Santé

Cerveaux Cultivés en Laboratoire : Une Puissance Croissante.

Cerveaux Cultivés en Laboratoire : Une Puissance Croissante.

En 1907, le biologiste américain **Henry Van Peters Wilson** a constaté que les éponges pouvaient reformer des organismes vivants après que leurs cellules aient été détruites à travers un tamis fin. Cette découverte a mis en évidence la présence au sein des cellules de ce qui leur permet de bâtir des structures multicellulaires complexes.

Les chercheurs ont approfondi ce sujet pendant des décennies, menant à l’isolement des cellules souches pluripotentes, appelées **« cellules maîtresses »**, qui ont la capacité de se diviser indéfiniment et de se transformer en n’importe quel type de cellule. Ces cellules ont été d’abord extraites d’**embryons de souris** en 1981, puis d’**embryons humains** en 1998.

En 2013, les cerveaux cultivés en laboratoire ont fait leur apparition avec la création du premier **« organe cérébral »** par une équipe dirigée par **Madeline Lancaster**. Cet organe, une minuscule culture cellulaire en trois dimensions, imite le cerveau humain. Composés de cellules souches, ces mini-cerveaux contiennent de véritables neurones, ce qui permet aux chercheurs d’étudier le développement cérébral, de modéliser des maladies neurologiques et de tester des médicaments avant de passer aux essais cliniques (ce qui, comme vous vous en doutez, suscite des débats).

Actuellement, des scientifiques de l’**Université de Californie à Santa Cruz** développent ces cerveaux en laboratoire en leur permettant de traiter des informations en temps réel.

Dans une avancée notable publiée dans la revue **Cell Reports**, ces chercheurs ont parvenu à entraîner les cerveaux cultivés en laboratoire à résoudre le **problème du balancier**. Ce problème est un **standard d’ingénierie** utilisé en robotique et en intelligence artificielle pour évaluer l’efficacité des systèmes dans le traitement de l’information.

Ce test consiste à maintenir un balai droit sur la paume de la main, ce qui nécessite des ajustements constants, sinon il tombe. Chaque être humain doit apprendre à résoudre ce problème pour rester debout et marcher. Heureusement, nous bénéficions de notre instinct animal et, plus crucialement, de notre oreille interne pour nous guider; toutefois, les organoïdes cérébraux n’ont pas cet avantage.

Néanmoins, en utilisant des signaux électriques et un algorithme d’apprentissage par renforcement, les chercheurs ont réussi à faire progresser le taux de réussite des organoïdes cérébraux dans ce test, le faisant passer de 4,5 % à 46 %.

**Ash Robbins**, l’un des auteurs principaux de l’étude, a déclaré dans un communiqué de presse : « On pourrait considérer cela comme un coach virtuel qui dit : ‘vous vous y prenez mal, ajustez cela légèrement.’ Nous apprenons à donner ces signaux de manière optimale. »

En somme, cette réussite prouve que les organoïdes cérébraux sont capables d’apprentissage orienté vers un but, semblable à celui qu’un enfant traverse en apprenant à marcher. C’est une avancée significative pour les neurosciences, survenant environ 120 ans après que Henry Van Peters Wilson ait exploré la régénération des éponges.

**Keith Hengen**, professeur associé de biologie à l’Université de Washington à St. Louis, a ajouté : « Ces circuits neuronaux sont incroyablement simples. Il n’y a ni dopamine, ni expérience sensorielle, ni corps à entretenir, ni objectifs à poursuivre. Pourtant, avec un retour d’information électrique ciblé, ce tissu est suffisamment plastique et structuré pour résoudre un véritable problème de contrôle. Cela indique que la capacité de calcul adaptatif est intrinsèque au tissu cortical, indépendamment de tout le scaffolding que l’on pense généralement nécessaire. »

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FAQ

Qu’est-ce qu’un organe cérébral ?

Un organe cérébral est une structure cellulaire en trois dimensions cultivée en laboratoire qui imite certaines fonctions du cerveau humain, permettant ainsi aux chercheurs d’étudier ses caractéristiques.

Quels sont les avantages des cellules souches pluripotentes ?

Les cellules souches pluripotentes peuvent se différencier en n’importe quel type de cellule du corps et se diviser indéfiniment, ce qui en fait des outils précieux pour la recherche biomédicale et la médecine régénérative.

Comment les cerveaux en laboratoire sont-ils utilisés dans le traitement des maladies ?

Les cerveaux cultivés en laboratoire permettent d’étudier le développement neurologique et de tester des traitements potentiels avant d’effectuer des essais sur des humains.

Pourquoi l’apprentissage par renforcement est-il important dans cette recherche ?

L’apprentissage par renforcement permet aux chercheurs de former des systèmes à réagir et à s’adapter à leur environnement, ce qui est essentiel pour comprendre comment des structures simples peuvent développer des comportements complexes.

Quels défis éthiques posent les recherches sur les organes cérébraux ?

Ces recherches soulèvent des questions éthiques concernant la conscience et le bien-être des tissus cérébraux cultivés, ainsi que l’impact potentiel sur les sociétés humaines et leur perception de l’intelligence artificielle.

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