La controverse autour de l’intelligence artificielle générative de vidéos
Il est indéniable que l’intelligence artificielle produisant des vidéos suscite des débats. Ce sujet soulève de nombreuses questions éthiques et juridiques, surtout quand on sait que ces algorithmes complexes utilisent des données souvent protégées par des droits d’auteur. Sans parler de l’énorme quantité d’énergie nécessaire pour générer une vidéo par IA.
Les arguments des milliardaires de la technologie
De nombreux magnats de la technologie soutiennent que la consommation d’œuvres protégées est inévitable pour alimenter l’IA. À leurs yeux, c’est une condition préliminaire pour le développement de cette technologie.
Une alternative prometteuse
Cependant, une équipe de chercheurs en IA conteste cette affirmation. Moonvalley, une startup basée à Los Angeles, propose un modèle de synthèse vidéo appelé Marey, qui se distingue par le fait d’être entièrement formé à partir de films du domaine public.
Cette innovation a été mise à disposition du public après un lancement limité en mars, selon le rapport de TechCrunch. Son utilisation est régie par un système basé sur des crédits, une pratique courante dans la plupart des logiciels de vidéo générative.
Réactions dans le milieu cinématographique
Moonvalley attire l’attention de figures de proue dans l’industrie cinématographique, comme Ed Ulbrich, un artiste VFX et producteur connu pour son travail sur des films tels que “Titanic”. En juin, Ulbrich a été engagé pour établir des liens avec des studios de cinéma. Il a été séduit par le modèle éthique de l’entreprise, qu’il a qualifié de « propre ».
Ulbrich, au départ sceptique envers l’IA générative, a finalement changé d’avis grâce à l’approche de Moonvalley. Il a déclaré dans une interview qu’il était impressionné par leur modèle, affirmant que tout était fait dans le respect des droits d’auteur avec « aucun pixel volé ».
Initiatives similaires
D’autres projets similaires ont vu le jour dans des domaines variés. Par exemple, une équipe de plus de deux douzaines de chercheurs en IA a récemment développé un modèle de langage en utilisant uniquement des données sous licences ouvertes ou du domaine public. Cela prouve qu’il est possible de créer des chatbots basés sur l’IA sans avoir recours à des millions de livres piratés.
Le processus a été laborieux, impliquant l’analyse de plus de huit téraoctets de données équivalant à environ 1,7 million de Bibles. Après avoir formaté les informations, l’équipe a vérifié l’état des droits d’auteur de chaque élément.
Les résultats
Le modèle obtenu rivalise avec les Llama 1 et 2 de Meta, qui sont déjà un peu anciens, mais qui demeurent néanmoins impressionnants.
Il reste à voir si les affirmations de Moonvalley concernant l’utilisation de données publiques sont véridiques, mais elles pourraient constituer un argument solide contre la narration des grandes entreprises de technologie, qui se plaignent de pénuries de données et soutiennent la nécessité de collecter des informations de manière douteuse.
FAQ
Qu’est-ce que le domaine public ?
Le domaine public désigne les œuvres qui ne sont plus protégées par des droits d’auteur, ce qui signifie qu’elles peuvent être utilisées sans autorisation.
Pourquoi l’éthique est-elle importante dans le développement de l’IA ?
Sans des pratiques éthiques, les systèmes d’IA risquent de promouvoir le vol de contenu protégé ou d’encourager des comportements nuisibles vis-à-vis des créateurs.
Quels sont les défis de l’utilisation des vidéos générées par IA dans le cinéma ?
Les défis incluent l’authenticité, la qualité de la production, et les implications juridiques concernant les droits d’auteur.
Quel est le modèle de crédit utilisé par Moonvalley ?
Il s’agit d’un système où les utilisateurs paient des crédits pour générer des vidéos, ce qui permet de financer le service tout en respectant les droits d’auteur.
Quelles sont les implications de la recherche sur le langage avec des données ouvertes ?
Cela montre qu’il est possible de bâtir des modèles d’IA sans recourir à des ressources illégales, encourageant ainsi une approche plus éthique dans le développement technologique.
