Une nouvelle vidéo révèle ce que l’industrie pharmaceutique aimerait cacher : un remède miraculeux contre le cancer, découvert en 1816 et issu de la mousse, fonctionne réellement et est facilement accessible en ligne.
Cette vidéo, comme l’a rapporté WIRED, a rapidement accumulé des millions de vues. Cependant, ceux qui ont suivi les instructions de la vidéo à la lettre pour “Regardez jusqu’à la fin !” ont réalisé que l’objectif réel était d’apprendre à se montrer **sceptique** face à des vidéos similaires.
En effet, cette vidéo intitulée “Ce TRUC NATUREL peut GUÉRIR VOTRE CANCER” est une supercherie comme tant d’autres. La mousse, son soi-disant découvreur et le remède évoqué n’existent pas, se rangeant parmi d’autres vidéos qui avancent des affirmations dangereuses, déjà démenties, comme la possibilité de guérir le cancer avec de l’énergie. Mais à la différence d’autres, celle-ci se termine par un message précis : **faites attention** aux médias que vous consommez et soyez attentifs aux signes de désinformation.
Ce TRUC NATUREL peut GUÉRIR VOTRE CANCER
Jonathan Jarry, un communicateur scientifique de l’Université McGill, est derrière cette vidéo, dont le soi-disant inventeur du remède, le Dr Johan R. Tarjany, est un anagramme de son nom.
Pour en savoir plus sur les motivations derrière cette vidéo, **Futurism** a échangé avec Jarry par e-mail. Voici un aperçu de notre dialogue, légèrement ajusté pour clarification.
Objectif de la vidéo
Futurism : Quel était l’objectif initial de cette vidéo ? Éducatif, humoristique ou un mélange des deux ?
Jarry : Notre mission à l’Office pour la Science et la Société est de distinguer le bon sens de la désinformation en matière scientifique. Cela s’avère compliqué, car le contenu viral qui touche le public est rarement nuancé ou même exact sur le plan scientifique. Nous avons donc voulu créer une vidéo qui délivrerait un message différent, à savoir que **le scepticisme est essentiel** pour mieux gérer sa santé. Cette vidéo a été conçue comme un cheval de Troie, ayant l’apparence de ces vidéos populaires et facilement partageables, mais en réalité, c’était un **gros fake** pour montrer à quel point il est simple d’être manipulé par ce type de contenu en ligne.
Public cible
Futurism : Qui visiez-vous avec cette vidéo ? Supposiez-vous que l’argument en profiterait surtout à ceux qui consomment déjà des médias avec un certain scepticisme, tout en incitant d’autres à réfléchir ?
Jarry : Je voulais vraiment toucher ceux qui, pour diverses raisons, sont tentés par ce genre de vidéos. Les inconditionnels des médecines alternatives sont souvent inaccessibles, mais beaucoup se trouvent dans le flou à cause d’informations contradictoires. Bien que difficile d’évaluer notre portée exacte, j’espère avoir touché un **bon nombre** de personnes. Avec plus de 8,5 millions de vues, il est peu probable que seuls des sceptiques l’aient vu. **Les sceptiques ont des amis** et des proches qui manquent de formation en pensée critique, donc le fait que la vidéo ait été partagée plus de 130 000 fois sur différentes plateformes me laisse penser que notre message a réussi à se propager.
Réactions du public
Futurism : Quels retours avez-vous reçus jusqu’à présent ? Vos attentes se sont-elles confirmées ?
Jarry : Les commentaires sur Facebook et Twitter ont été **inestimables**, certains se lançant dans des débats pour savoir s’ils avaient regardé la vidéo en entier. Ce comportement reflète une tendance à réagir et partager sans vraiment consommer le contenu. Beaucoup affirmaient “Tu n’as pas regardé jusqu’à la fin, n’est-ce pas ?”, contribuant ainsi à la viralité de la vidéo, car ceux qui découvrent la farce souhaitent la relayer pour voir qui, parmi leurs amis, pourrait y croire. Cela devient presque un rite de passage.
Habitudes de visionnage
Futurism : Avez-vous des informations sur le temps qu’ont passé les gens à visionner la vidéo, étant donné que les 40 premières secondes ressemblent à un contenu médical trompeur ?
Jarry : Je n’ai pas accès à ces analyses, car notre stratégie de diffusion était plutôt atypique. Nous ne voulions pas que “McGill” et “science” apparaissent immédiatement. Nous avons donc collaboré avec des influenceurs qui ont partagé la vidéo d’abord sur les réseaux sociaux. Cependant, même si certaines personnes n’ont pas visionné la vidéo jusqu’à sa révélation, ils **ne risquent pas** d’essayer ce remède à base de mousse, car celle-ci n’existe tout simplement pas.
Projets futurs
Futurism : Prévoyez-vous de poursuivre des projets de ce type, ou était-ce un coup d’essai ?
Jarry : Cette vidéo était un essai audacieux, un moyen de tester si cela fonctionnerait, et nous avons largement dépassé nos attentes. Je ne pense pas que nous puissions réaliser régulièrement ce type de coup, mais cela m’a donné des idées pour des projets futurs. J’espère que les gens ne s’y attendront pas et que notre message sceptique pourra continuer à atteindre un public large. **L’éducation publique** sur la pensée critique et la culture scientifique a un besoin urgent de visibilité.
FAQ
Qu’est-ce qui rend cette vidéo unique par rapport à d’autres vidéos de désinformation ?
Cette vidéo se distingue par son message final, qui incite à la vigilance face aux contenus trompeurs, contrairement à d’autres vidéos qui n’ont pas de but éducatif.
Comment le public a-t-il réagi face à la vidéo ?
Les retours sur les réseaux sociaux ont été très partagés, avec des discussions animées sur le visionnage complet de la vidéo, ce qui a contribué à sa viralité.
Jonathan Jarry a-t-il d’autres projets similaires en cours ?
Bien que l’idée de créer des vidéos similaires soit encore en discussion, il est convaincu de l’importance de promouvoir le sens critique et l’éducation scientifique.
Pourquoi est-il important d’être sceptique face aux vidéos en ligne ?
Le scepticisme permet de mieux naviguer dans un océan d’informations, d’identifier la désinformation et de faire des choix éclairés concernant sa santé.
Quels types de contenus viraux sont souvent sujets à désinformation ?
Les vidéos prétendant révéler des remèdes miraculeux ou des théories du complot autour de la santé sont parmi les plus fréquents.
