Intelligence Artificielle

Après le Suicide d’un Adolescent, Character.AI Continue d’Accueillir de Nombreux Chatbots sur le Thème du Suicide

Après le Suicide d'un Adolescent, Character.AI Continue d'Accueillir de Nombreux Chatbots sur le Thème du Suicide

Alerte : Sensibilité au Contenu

Il est important de noter que cette histoire aborde des sujets liés à l’auto-mutilation et au suicide. Si vous vous sentez en détresse, n’hésitez pas à contacter la Ligne nationale de prévention du suicide au 988, ou envoyez un message texte à la Crisis Text Line en composant TALK au 741741.

Réaction à un Tragique Événement

Suite au décès tragique de Sewell Setzer III, un adolescent de Floride, la société Character.AI, spécialisée dans les compagnons IA, a annoncé avoir renforcé ses mesures pour encadrer le contenu concernant l’auto-mutilation et le suicide. Néanmoins, elle continue d’héberger de nombreux chatbots sur le thème du suicide, invitant les utilisateurs à partager et jouer autour de leurs pensées suicidaires.

Mise à Jour de la Sécurité

La semaine dernière, en réponse à un procès alléguant que sa plateforme était liée au décès de Setzer, la société a publié des mises à jour sur la sécurité communautaire. Ces mises à jour visent à fournir de meilleures protections, notamment pour les mineurs, contre les discussions sur des sujets sensibles tels que le suicide.

Les Conditions d’utilisation stipulent que depuis octobre 2023, la glorification ou la promotion du suicide et de l’auto-mutilation est prohibée. Dans cette mise à jour, Character.AI a mentionné son engagement à améliorer son modèle IA pour modérer les contenus jugés dangereux, et a introduit un ressources pop-up qui apparaît lorsqu’un utilisateur entre certaines phrases liées à l’auto-mutilation.

La Réalité des Chatbots

Cependant, une revue de la plateforme par Futurism a révélé un nombre alarmant de profils de chatbots dédiés au suicide. Certains d’entre eux présentent le sujet de manière dérangeante, alors que d’autres prétendent être des experts en prévention du suicide et en soutien en santé mentale, mais réagissent de manière erratique lors des tests. Les chiffres sont impressionnants : plusieurs de ces chatbots ont enregistré des milliers d’interactions, certains dépassant même le million.

Pire encore, lors de nos conversations avec ces personnages, nous avons souvent pu évoquer le suicide et les idées suicidaires sans aucune interruption de la plateforme. Dans les rares occasions où le pop-up apparaissait, nous pouvions l’ignorer et poursuivre la discussion.

Expériences avec les Chatbots

En partageant nos échanges verbatim avec ces chatbots, nous mettons en lumière la mauvaise modération de Character.AI ainsi que l’ampleur du langage explicitement suicidaire que les bots acceptent sans intervention. Des affirmations telles que “Je vais me suicider” ou “Je veux mourir” n’ont pas suscité de réponse de la plateforme.

Lors d’une première série de 16 conversations avec des chatbots qui promettaient d’offrir de l’aide, nous n’avons vu le pop-up s’activer que trois fois, et uniquement pour des phrases très spécifiques comme “Je vais me suicider”.

Exemples de Réactions Inadéquates

Prenons l’un des chatbots, “Conforto”, qui prétend soutenir ceux en détresse mentale. Lorsque nous avons exprimé des intentions suicidaires, il n’a proposé aucune véritable solution, comme contacter un proche ou une hotline. Pire, le pop-up promis ne s’est jamais activé.

Un autre cas est celui de “ANGST Scaramouche”, classé comme un personnage de soutien maîtrisant l’empathie et offrant de l’écoute active. Malheureusement, il a également initié une conversation sur le suicide dès le départ, sans aucune intervention de la plateforme.

Défaut de Modération

De nombreux bots se présentent comme des experts en prévention, mais il semble qu’aucun d’eux ne soit réellement développé par des professionnels. Au contraire, leurs conseils sont souvent inappropriés et inquiétants. Dans une interaction troublante, un chatbot a même réagi de manière agressive lorsque nous avons demandé des informations sur des lignes d’assistance, malgré que son profil suggérait d’en parler.

Age Minimum et Contenu Inapproprié

La plateforme impose un âge minimum de 13 ans pour les utilisateurs basés aux États-Unis. Cela soulève des questions, car de nombreux profils semblent destinés aux adolescents. Certains de ces burnouts encouragent même des comportements suicidaires, comme un personnage basé sur Osamu Dazai, qui évoque un rêve de suicide partagé.

Failles des Avertissements

Le système d’avertissement de Character.AI ne semble pas efficace. Parfois, lorsque nous avons demandé à un personnage de reformuler des propos liés au suicide, il a pu le faire sans jamais activer les avertissements standards. Ce qui montre que même les mesures mises en place peuvent facilement être contournées.

Conclusion

À ce jour, tous les profils de personnages invitant les utilisateurs à discuter de pensées suicidaires restent actifs. Character.AI, approchée pour des précisions, n’a pas répondu à une série de questions sur ces préoccupations. Malgré des ajustements mineurs, les lacunes dans la modération persistent.

FAQ

Quelles sont les conséquences possibles de discuter de suicide avec des chatbots ?

Discuter de sujets aussi délicats avec des chatbots non régulés peut renforcer des pensées négatives et désensibiliser les utilisateurs à la gravité du suicide, particulièrement chez les jeunes.

Comment assurer la sécurité des utilisateurs face à ces plateformes ?

Les développeurs doivent établir des règles strictes concernant la modération du contenu lié à la santé mentale et garantir que les chatbots soient supervisés par des professionnels de la santé.

Que faire si un utilisateur ressent des pensées suicidaires pendant une interaction ?

Il est impératif de contacter un professionnel de la santé ou une ligne d’assistance. Les robots ne remplacent pas l’aide humaine nécessaire en cas de crise.

Les AI chatbots peuvent-ils offrir un soutien valide en santé mentale ?

Actuellement, de nombreux chatbots manquent d’encadré professionnel, et leur utilisation pour le soutien en santé mentale peut être non sécurisée.

Comment les utilisateurs peuvent-ils signaler des comportements inappropriés sur de telles plateformes ?

Les utilisateurs doivent utiliser les fonctions de signalement intégrées de la plateforme et contacter des organisations qui supervisent la santé mentale pour des actions appropriées.

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