Propositions Budgétaires de Trump et leur Impact
Le 16 mars, le président Donald Trump a dévoilé son projet de budget, suscitant immédiatement des préoccupations quant aux réductions de financement. Ce budget, qualifié de « budget allégé », prévoit de réduire de 6 milliards de dollars les fonds alloués aux National Institutes of Health (NIH) en 2018, ce qui représente près de 20 % de leur budget actuel. De même, l’Office of Science du Department of Energy (DOE) subira une perte de 900 millions de dollars, soit également environ 20 % de son budget. Des programmes de recherche à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et à l’Environmental Protection Agency (EPA) vont subir des coupures drastiques de 25 % et 40 % respectivement, tandis que l’intégralité du budget de 300 millions de dollars de l’agence Advanced Research Projects Agency-Energy, rattachée au DOE, sera supprimée. Le budget consacré à l’NASA pour la recherche terrestre sera également réduit de 5 %. Certaines agences, comme la National Science Foundation (NSF), n’ont pas été abordées dans le projet, mais l’ensemble du budget dénote un changement radical par rapport aux modèles de dépenses précédents.
Mécontentement au Sein de la Communauté Scientifique
Les partisans de la recherche biomédicale expriment de vives inquiétudes, notamment face aux réductions au sein de l’NIH. Benjamin Corb, représentant de la American Society for Biochemistry and Molecular Biology, a déclaré : « Une réduction de 6 milliards de dollars au sein de l’NIH est inacceptable pour la communauté scientifique et devrait l’être également pour le public américain. Le plan de dépenses de l’année fiscale 2018 de Trump efface des années de soutien bipartisan pour l’NIH, mettant en péril notre statut de leader mondial en matière d’innovation biomédicale. » Les craintes de Corb sont partagées par d’autres, comme Jason Rao, directeur des affaires internationales de la American Society for Microbiology, qui compare la coupe de fonds à arrêter les moteurs d’un avion trop lourd pour décoller. Il souligne que les véritables menaces pour les États-Unis, comme les maladies infectieuses, le changement climatique et la production d’énergie, nécessitent des recherches scientifiques robustes pour être efficacement abordées.
Le Rôle Crucial de l’NIH et du DOE
L’NIH est la principale agence fédérale des États-Unis dédiée à la recherche en santé et en biomédecine, et représente la plus grande organisation de recherche biomédicale au monde. Le budget 2017 prévoyait une augmentation de 1 à 2 milliards de dollars pour l’NIH, mais avec l’absence d’accord du Congrès sur les dépenses de cette année-là, le financement est resté bloqué à son niveau de 2016.
La Graphique des Financements de l’Office of Science du DOE, qui se concentre principalement sur la recherche fondamentale dans le secteur de l’énergie et le soutien aux sciences physiques, sera impactée par la suppression des garanties de prêts pour les projets d’énergie à faibles émissions de carbone, ainsi que des financements pour des programmes innovants. Toutefois, il est important de noter que les programmes liés aux armes nucléaires resteront intacts.
Les Conséquences des Coupures Budgétaires
Les coupures envisagées toucheraient également la gestion côtière et les programmes de résilience côtière, qui sont essentiels pour la lutte contre l’élévation du niveau de la mer et les tempêtes. Des scientifiques de la NOAA, qui se penchent sur les conditions océaniques et atmosphériques, affirment que ces coupes nuiraient à la recherche sur le changement climatique. Conrad Lautenbacher, ex-administrateur de la NOAA sous George W. Bush, a averti que ces hausses pourraient s’avérer malvenue compte tenu des besoins sociétaux et des implications pour la sécurité nationale.
Des experts, comme Rick Spinrad, ancien chef scientifique pour la NOAA, insistent sur le fait que les recherches et opérations de cet organisme, y compris la gestion des données satellites, sont cruciales pour la sécurité publique. La réduction des financements pourrait compromettre la sécurité américaine.
NASA, quant à elle, envisagerait des réductions de son budget de 1 %, principalement en annulant plusieurs missions liées au climat. Ce manque d’investissements pour la recherche sur le climat semble motivé, d’après certains, par le besoin de compenser une réduction de 54 milliards de dollars pour augmenter les dépenses militaires, un choix qui ne passe pas inaperçu auprès des chercheurs.
La négociation de changements au niveau des agences nécessite souvent des modifications législatives à travers le Congrès, un processus qui requiert du temps et des compromis. Jonathan Adler, du Center for Business Law and Regulation, conclut que de trop nombreuses coupures pourraient transférer les priorités de l’agence vers des décisions judiciaires, une situation peu souhaitable pour l’administration.
FAQ
Pourquoi ces coupes budgétaires sont-elles problématiques ?
Ces coupures menacent non seulement la recherche fondamentale, mais elles pourraient également compromettre la santé publique et la sécurité nationale en réduisant les ressources allouées à la lutte contre des enjeux critiques comme les maladies infectieuses et le changement climatique.
Quel est l’impact sur la recherche en climatologie ?
La réduction des financements pour NASA et NOAA pourrait stoppe des projets essentiels pour comprendre et lutter contre le changement climatique, affaiblissant notre capacité à prévoir et à gérer ses conséquences.
Comment la communauté scientifique réagit-elle ?
De nombreux scientifiques et institutions expriment leurs préoccupations via des déclarations publiques et des actions de plaidoyer pour préserver les financements dans le domaine de la recherche.
Quelles alternatives existent pour modifier ces décisions budgétaires ?
Les changements au niveau des décisions des agences nécessitent l’intervention du Congrès et des modifications législatives, qui requièrent un processus long et souvent complexe.
Quel est l’avenir de l’NIH et de l’EPA sous ce budget proposé ?
L’avenir des deux agences pourrait être compromis si les budgets continuent de diminuer, ce qui mettrait à mal leur capacité à mener des recherches essentielles pour la santé et l’environnement.
