Une capacité très recherchée
Actuellement, les scientifiques disposent d’un atout que leurs prédécesseurs dans la lutte contre le VIH n’avaient pas : l’édition génétique. Pour un virus comme le VIH, qui évolue en permanence, cette avancée pourrait bien être la solution tant espérée des chercheurs.
Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), Judd Hultquist et Nevan Krogan, ainsi qu’Alexander Marson et Kathrin Schumann des Gladstone Institutes, ont récemment mis à profit cette technologie dans une étude parue dans Cell Reports.
Ces scientifiques ont élaboré un nouveau système d’édition cellulaire efficace, utilisant une version de CRISPR-Cas9, l’outil révolutionnaire qui permet de modifier des gènes à l’aide de l’enzyme Cas9 et d’un ARN guide (gRNA).
Bien que cette étude ne soit pas la première à explorer l’édition CRISPR dans le cadre de la recherche sur le VIH, elle se distingue par son approche innovante. En effet, certaines personnes possèdent des mutations génétiques leur conférant une immunité naturelle au VIH. Les chercheurs cherchent à reproduire les mécanismes biologiques de ces individus naturellement résilients au virus.
L’équipe s’appuie sur les avancées de CRISPR, qui a déjà montré son efficacité sur les cellules T, et sur le fait qu’il existe plusieurs combinaisons génétiques qui protègent contre le VIH. Avec cette plateforme d’édition, ils peuvent introduire des mutations dans des milliers de cellules T prélevées sur des donneurs sains. Ensuite, ces cellules modifiées sont exposées au VIH pour déterminer quelles mutations sont efficaces pour bloquer l’infection.
Nevan Krogan a souligné l’importance de cette technique : « Si nous envisageons d’éditer les cellules T et de les réintroduire chez des patients en tant que traitement, cela pourrait devenir la méthode de référence pour le faire rapidement, en toute sécurité et de manière efficace. »
Pour cela, les chercheurs ont ciblé les gènes CXCR4 et CCR5, responsables de la production des récepteurs que certaines souches du VIH utilisent pour pénétrer dans les cellules immunitaires. En rendant ces gènes inactifs, ils ont réussi à empêcher l’infection des cellules T humaines par le VIH.
Bien qu’une guérison définitive soit encore loin d’être atteinte, les perspectives offertes par cette méthode sont prometteuses. Comme l’a mentionné Alexander Marson, « cet outil comble un vide important dans la recherche sur les maladies infectieuses. Nous pouvons maintenant modifier les cellules immunitaires humaines et observer immédiatement les résultats. Le potentiel est immense — ce n’est que le début. »
FAQ
Quel est le rôle de CRISPR-Cas9 dans ce contexte ?
CRISPR-Cas9 est une technologie d’édition génétique qui permet de modifier précisément l’ADN. Elle est utilisée ici pour cibler des gènes spécifiques liés à la susceptibilité au VIH.
Les personnes modifiées garderont-elles cette immunité à vie ?
C’est l’objectif des chercheurs, mais cela nécessitera des études supplémentaires pour évaluer la durabilité de ces modifications.
Quelles autres applications pourrait avoir cette technologie ?
Au-delà du VIH, cette technique pourrait également être pertinente pour d’autres maladies infectieuses et génétiques.
Y a-t-il des risques associés à l’édition génétique ?
Comme pour toute technologie d’édition génétique, des préoccupations éthiques et des risques potentiels d’effets hors cible existent et font l’objet de débats parmi les scientifiques et les éthiciens.
Comment participer aux recherches sur cette nouvelle méthode ?
Les volontaires en bonne santé peuvent se renseigner auprès des institutions de recherche locales qui mènent des essais cliniques pour voir s’ils peuvent contribuer à ces études d’une manière sûre et éthique.
