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Un classique remis sur pied
Vine n’a pas eu droit à une suite, mais à une véritable renaissance: le projet s’appelle diVine. Porté par Evan “Rabble” Henshaw‑Plath (un des premiers employés de Twitter) et financé par la fondation de Jack Dorsey, diVine ne joue pas seulement la carte de la nostalgie. C’est une plateforme utilisable au quotidien où chacun peut filmer et publier de courtes vidéos en boucle, comme à l’époque, avec des outils actuels.
Comment les archives ont rendu ça possible
Si un “Vine 2” existe aujourd’hui, c’est grâce au travail colossal de l’équipe bénévole Archive Team, qui avait sauvegardé une énorme partie de Vine sous forme de dumps de données. Henshaw‑Plath a ensuite passé des mois à écrire des outils pour extraire ces contenus, reconstruire les profils et reconstituer un réseau utilisable. Résultat: une grande portion des clips historiques est de nouveau visible, tandis que les utilisateurs peuvent continuer à poster des créations fraîches.
Un réseau qui mise sur l’authenticité
diVine pose une frontière nette: pas de vidéo générée par IA. La plateforme veut des images captées par de vraies caméras, avec de vraies personnes, et une relation directe entre créateurs et publics. À contre‑courant des fils d’actualité saturés de contenus synthétiques, diVine assume une promesse simple: reconnecter des humains entre eux.
Vérification technique anti‑IA
Pour tenir cette ligne, diVine s’appuie sur des outils du Guardian Project. Chaque mise en ligne est vérifiée pour s’assurer qu’elle provient d’un enregistrement réel et non d’une génération ou d’un montage par IA. L’équipe le résume ainsi: nous adorons la technologie, mais sur diVine, l’humain passe avant tout — l’IA n’a pas vocation à se faire passer pour une personne.
Une architecture décentralisée plutôt qu’un contrôle d’entreprise
Dans l’esprit des projets récents de Dorsey, diVine fonctionne sur Nostr, un protocole ouvert et décentralisé. Ce choix permet à la communauté d’héberger ses propres serveurs, d’écrire ses algorithmes et de mettre en place sa modération. L’objectif: éviter la dépendance à un propriétaire unique, ce qui avait contribué à l’arrêt de Vine.
Dorsey explique soutenir cette approche car elle libère les développeurs des modèles économiques toxiques et des équipes géantes. Sa structure philanthropique (“and Other Stuff”) finance le projet pour illustrer ce que des protocoles ouverts et sans permission peuvent rendre possible — sans risquer une fermeture arbitraire.
Droits des créateurs et récupération de comptes
Les personnes dont les Vines ont été retrouvés sont prioritaires. Elles peuvent:
- reprendre la main sur leurs comptes en prouvant la propriété de leurs anciens profils liés;
- demander la suppression de contenus via des notifications DMCA;
- réuploader des vidéos manquantes si l’archive ne les a pas captées.
Où en est le projet
Aujourd’hui, diVine réunit environ 150 000 à 200 000 vidéos provenant d’environ 60 000 créateurs. Toute la “long tail” de l’époque ne peut pas être récupérée, mais la base est solide et vivante, avec des clips historiques déjà restaurés et de nouvelles publications en continu.
Côté concurrence, Elon Musk a plusieurs fois suggéré le retour de Vine sur X et affirmé avoir mis la main sur des archives vidéo. À ce jour, rien n’a été lancé publiquement. diVine s’impose donc comme la première relance opérationnelle, avec une philosophie à l’opposé des fils dopés à l’IA. L’intérêt est réel: en quelques heures, un test en pré‑lancement a attiré des milliers d’inscriptions.
Contexte: l’IA progresse ailleurs, mais pas ici
Hors du monde des vidéos sociales, l’adoption de l’IA s’accélère. Par exemple, le secteur de la santé adopterait ces outils plus de deux fois plus vite que d’autres industries, avec des dépenses qui pourraient atteindre environ 1,4 milliard de dollars en 2025. diVine fait donc figure d’exception volontaire: une expérience sociale où l’IA reste à la porte pour préserver l’authenticité des échanges.
FAQ
Comment rejoindre diVine aujourd’hui ?
L’accès se fait progressivement. Le plus simple est de passer par le site officiel du projet et de suivre les indications pour les versions web et mobiles en test. Les inscriptions peuvent être limitées par vagues afin de stabiliser le service.
Qu’est‑ce que Nostr, en deux mots ?
C’est un protocole ouvert où chacun peut se connecter via différents “relais” (serveurs) au lieu d’un serveur central. Avantages: résilience, portabilité de votre identité et liberté de choisir vos outils de modération ou vos algorithmes.
Comment diVine s’assure qu’une vidéo vient d’une vraie caméra ?
La plateforme s’appuie sur des attestations techniques (métadonnées, empreintes, preuves cryptographiques) fournies par les outils du Guardian Project, afin de détecter si une vidéo a été captée par un appareil réel plutôt que générée par un modèle d’IA.
Y aura‑t‑il des options de monétisation pour les créateurs ?
Rien n’est gravé dans le marbre. Dans un écosystème décentralisé, on peut imaginer des pourboires, des mécénats ou des intégrations de paiements légers compatibles avec Nostr. Les détails dépendront des choix de la communauté et de l’équipe.
Que faire si je veux retirer mes anciens Vines ?
Vous pouvez revendiquer votre ancien compte pour gérer vos contenus, ou envoyer une demande de retrait via DMCA. Si des vidéos manquent, vous avez aussi la possibilité de les remettre en ligne afin de compléter votre profil restauré.
