu’elle reste dans un cadre positif et contrôlé.
FAQ
Qu’est-ce que la rêverie maladaptive ?
La rêverie maladaptive se réfère à des épisodes prolongés de rêverie qui interfèrent avec la capacité à fonctionner normalement dans la vie quotidienne.
Qui est le plus susceptible d’en souffrir ?
Cette condition touche généralement des individus ayant des antécédents de trauma, ainsi que ceux ayant des troubles de santé mentale tels que le TDAH et le TOC.
Quelles sont les conséquences de cette condition ?
Les conséquences incluent des difficultés relationnelles, de l’isolement social et des sentiments de honte, entraînant souvent un cercle vicieux difficile à rompre.
Y a-t-il des traitements disponibles ?
Bien qu’il n’existe pas de traitements spécifiques approuvés, des approches thérapeutiques sont en cours d’exploration pour aider les personnes à gérer cet état.
Comment différencier la rêverie saine de la maladaptive ?
La rêverie saine est un moment d’évasion bénéfique, tandis que la rêverie maladaptive interfère avec les activités quotidiennes et provoque une détresse émotionnelle.
