Faut-il prendre le risque ?
Deux études récentes publiées dans la revue Science explorent des méthodes de géoingénierie, à savoir l’injection de soufre dans l’atmosphère et la modification des nuages cirrus. Bien que les chercheurs souhaitent que ces approches ne soient jamais nécessaires, ils estiment qu’il est crucial de les étudier au cas où nous devrions davantage agir face à une crise climatique sévère.
Méthodes de géoingénie
La première méthode examine comment imiter les éruptions volcaniques. En utilisant des avions de dispersion, il serait possible d’injecter une quantité significative de soufre dans l’atmosphère afin de réduire l’ensoleillement atteignant la Terre, ce qui pourrait ainsi faire baisser la température de surface.
La deuxième stratégie consiste à modifier les nuages cirrus, connus pour leur capacité à retenir la chaleur dans l’atmosphère, agissant de manière similaire aux gaz à effet de serre. L’idée serait de « semer » ces nuages avec de petites particules de produits chimiques, de poussière désertique ou de pollen afin de les décomposer et permettre à davantage de chaleur de s’échapper.
Les défis liés à l’injection de soufre
Injecter du soufre est une idée risquée. Sur le plan financier, cela pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars par an sur une période qui pourrait atteindre 160 ans. De plus, cette technique pourrait causer des dommages à la couche d’ozone, entraînant des sécheresses mondiales sans pour autant réduire les niveaux d’acidité de l’océan ou ceux de dioxyde de carbone dans l’air.
Les projets de semis de nuages présentent également des incertitudes. Si le semis n’est pas réalisé de manière optimale, il se pourrait que cela entraîne une formation accrue de nuages cirrus, ce qui aurait pour effet de retenir encore plus de chaleur, sans diminuer les niveaux de CO2 dans l’air ni freiner l’acidification des océans.
Selon Kate Marvel, climatologue à la NASA, la géoingénie est comparable à consulter un médecin qui déclare que vous avez de la fièvre, mais qui ne cherche qu’à traiter les symptômes au lieu de la cause sous-jacente.
La véritable problématique
Les preuves s’accumulent, prouvant que le changement climatique est une menace de plus en plus pressante, principalement causée par l’activité humaine. Le consensus général a évolué vers l’idée qu’il est impératif d’agir maintenant pour éviter un effondrement écologique.
Une étude dirigée par Jim Hansen, ancien responsable des sciences climatiques à la NASA, insiste sur l’urgence d’une réduction rapide des émissions de combustibles fossiles, car nous avons déjà dépassé les limites environnementales acceptables.
L’année 2017 s’annonce comme l’une des plus chaudes et humides jamais enregistrées aux États-Unis, et d’autres pays éprouvent des tendances similaires. Bien que cela puisse sembler simpliste, Elon Musk a raison de dire qu’il n’est même pas nécessaire de se fier uniquement aux scientifiques pour estimer le réchauffement climatique ; un simple thermomètre pourrait suffire.
Des initiatives telles que l’Accord de Paris sont des avancées, mais beaucoup craignent que même si ces objectifs sont atteints, l’augmentation température risque de dépasser les 2 °C.
Cependant, certains climatologues restent optimistes, convaincus que les crises environnementales inciteront à un changement avant que nous n’atteignions le point de recourir à la géoingénie. Alan Robock, professeur à Rutgers, affirme que, sous une direction charismatique, des transformations rapides peuvent survenir, et il espère qu’une telle mobilisation mondiale évitera de recourir à de telles solutions.
FAQ
Qu’est-ce que la géoingénie ?
La géoingénie désigne ensemble des techniques destinées à modifier le climat terrestre, souvent proposées comme solutions aux effets du réchauffement climatique.
Quels sont les effets secondaires potentiels de l’injection de soufre ?
On craint que l’injection de soufre puisse détruire la couche d’ozone, causer des bouleversements climatiques et ne pas réduire les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Pourquoi est-il important de s’attaquer aux causes du changement climatique plutôt que de recourir à la géoingénie ?
Aborder les causes permet de résoudre les problèmes à la racine et d’éviter des solutions temporaires qui pourraient avoir des résultats indésirables. La géoingénie ne traite pas les émissions de gaz à effet de serre.
Quel est le rôle des accords internationaux dans la lutte contre le changement climatique ?
Les accords internationaux, comme l’Accord de Paris, visent à établir des objectifs de réduction des émissions pour limiter le réchauffement, mais leur efficacité dépend de la coopération mondiale.
Comment les individus peuvent-ils contribuer à la lutte contre le changement climatique ?
Les individus peuvent réduire leur empreinte carbone en adoptant des comportements durables, comme réduire leur consommation d’énergie, utiliser les transports en commun et soutenir des politiques écologiques.
