Les gènes liés aux capacités cognitives
Comprendre le fonctionnement du cerveau est un domaine de recherche en pleine expansion. Son extrême complexité a nécessité la collaboration d’une équipe de 60 chercheurs internationaux, membre du Cognitive Genomics Consortium (COGENT). Cette équipe a récemment mis au jour certains gènes associés à l’intelligence dans un article publié dans la revue Molecular Psychiatry.
La recherche, conduite par Todd Lencz du Feinstein Institute for Medical Research, a porté sur les gènes de 35 000 individus. Les chercheurs ont évalué les fonctions cérébrales à travers divers tests portant sur l’apprentissage, la mémoire et d’autres dimensions cognitives. Leurs travaux ont permis d’identifier de nouvelles variantes génétiques en lien avec la capacité cognitive. Comme l’a souligné Lencz, “Cette recherche apporte de nouvelles pistes sur le fonctionnement du cerveau à un niveau moléculaire.”
De manière intéressante, les chercheurs de COGENT ont également mis en évidence, pour la première fois, un chevauchement moléculaire entre la capacité cognitive et la personnalité. Ils ont observé que des prédispositions génétiques à une meilleure capacité cognitive étaient associées à une plus grande ouverture aux expériences. Cela indique que certains gènes favorisant la curiosité envers de nouvelles idées et expériences sont les mêmes qui améliorent les compétences cognitives.
Vers de meilleurs traitements pour les troubles cognitifs
Les résultats de cette recherche ouvrent la voie à des traitements plus efficaces. “Notre objectif à long terme est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter les troubles cognitifs, comme la schizophrénie et le TDAH,” a déclaré Lencz.
Bien que de nombreuses études existent déjà sur l’amélioration des traitements pour les troubles neurologiques et cognitifs, les découvertes de COGENT apportent une perspective unique qui pourrait enrichir des recherches existantes, telles que celles sur Parkinson ou Alzheimer. Lencz est d’ailleurs impliqué dans plusieurs études sur la schizophrénie.
Cependant, comme pour toute recherche, des investigations supplémentaires sont nécessaires. “Nous avons identifié des centaines de gènes associés à des traits tels que la taille ou le poids, mais très peu concernant les capacités cognitives. Il nous reste beaucoup à faire pour saisir les bases moléculaires de la fonction cérébrale,” a remarqué Lencz. COGENT collabore déjà avec des partenaires européens pour élargir son équipe, visant à collecter plus de 100 000 échantillons d’ADN.
FAQ
Quels sont les principaux objectifs du projet COGENT ?
Le projet COGENT vise à identifier des gènes associés aux capacités cognitives afin de mieux comprendre leur fonctionnement et de développer des traitements ciblés pour les troubles cognitifs.
Comment ces découvertes pourraient-elles impacter le traitement de la schizophrénie ?
Les recherches pourraient offrir de nouvelles cibles thérapeutiques, permettant de mieux cibler les traitements et développer des médicaments plus efficaces pour les personnes atteintes de schizophrénie.
Existe-t-il d’autres études sur le lien entre gènes et cognition ?
Oui, plusieurs études examinent les relations entre la génétique et la cognition, mais les résultats de COGENT sont particulièrement innovants en révélant le lien entre cognition et personnalité.
Pourquoi est-il important d’élargir l’échantillon à 100 000 ADN ?
Un échantillon plus vaste améliorerait la robustesse des résultats, offrant ainsi une meilleure compréhension des variations génétiques et de leurs implications sur les capacités cognitives.
Quels types de tests ont été réalisés pour évaluer les fonctions cérébrales ?
Les chercheurs ont mené divers tests axés sur l’apprentissage, la mémoire et d’autres processus cognitifs pour mesurer les performances des participants.
