Une avancée majeure dans les greffes d’organes
Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins s’apprêtent à réaliser la première greffe de rein et de foie entre des patients atteints du VIH. Cette initiative représente une avancée significative, car elle permet aux patients VIH positifs d’apporter leur contribution à la forte demande en dons d’organes, ce qui pourrait potentiellement sauver des milliers de vies aux États-Unis.
Changement de législation
Auparavant, les patients vivant avec le VIH pouvaient recevoir des organes de donneurs non infectés, mais il était interdit de procéder à des greffes d’organes provenant d’individus infectés malgré le fait que le receveur soit également porteur du virus. Cette interdiction a été en vigueur de 1998 à 2013, créant un manque à gagner inacceptable.
Le HIV Organ Policy Equity Act, signé par le président Barack Obama, a permis de lever cette interdiction, offrant ainsi de nouvelles opportunités pour les patients. Ce changement a été salué par la communauté médicale, car il exploite désormais les organes qui auraient autrement été gaspillés.
L’impact sur les greffes
Des experts affirment que cette interdiction a entraîné le gaspillage de nombreux organes issus de patients VIH. Selon Dorry Segev, professeur associé de chirurgie à Johns Hopkins, il est estimé que plus de 500 organes par an sont perdus à cause de cette politique. Actuellement, l’institution a obtenu l’approbation nécessaire pour réaliser ces greffes grâce à l’accord de la United Network for Organ Sharing, un organisme à but non lucratif qui gère le système de greffe d’organes aux États-Unis.
Dès qu’un receveur et un organe compatible seront trouvés, la greffe pourra avoir lieu.
Segev a exprimé sa reconnaissance envers le Congrès, Obama, et toute la communauté des greffes pour leur soutien dans cette démarche, soulignant l’importance d’utiliser les organes de patients VIH positifs pour sauver des vies au lieu de les laisser inutilisés.
Une réalité mondiale
Bien que cette pratique soit nouvelle aux États-Unis, certaines régions du monde mènent déjà des greffes d’organes entre patients infectés par le VIH. Par exemple, en 2010, l’hôpital Groote Schuur en Afrique du Sud a réalisé des greffes de reins entre patients atteints. L’année dernière, cet hôpital a signalé que les résultats de ces interventions étaient encourageants, avec une taux de survie qui se révèle légèrement inférieur à celui des greffes provenant de donneurs non infectés.
Malgré les espoirs suscités, il est à noter que les médecins n’utilisent que les organes de patients décédés. Pour garantir la sécurité, ces greffes ne sont réalisées que sur des patients tous deux VIH positifs. Néanmoins, cette démarche représente un pas crucial vers l’amélioration et la sauvegarde de vies. Segev a commenté que cette avancée pourrait susciter la plus grande augmentation des greffes d’organes observée depuis une décennie.
FAQ
Comment fonctionne le processus de greffe d’organe entre patients VIH positifs ?
Le processus fait appel à un registre de patients nécessitant une greffe, et les médecins s’assurent que le don donneur est compatible avec le receveur, tous deux vivant avec le VIH.
Quelle est la durée d’attente pour une greffe entre VIH positifs ?
La durée d’attente peut varier en fonction de la disponibilité d’un organe compatible et du nombre de patients en attente dans le registre.
Quelles sont les implications éthiques de ces greffes ?
Ces greffes soulèvent des questions éthiques concernant l’utilisation des organes de donneurs infectés, mais elles permettent de sauver des vies et de réduire le gaspillage d’organes.
Existe-t-il des risques pour les receveurs ?
Il existe des risques associés aux greffes, notamment la possibilité de rejet de l’organe ou la transmission de maladies, bien que les procédures soient conçues pour minimiser ces risques.
Quelles autres innovations sont envisagées avec cette avancée ?
En plus des greffes, des recherches sont en cours pour améliorer les traitements de prévention et de gestion du VIH, visant à élargir les possibilités pour tous les patients.
