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Conflit au cœur de l’IA : L’histoire de la séparation d’Anthropic et OpenAI
Vous êtes peut-être au courant qu’Anthropic a été fondé par d’anciens employés d’OpenAI, mais vous ne savez probablement pas les raisons de leur départ ni à quel point cela a été personnel. Cette rupture a engendré une division idéologique qui influence désormais des décisions colossales concernant le développement de l’IA, son contrôle et ses implications.
Une nouvelle enquête du Wall Street Journal, menée par le journaliste Keach Hagey et reposant sur des entretiens avec des employés actuels et anciens des deux entreprises, offre un éclairage complet sur ce qui a conduit à cette situation. Voici un aperçu du parcours.
Origines du désaccord
En 2016, Dario Amodei rejoint OpenAI, gravissant rapidement les échelons pour devenir vice-président de la recherche et jouer un rôle clé dans la création de GPT-2 et GPT-3. En coulisses, une tension croissante existait entre lui et Sam Altman sur un point central : quelle devrait être la vitesse de développement des IA et qui devrait avoir le contrôle ?
Une fracture qui s’est aggravée
Les raisons du désaccord :
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Proposition Russie/Chine. Greg Brockman, co-fondateur, a suggéré de collecter des fonds en vendant l’accès à l’AGI à des nations rivales. Dario a perçu cela comme une trahison et a failli démissionner sur le champ.
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Promesse non tenue. Altman a promis à Dario que Brockman et Ilya Sutskever (scientifique en chef d’OpenAI à l’époque) n’auraient pas d’autorité sur lui. Dario a ensuite découvert un accord secret qui leur conférait le pouvoir de le licencier.
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La confrontation. En 2020, Altman a convoqué Dario et sa sœur Daniela dans une salle de réunion pour les accuser d’orchestrer des retours négatifs à son encontre. La réunion s’est soldée par une dispute.
Les conditions que Dario a posées pour rester étaient simples : rendre des comptes directement au conseil d’administration, sans jamais travailler avec Brockman à nouveau. Ces demandes ont été refusées. En 2021, il a quitté OpenAI, emmenant Daniela et une douzaine d’autres employés pour fonder Anthropic.
Au cœur de cette rupture, Dario croyait que l’on pouvait développer l’IA rapidement tout en assurant sa sécurité, tandis qu’Altman considérât que la vitesse et la domination du marché primaient. L’idée n’a jamais été résolue ; deux entreprises ont été fondées autour de ce débat sans fin.
Conséquences dans le monde de l’IA
Les mêmes tensions sur le contrôle, la sécurité et le pouvoir continuent d’apparaître dans chaque décision majeure des deux sociétés. Par exemple, en février dernier :
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Le Super Bowl. Anthropic a lancé une campagne publicitaire en quatre volets, mettant en avant un message fort : « Les publicités arrivent dans l’IA, mais pas pour Claude. » En réponse, Altman a qualifié ces annonces de « manifestement malhonnêtes ».
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La photo en Inde. Lors d’un sommet sur l’IA, le Premier ministre indien Modi a tenté de créer un moment d’unité avec des PDG concurrents, mais Altman et Amodei ont choisi de ne pas participer à cette mise en scène.
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Le face-à-face avec le Pentagone. Lorsque le ministère de la Défense s’est manifesté, les deux sociétés ont pris des directions opposées. Anthropic a refusé de signer un contrat sans garanties strictes contre les armes autonomes et la surveillance de masse, ce qu’OpenAI a accepté peu après.
Une tension croissante
En privé, les critiques sont encore plus acerbes. Selon le WSJ, Dario aurait comparé le procès Altman-Musk à un affrontement historique, critiquant même les dons de Brockman à des groupements politiques.
Importance de cette division
Aujourd’hui, deux entreprises dont la valeur dépasse les 300 milliards de dollars prennent des décisions cruciales concernant la publicité, les contrats militaires et l’accès à des IA puissantes. Ces décisions trouvent leur origine dans une simple altercation de 2020, et la division entre les deux entités continue de grandir.
Des documents divulgués d’Anthropic ont récemment révélé un modèle nommé Claude Mythos, décrit comme significativement en avance sur le marché, mais également très coûteux. En parallèle, les utilisateurs de Claude, abonnés à des plans de 100 $ par mois, rencontrent déjà des limitations de fréquence d’utilisation. Plus le modèle est puissant, plus il devient difficile d’assurer son accessibilité.
Dario avait d’ailleurs quitté OpenAI pour remédier à ce problème.
Notre analyse
Dario a construit Anthropic sur la conviction que sécurité et croissance peuvent coexister. Cependant, son modèle le plus avancé s’avère trop cher à déployer, les utilisateurs payants rencontrent des obstacles, et son entreprise fait face à des menaces du Pentagone pour avoir défendu des principes. Pendant ce temps, OpenAI a signé des contrats militaires, lancé des publicités et remporté la guerre de la distribution. L’ironie est difficile à ignorer.
Le chemin « responsable » semble être la voie la plus difficile à gérer. La question cruciale reste de savoir si cette dynamique va changer et si le pari d’Anthropic portera ses fruits.
Note de l’éditeur : Ce contenu a été initialement publié dans la newsletter de la publication sœur de ADGO.ca. Pour lire d’autres articles, abonnez-vous à sa newsletter.
FAQ
Quelle est la philosophie de Dario Amodei chez Anthropic ?
Dario Amodei prône une approche qui allie la sécurité à la montée rapide de l’intelligence artificielle.
Comment OpenAI et Anthropic se distinguent-ils l’un de l’autre ?
OpenAI se concentre sur la rapidité et la domination du marché, tandis qu’Anthropic met l’accent sur la sécurité et l’éthique.
Quelles sont les implications de leurs divergences pour le développement de l’IA ?
Ces divergences influencent les décisions sur l’utilisation de l’IA, y compris dans des domaines sensibles comme les contrats militaires et la publicité.
Quel est l’impact sur les utilisateurs ?
Les utilisateurs d’Anthropic font face à des limitations d’accès, tandis qu’OpenAI propose des publicités tout en élargissant son marché.
En quoi cela affecte-t-il l’avenir de l’IA ?
Ces tensions et divergences au sein du secteur de l’IA définiront les modalités d’utilisation de cette technologie dans les années à venir.
