Une législation inédite à Porto Alegre
Porto Alegre, une ville située dans le sud du Brésil, a récemment adopté une loi rédigée intégralement par ChatGPT, marquant une première dans le pays. Malgré les critiques fréquentes concernant l’incapacité de ce modèle d’intelligence artificielle à distinguer le vrai du faux, un conseiller municipal, Ramiro Rosário, a osé utiliser cet outil pour formuler un projet de loi. Ce dernier vise à empêcher les habitants de payer pour le remplacement de compteurs d’eau volés, une mesure qu’il considérait comme essentielle pour la justice sociale.
Rosário a admis avoir demandé à ChatGPT de créer le texte de sa proposition sans apporter de modifications. Il a même omis d’informer ses collègues que le contenu avait été généré par un algorithme. Selon lui, cela aurait pu nuire aux chances d’adoption de la loi. “Si j’avais annoncé cela auparavant, le projet n’aurait probablement pas été soumis au vote”, a-t-il déclaré.
Réactions au projet de loi
Le président du conseil municipal, Hamilton Sossmeier, n’a découvert le procédé de Rosário qu’après que ce dernier ait partagé sa victoire sur les réseaux sociaux. Dans ses déclarations aux médias, Sossmeier a qualifié cette méthode de “précédent dangereux”.
Il est difficile de ne pas partager une telle inquiétude. Par le passé, ChatGPT a démontré une tendance à produire des informations erronées et à inventer des données sans fondement, malgré son large succès. Un exemple marquant : un avocat a utilisé cet outil pour créer des documents légaux, qui se sont avérés basés sur des cas fictifs.
Responsabilité et transparence
Bien que Rosário ait agi sans en informer ses collègues, certains législateurs, notamment aux États-Unis, estiment que l’intelligence artificielle peut avoir sa place dans le processus législatif, à condition d’être utilisée de manière responsable et transparente.
Barry Finegold, sénateur du Massachusetts, qui a rédigé un projet de loi en s’appuyant sur ChatGPT, a évoqué l’importance de marquer les créations issues de cette technologie. “Je soutiens que l’on puisse utiliser ChatGPT pour rédiger des lois, tant que ça reste clair pour tout le monde”, a-t-il déclaré.
Un regard positif sur l’IA
Pour sa part, Rosário ne cache pas son enthousiasme et son soutien pour l’utilisation de cet outil. “Les technologies développées par notre civilisation peuvent être utilisées à des fins positives tout comme négatives. Il est crucial de démontrer comment elles peuvent être mises à profit pour le bien de tous”, a-t-il conclu.
FAQ
Qu’est-ce que ChatGPT ?
ChatGPT est un modèle d’intelligence artificielle créé par OpenAI, capable de générer du texte et de répondre à des questions de manière autonome, mais souvent critiqué pour sa précision.
Quels sont les risques associés à l’utilisation de l’IA dans le processus législatif ?
L’utilisation de l’IA dans les lois peut mener à des informations erronées ou à des textes juridiques basés sur des données fictives, compromettant ainsi la validité des décisions.
Y a-t-il d’autres exemples d’IA utilisée dans le domaine législatif ?
Oui, plusieurs législateurs dans divers pays explorent l’utilisation de l’IA pour rédiger des propositions, mais cela suscite des débats sur la transparence et la responsabilité.
Comment les gouvernements peuvent-ils réglementer l’utilisation de l’IA ?
Les gouvernements peuvent instaurer des normes éthiques, exiger la transparence sur l’origine des textes et mettre en place des systèmes de vérification pour les informations générées par l’IA.
Quelle est l’opinion publique sur l’utilisation de l’IA dans des contextes sérieux comme la législation ?
L’opinion publique est divisée, certains y voyant un moyen d’améliorer l’efficacité, tandis que d’autres craignent les conséquences de la désinformation et de l’opacité.
