Santé

Des Chercheurs Capturent le Sommeil pour la Première Fois grâce à un Dispositif Portable

Des Chercheurs Capturent le Sommeil pour la Première Fois grâce à un Dispositif Portable

Mesurer le sommeil

Il a longtemps été difficile de mesurer la qualité du sommeil des individus. Traditionnellement, les patients devaient se rendre dans des laboratoires du sommeil, où une équipe de chercheurs et de médecins utilisait divers appareils pour surveiller leurs nuits, souvent dans un cadre peu propice à l’endormissement. Cette approche est non seulement coûteuse, mais aussi chronophage, sans garantir que les résultats reflètent un sommeil “normal”. Heureusement, une récente découverte pourrait transformer cette situation.

Comme le révèle une étude parue dans le journal Current Biology, des chercheurs ont développé une méthode permettant de suivre le sommeil humain de manière précise tout en se trouvant chez eux, ce qui représente un tournant dans ce domaine. Ce système, bien plus abordable et pratique, constitue une première pour mesurer objectivement les habitudes et la qualité du sommeil de nombreux participants.

Le chercheur Till Roenneberg de l’Université Ludwig Maximilian de Munich a déclaré qu’il n’y avait presque aucune possibilité d’obtenir des structures de sommeil détaillées dans un cadre de vie normal sur de longues périodes. « Il n’est pas facile d’emmener un EEG chez soi et de le placer à côté de son lit. Nous sommes sur le point de dévoiler des comportements de sommeil jamais observés auparavant. »

Le cœur de cette recherche repose sur un dispositif portable qui suit et enregistre les comportements liés au sommeil. Coûtant environ 150$, cet appareil est semblable aux trackers d’activité disponibles sur le marché. Appelés actimètres, ces dispositifs mesurent les mouvements au poignet pendant trois mois, permettant ainsi aux chercheurs d’évaluer les habitudes d’activité sur d’importantes périodes.

Suivi de l’activité

Cette étude s’inscrit dans un projet plus large visant à approfondir notre compréhension du sommeil humain. Roenneberg et son équipe, y compris Eva Winnebeck qui dirige le laboratoire du sommeil de l’LMU, ont collecté plus de 20 000 jours de données sur le sommeil et l’activité de 574 participants, âgés de 8 à 92 ans. Toutefois, au début de leur analyse, il leur était difficile de discerner les schémas de sommeil typiques que l’on observe habituellement dans un laboratoire.

Cependant, en scrutant ces données, une tendance fascinante a émergé : en se concentrant sur les périodes d’inactivité nocturne, ils ont pu identifier un schéma régulier. En mesurant l’inactivité, ils ont pu obtenir une image claire des habitudes de sommeil dans leur cadre naturel. « C’était époustouflant de voir à quel point cela clarifiait les structures », a affirmé Roenneberg.

Les chercheurs ont également observé que les mouvements et l’activité des dormeurs étaient liés aux niveaux de sommeil et à la phase de sommeil paradoxal (REM). Toutefois, des recherches et des analyses supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir utiliser ces résultats pour développer des interventions visant à améliorer la qualité du sommeil.

D’après Roenneberg, « Actuellement, nous ne sommes pas en mesure d’évaluer l’impact des interventions. Par exemple, si nous modifions les horaires scolaires, cela affecte-t-il la qualité du sommeil ? Que dire des horaires de travail en équipe ou de l’éclairage intérieur ? Toutes les interventions visant à améliorer le sommeil reposent seulement sur la durée de sommeil et sur les ressentis des individus. Il n’existe pas de moyen objectif pour mesurer la qualité du sommeil, et cela nous manque cruellement. »

Avec un dispositif capable d’enregistrer le sommeil dans un environnement naturel, l’équipe de l’LMU est optimiste quant aux résultats futurs. Au fur et à mesure que les capacités des dispositifs portables s’améliorent et que le nombre de participants augmente, les études sur le sommeil et la recherche médicale en général pourront en tirer profit.

FAQ

Quels types de données peuvent être collectées avec les actimètres ?

Les actimètres recueillent des informations sur les mouvements au poignet, permettant ainsi d’analyser l’activité physique ainsi que les phases de sommeil.

Existe-t-il des risques associés à l’utilisation de dispositifs portables pour le suivi du sommeil ?

Comme pour tout dispositif technologique, des préoccupations peuvent exister concernant la vie privée et la sécurité des données, mais ces dispositifs sont généralement considérés comme sûrs.

Est-ce que ces nouvelles méthodes de mesure du sommeil peuvent aider à traiter des troubles du sommeil ?

Oui, en comprenant mieux les habitudes de sommeil naturelles, les chercheurs espèrent développer des interventions ciblées pour traiter divers troubles du sommeil.

Comment les résultats de cette recherche pourraient-ils influencer les recommandations de santé publique ?

Une meilleure compréhension des habitudes de sommeil pourrait contribuer à établir des recommandations plus efficaces concernant les heures de travail, l’éducation et d’autres aspects de la vie quotidienne.

Où puis-je trouver plus d’informations sur les innovations dans le domaine du sommeil ?

De nombreuses revues académiques et sites internet spécialisés publient régulièrement des recherches et des articles sur le sommeil et sa mesure.

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