Mobilité

Première mondiale : un cargo de haute mer équipé d’un système d’énergie solaire marin

Première mondiale : un cargo de haute mer équipé d’un système d’énergie solaire marin

Pourquoi ce navire fait parler de lui

Aux Pays-Bas, une entreprise spécialisée dans l’énergie solaire maritime a réussi une première mondiale: équiper un cargo hauturier d’un système solaire complet et opérationnel. Ce jalon marque une avancée concrète vers un transport maritime plus durable, en réduisant la consommation de carburant et les émissions tout en apportant une source d’énergie fiable en mer.

Le navire et l’équipe derrière le projet

Le système a été conçu par Wattlab, une société de Rotterdam dédiée aux solutions d’énergie propre. L’installation équipe le MV Vertom Tula, un cargo diesel-électrique de 7 280 tonnes de port en lourd, exploité par le Vertom Group. L’objectif: diminuer l’empreinte carbone des opérations sans perturber la vie à bord ni la logistique des escales.

Ce que le système apporte à bord

Au cœur de la solution se trouvent 44 Solar Flatracks totalisant environ 79 kWp de puissance installée. Cette capacité couvre près de 20 % de la « hotel load » du navire, c’est-à-dire l’énergie consommée par les systèmes internes tels que l’éclairage, la navigation ou la climatisation. En pratique, cela se traduit par:

  • une baisse mesurable de la consommation de fuel en navigation et au mouillage;
  • une réduction directe des émissions de CO2;
  • une alimentation complémentaire stable pour les équipements de bord.

Une installation pensée pour les opérations

La solution a été posée en une journée au port de Harlingen grâce à une conception modulaire. Les panneaux s’intègrent via des accastillages standard de conteneurs, ce qui facilite:

  • une installation ou un retrait rapide selon les besoins de chargement;
  • un empilement et un stockage sur l’empreinte d’un conteneur de 20 pieds si un cargo spécial l’exige;
  • le maintien en place sur les couvercles d’écoutilles durant les opérations de chargement/déchargement, sans gêner l’équipage.

Côté usage, l’équipage, d’abord sceptique, a constaté que les Flatracks demandent peu de maintenance et ne retiennent pas la salinité en surface, l’eau s’évacuant facilement.

Des essais éprouvants et des résultats validés

Avant ce déploiement, Wattlab et Vertom ont mené deux pilotes sur trois ans en conditions côtières exigeantes. Les performances ont été validées par l’organisme néerlandais TNO: la production reste régulière et la structure conserve son intégrité malgré l’environnement marin. Cette validation renforce la crédibilité de la solution pour des navires qui affrontent vents, embruns et variations de charge au quotidien.

Impact économique et climatique

En réduisant la demande en énergie fossile pour la vie à bord, le système améliore le rendement opérationnel du navire. Selon le profil de navigation et l’ensoleillement, l’installation peut offrir un retour sur investissement positif, tout en contribuant aux objectifs de décarbonation du secteur. Le projet a été cofinancé par le Just Transition Fund (JTF) de l’Union européenne, en ligne avec l’ambition de neutralité climatique à l’horizon 2050.

Et après ?

La standardisation par fittings de conteneurs ouvre la voie à des rétrofits rapides sur d’autres cargos opérant en short-sea et en cabotage. À terme, ce type de capteurs peut se combiner à des batteries, des moteurs hybrides ou des carburants alternatifs, offrant un levier supplémentaire pour réduire les émissions sans immobiliser la flotte.

FAQ

Quelle est la durée de vie typique de panneaux solaires marinisés ?

Dans le maritime, on vise souvent une durée de vie de l’ordre de 20 à 25 ans, sous réserve d’une maintenance régulière et d’une exposition saline maîtrisée. Les matériaux et encapsulations « marine grade » prolongent la tenue mécanique et la performance.

Peut-on intégrer ces panneaux à un système batterie existant ?

Oui. Les générateurs PV peuvent s’interfacer avec un système de gestion d’énergie pour charger des batteries ou alimenter des auxiliaires, en priorisant l’énergie solaire quand elle est disponible et en basculant automatiquement vers le groupe électrogène lorsque nécessaire.

Que se passe-t-il en hiver ou par temps couvert ?

La production baisse lorsque l’irradiance diminue, mais reste utile pour les charges auxiliaires. Un pilotage énergétique ajuste la répartition des charges (éclairage, HVAC, électronique) afin d’optimiser chaque kilowatt produit.

Quels types de navires peuvent être rééquipés en priorité ?

Les cargos de cabotage, porte-conteneurs feeder, général cargo et certains ferries disposant de surfaces libres et d’accès simple aux couvercles d’écoutilles sont de bons candidats. Des études d’ombre, de stabilité et de structure sont nécessaires avant déploiement.

Quel entretien prévoir au quotidien ?

Essentiellement des inspections visuelles, le rinçage périodique à l’eau douce, et des contrôles de connectique et de fixations. Le suivi à distance des données de performance permet d’anticiper les interventions et de limiter les arrêts.

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