Santé

Deux Femmes Vont Bénéficier d’une Thérapie de Bébé à Trois Parents au Royaume-Uni

Deux Femmes Vont Bénéficier d'une Thérapie de Bébé à Trois Parents au Royaume-Uni

Une avancée scientifique en procréation

Des médecins au Royaume-Uni ont reçu la validation des autorités pour pratiquer une thérapie de don mitochondrial sur deux femmes britanniques. Cette méthode, qui suscite des débats, permet de concevoir ce que l’on appelle des « bébés à trois parents ». Les femmes seront les premières à bénéficier de cette technique dans le pays.

La Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) a délivré son approbation le 1er février. C’est Mary Herbert, spécialiste en biologie reproductive, qui supervisera l’opération, laquelle se déroulera au Newcastle Fertility Centre. Ce centre est connu pour ses recherches sur ce type de thérapie, développée par Doug Turnbull, neurologue, visant à éviter la transmission de mutations dans l’ADN mitochondrial des mères.

Comment fonctionne la thérapie ?

Environ 99,8 % de l’ADN d’un individu se trouve dans les 23 paires de chromosomes du noyau cellulaire. Le reste, qui représente un pourcentage minime, réside dans les mitochondries. Les mitochondries sont transmises de la mère à l’enfant, ce qui signifie qu’une mutation génétique présente dans ces organites peut être héritée par les enfants. Dans le cas des deux femmes concernées, elles présentent une mutation liée à un syndrome rare appelé épilepsie myoclonique avec fibres rouges déchiquetées ou syndrome Merrf.

Cette thérapie vise à leur permettre d’avoir des enfants biologiques sans les risques associés à cette mutation. En utilisant des mitochondries saines provenant d’une donneuse, la transmission de la maladie pourrait être évitée.

Une opinion éclairée

Salvatore DiMauro, un expert en maladies mitochondriales à l’université de Columbia, a exprimé son soutien pour cette innovation, affirmant que la maladie Merrf est particulièrement débilitante. Il a insisté sur le fait que cette méthode est une solution fiable pour ne pas transmettre cette maladie.

L’horizon de cette technique

Bien que le Royaume-Uni soit le premier à approuver ce type de thérapie, ce procédé n’est pas nouveau à l’étranger. Par exemple, un médecin de New York, le Dr John Zhang, a réussi une intervention similaire sur une patiente atteinte du syndrome de Leigh, permettant ainsi à son enfant de naître sans héritage de la maladie maternelle.

De plus, en 2017, un couple en Ukraine a également eu un enfant grâce à cette méthode de don mitochondrial. Cela marque une avancée considérable en matière de procréation assistée, surtout après que la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) a interdit à Zhang de recourir à cette thérapie sur le sol américain.

Le potentiel illustré par ces réussites pourrait inciter d’autres pays à reconsidérer leur position sur cette pratique et à explorer davantage cette méthode prometteuse.

Les enjeux et les espoirs

Les personnes souffrant de mutations mitochondriales se trouvent souvent confrontées à des maladies graves qui peuvent compromettre la possibilité d’avoir des enfants sains. Bien que la thérapie de don mitochondrial soit encore relativement récente, elle présente un réel potentiel pour permettre à ces femmes de réaliser leur rêve de maternité.

Il est certain que le concept de « bébés à trois parents » pourrait sembler étrange aujourd’hui, mais si cette technique connaît un succès durable, elle pourra peut-être un jour être acceptée au même titre que la FIV traditionnelle. Les réussites à Newcastle seront cruciales et pourraient offrir de l’espoir à d’autres couples dans des situations similaires.

FAQ

Qu’est-ce que la thérapie de don mitochondrial ?

C’est une procédure innovante qui remplace les mitochondries défectueuses d’une mère par des mitochondries saines, permettant de réduire les risque de maladies héréditaires.

Quels sont les risques associés à cette thérapie ?

Malgré son potentiel, la thérapie comporte des risques, notamment les complications liées à l’intervention chirurgicale et les effets à long terme sur les enfants conçus avec cette méthode qui ne sont pas encore complètement compris.

D’autres pays utilisent-ils des techniques similaires ?

Oui, des initiatives similaires ont été mises en œuvre dans d’autres pays, notamment aux États-Unis et en Ukraine, où des naissances réussies ont été rapportées.

Comment la communauté scientifique réagit-elle à cette avancée ?

Les avis sont partagés, certains soutiennent cette avancée comme un progrès nécessaire, tandis que d’autres expriment des préoccupations éthiques concernant la modification génétique.

Quel est l’avenir de cette thérapie ?

Si les résultats des premières interventions au Royaume-Uni sont concluants, cela pourrait ouvrir la voie à une acceptation plus large de la thérapie de don mitochondrial à l’échelle internationale.

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