Une infection répandue
La région de l’Asie du Sud-Est est confrontée à une épidémie de paludisme résistant aux traitements. Cette épidémie a débuté au Cambodge avant de se propager, successivement, en Thaïlande, au Laos et au Vietnam. Une étude récente a révélé que ce strain s’est diffusé pendant cinq années avant que des résistances cliniques ne soient signalées.
En septembre 2017, Pedro Alonso, directeur du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l’OMS, avait réagi face à des signalements concernant un paludisme dit « super » dans la sous-région du Mékong (GMS), qui englobe les zones mentionnées ainsi que la province chinoise du Yunnan et la région autonome du Guangxi.
Il avait souligné que l’année précédente, les pays du GMS avaient enregistré moins de 200 décès liés au paludisme, indiquant que le principal facteur de mortalité dans cette région n’était pas la résistance médicamenteuse, mais plutôt un accès insuffisant au diagnostic et à un traitement rapide.
Cependant, selon une étude parue dans la revue Lancet Infectious Diseases, le paludisme résistant aux médicaments a été sous-estimé dans cette région au cours des dernières années, mettant en péril les efforts d’éradication.
Paludisme : causes, symptômes, diagnostic, traitement, pathologie
Le traitement de première intention pour les personnes atteintes de paludisme implique généralement une combinaison de deux médicaments antipaludiques puissants : **dihydroartémisinine** et **pipéraquine (DHA-PPQ)**. Introduite au Cambodge en 2008, cette combinaison a rapidement montré une résistance chez certains parasites responsables de la maladie.
Pour leur recherche, des scientifiques du Wellcome Sanger Institute ont analysé des données d’ADN provenant de 1 500 parasites en Asie du Sud-Est, dont 450 ont été prélevés au Cambodge entre 2007 et 2013. Ils ont découvert que des parasites résistants à la DHA-PPQ étaient déjà présents au Cambodge dès 2008, se propageant rapidement dans d’autres parties de la région.
Lutter contre le paludisme
Les chercheurs affirment qu’il existe encore des médicaments ou des combinaisons de médicaments pouvant traiter le paludisme, mais la situation dans le GMS est actuellement extrêmement fragile. Ils recommandent aux autorités d’utiliser les dernières technologies pour surveiller et gérer la propagation du paludisme résistant.
Dominic Kwiatkowski, l’un des auteurs de l’étude, a déclaré que notre recherche montre que la surveillance génomique moderne peut détecter les résistances beaucoup plus tôt qu’auparavant, fournissant des informations cruciales pour permettre aux responsables de la santé publique d’agir rapidement.
Il a également souligné l’importance d’équiper les programmes nationaux de lutte contre le paludisme avec des outils permettant une surveillance génomique active, afin de détecter les nouvelles résistances le plus tôt possible, réduisant ainsi le risque d’une épidémie mondiale majeure.
Ingénierie Génétique et Maladies – Gene Drive & Paludisme
Le GMS n’est pas le premier endroit à lutter contre une maladie résistante aux traitements. Des superbactéries résistantes aux antibiotiques se répandent dans le monde entier, tandis que la recherche de nouveaux médicaments n’a pas réussi à suivre le rythme de leur évolution.
Cela dit, plusieurs solutions potentiellement efficaces se profilent à l’horizon. Le premier vaccin contre le paludisme est actuellement en phase de test en Afrique, et une application a été développée pour aider les gens à identifier les moustiques porteurs de la maladie. Des chercheurs exploitent également l’intelligence artificielle pour découvrir de nouveaux traitements pour le paludisme, et des avancées pourraient permettre de contrecarrer la résistance aux médicaments.
Bien que le paludisme semble avoir l’avantage pour le moment, si ces initiatives aboutissent, un monde sans cette maladie mortelle pourrait devenir une réalité.
FAQ
Quelles sont les principales causes du paludisme ?
Le paludisme est principalement causé par des parasites transmis par les piqûres de moustiques infectés, notamment ceux du genre Anopheles.
Comment peut-on réduire le risque de paludisme ?
Des mesures de prévention incluent l’utilisation de répulsifs, de moustiquaires, et des traitements prophylactiques pour les voyageurs dans les zones à risque.
Quels sont les symptômes courants du paludisme ?
Les symptômes typiques du paludisme comprennent fièvre, frissons, maux de tête et douleurs corporelles. Si non traitée, la maladie peut entraîner des complications graves.
Existe-t-il des vaccins contre le paludisme ?
Oui, des vaccins sont en développement, et les premiers essais cliniques sont en cours, marquant des progrès importants dans la lutte contre cette maladie.
Quel est l’impact économique du paludisme ?
Le paludisme a des conséquences économiques lourdes, notamment en termes de perte de productivité et de coûts des soins de santé, particulièrement dans les pays où il est endémique.
